Grand écran: "Victor comme tout le monde", comédie douce-amère avec Fabrice Luchini, l'amoureux des mots (11/03/2026)

Ecrit par Sophie Fillières, disparue le 31 juillet 2023, Victor comme tout le monde est réalisé par Pascal Bonitzer, avec qui l'auteure a partagé sa vie. Fabrice Luchini y incarne son double, Robert Zucchini, un acteur passionné, obsédé par Victor Hugo, dont il connaît absolument tout de l’œuvre et  de la vie. Chaque soir, il dit ses textes et le raconte sur scène, puis en parle encore et encore en-dehors. Notamment avec trois comédiennes (Suzanne de Baecque, Louise Orry-Diquéro et Iris Bry), qui ont monté un spectacle, où elle portent un tout autre regard sur l’homme Hugo, Elles n’hésitant pas à le traiter de queutard, petite contestation du mythe un rien déstabilisante pour Zucchini, qui accepte néanmoins  la discussion.  

Mélancolique, anxieux, en proie a un trac récurrent en dépit de son expérience, Robert communique souvent en ligne avec sa compagne Annabelle (Chiara Mastroiani), qui s’emploie à l’apaiser. Il a aussi de petites habitudes rassurantes. Mais un jour, en achetant son pain quotidien, il apprend qu’une inconnue d’une vingtaine d’années a laissé pour lui un journal avec un message important. La jeune femme n’est autre que sa fille Lisbeth (Marie Narbonne), dont il ne s’est jamais occupé.

Son existence bien réglée, déjà bousculée par les critiques féministes de son idole, l’est davantage par le retour inopiné de Lisbeth. Mais désireux de se rattraper, Robert Zucchini mène sa petite enquête et tous deux finissent par se retrouver. Alors qu’ils entament un voyage sur l'ile de Guernesey, lieu d’exil de Hugo, l’histoire personnelle de l’acteur, moins focalisé sur la grandeur de l’écrivain, résonne avec les drames familiaux de ce dernier, dont la tragique noyade de sa fille Léopoldine, à l’âge de 19 ans.

Dans une mise en scène conventionnelle, cette comédie douce-amère explorant les thèmes de la filiation et de la paternité, est surtout un autoportrait de Fabrice Luchini. Qui fait son show dans un rôle sur mesure. Amoureux des mots et de la langue de Victor Hugo, il se délecte à l’évidence de cet exercice auquel il est rompu. En se montrant toutefois moins convaincant qu’à l’accoutumée.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 11 mars.

 

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