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le blog d'Edmée - Page 15

  • Grand écran: "Alter ego", une comédie noire pimentée d'humour noir et de fantastique. Avec Laurent Lafitte

    Alex, quadra chauve grognon, employé modèle marié avec Nathalie (Blanche Gardin) et père d’un petit garçon, mène une vie tranquille et heureuse dans son joli pavillon. Mais son existence bascule à l’arrivée d’Axel, qui s’installe avec sa petite famille dans la maison mitoyenne. Effaré, Axel découvre en effet que son nouveau voisin est son sosie… mais avec une abondante chevelure.  

    Bizarrement il est le seul à remarquer cette ressemblance pourtant criante. Au point de sombrer dans la paranoïa face à ce double trop parfait. Une version idéale de lui que cet homme charismatique, séduisant, affable, étalant ses qualités et ses connaissances, pour le plus grand plaisir de son entourage conquis, mais attisant gravement la jalousie névrotique d’Alex., se sentant de plus en plus déclassé. Quand il se regarde il se désole et quand il se compare, il ne se console pas du tout!   

    Alter ego, réalisé par le tandem Nicolas et Bruno, est porté par Laurent Lafitte. Couronné meilleur acteur aux Césars pour La femme la plus riche du monde, le comédien ne cache pas sa joie et fait le show dans ce dédoublement, qui lui a également valu le Prix d’interprétation masculine au dernier Festival de l’Alpe D’Huez. Sans oublier l’enthousiasme quasi unanime d’une presse française le trouvant à la fois irrésistible et génial. Tout comme elle n’hésite pas à placer cette farce saugrenue, loufoque, pimentée d’humour noir et de fantastique, entre Jacques Tati et Quentin Dupieux.

    C’est un poil exagéré. Après une mise en place longuette jouant sur les prénoms anagrammes, l’emploi dans la même société, au même poste, face à face dans le même bureau, le film change de registre, dans une volonté de surfer sur le surréalisme et la noirceur. En même temps, le procédé du double tend à s’essouffler, vire au redondant et traîne en longueur vers la fin. Sinon bienvenue, totalement inattendue, il faut le relever.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 4 mars.

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  • Grand écran: "Pillion", romance BDSM queer sur fond d'émouvant récit d'apprentissage

    Peu gâté par la nature avec son visage ingrat, ses oreilles décollées, ses dents de travers et son sourire niais Colin (Harry Melling), est un trentenaire solitaire. Habitant toujours chez ses parents, il manque d’expérience avec les hommes et désespère d’en rencontrer un. Agent de stationnement le jour, il se fait régulièrement insulter par de mauvais coucheurs, mais s’éclate le soir en chantant a cappella avec son groupe.

    Après une représentation dans un bar, il n’en revient pas d’être remarqué par le sexy et spectaculaire Ray (Alexander Skarsgård). Leader charismatique d’un club de bikers queer branchés BDSM, il est en principe totalement hors d'atteinte de Colin, fils à maman mal dans son corps. Pourtant Ray lui donne rendez-vous le soir de Noël dans une ruelle. Et n’y va pas par quatre chemins. Avare de mots, froid, sûr de son pouvoir, il oblige durement Colin à lui lécher les bottes, puis à lui faire une fellation. Un vrai bonheur pour notre introverti, carrément transporté au septième ciel! 

    Traité comme un chien

    Et puis Ray disparait pour réapparaître quelques mois plus tard et invite Colin à venir vivre chez lui. Et c’est là que le titre du film trouve tout son sens. En français Pillion désigne le siège arrière d’une moto, voire le passager. En l’occurrence Colin, car à l’évidence Ray mène cruellement le jeu dans cette relation inégale mais non contrainte. Traité comme un domestique, le jeune homme fait le ménage, la lessive, les courses, les repas et dort par terre tel un chien, tandis que l’impitoyable Ray initie sa victime consentante au BDSM.    

     Malgré l’inquiétude de ses parents, surtout de sa mère qui déteste Ray car elle craint pour l’intégrité de son Colin chéri, celui-ci aime non seulement être dominé, mais trouve son plaisir dans cette soumission qu’il recherche. Il se sent même de plus en plus à l'aise au sein de la grande famille des motards. Pour illustrer ce bien-être, Harry Lighton nous emmène dans un pique-nique aux pratiques extrêmement particulières, où le brave Colin reçoit le plus «hot» des cadeaux d’anniversaire…

     Un duo très crédible

    Attachant, attendrissant, Harry Melling se montre particulièrement convaincant dans l inclinaison à la soumission de son personnage, et forme avec l’impïtoyable Alexander Skarsgård un duo anticonformiste très crédible. Les deux acteurs contribuent largement à la réussite de Pillion, premier long métrage audacieux, pétillant et pimenté d’humour du Britannique Harry Lighton, adapté de Box Hill, un roman de son compatriote Adam Mars-Jones,

    En-dehors de scènes sexuelles explicites, le plus souvent brutales et humiliantes, parfois acrobatiques, l’auteur propose contre toute attente un émouvant récit d’apprentissage, dans le portrait sensible de ce garçon renfermé qui découvre sa sexualité. Et finira par écouter ses émotions en osant fixer ses limites. Harry Lighton le montre de façon irrésistible, quand Colin tente de dire à Ray qu’il aimerait bien, occasionnellement, qu’ils se comportent comme un couple classique. Avec cette incursion sulfureuse dans la sous-culture BDSM queer, Pillion a obtenu en mai dernier à Cannes,  le Prix du scénario d’Un certain regard.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mars.

     

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  • Grand écran: "EPIC: Elvis Presley In Concert" exalte le talent musical et le génie scénique du King

    Après Elvis il y a quatre ans, Baz Luhrmann, toujours aussi fasciné par son sujet, ajoute un chapitre à l’exploration de la légende de Memphis avec son documentaire EPIC: Elvis Presley In Concert. Lors de ses recherches pour son biopic aussi somptueux qu’extravagant consacré au King, le réalisateur australien avait découvert quelque 60 heures de documents inédits, oubliés depuis une quarantaine d’années et a décidé de les monter.

    Entre des images rares impeccablement restaurées du rocker en tournée, des films en 8 mm provenant des archives de Graceland, des interviews et surtout des enregistrements d’Elvis en train de parler, l’auteur permet à son héros charmeur, pertinent, plein d’humour et d’autodérision, de raconter lui-même sa vie, son histoire. Comme il l’annonce au début du film.

    Celui-ci se concentre sur le fantastique retour du chanteur sur scène en 1968 et les grandes années qui ont précédé sa déchéance physique, marquée par une redoutable prise de poids. Suite à sa fade période hollywoodienne de sept ans, le rebelle ramolli dans des nanars, revenait donc à ses amours rock, blues et gospel. L’accent est surtout mis sur sa résidence légendaire à Las Vegas à partir de 1969-1970 et ses tournées américaines, notamment celle de 1972.

    Shows spectaculaires

    EPIC exalte le talent musical et le génie scénique de Presley, mêlant des répétitions entre rigueur et rigolade avec ses excellents musiciens, à des performances magistrales, des shows spectaculaires en direct, où il est accompagné d’un orchestre impressionnant. On admire le King, super sexy dans d’éblouissants costumes blancs piquetés de perles et de bijoux, bête de scène magnétique à la voix puissante, envoûtante. Au sommet de sa forme «Il faut que je bouge, je ne peux pas m’en empêcher», il puise aussi bien parmi ses propres classiques que chez les Beatles, ou Simon et Garfunkel. .Un résultat bluffant, décoiffant, avec un montage si étourdissant qu’on ne peut s’empêcher non plus de se trémousser sur son siège!

    Cette œuvre unique dont Elvis est le narrateur, met également en lumière des scènes de foules immenses, des filles et des femmes en pâmoison qu’il embrasse à pleine bouche. Ou des moments intimes de ses concerts, et des conférences de presse où il évitait par exemple de commenter la guerre du Vietnam. Le film montre enfin un artiste désireux d’entreprendre des tournées mondiales, mais limité au territoire américain, car sous dépendance totale de son imprésario, le diabolique Colonel Parker, né Andreas Cornelis van Kuijk aux Pays-Bas. Débarqué clandestinement, il n'avait pas de passeport américain et craignait d'être démasqué et interdit de retour s'il franchissait la frontière. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 25 février.

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