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Sorties de la Semaine - Page 341

  • Cinéma: Michel Gondry, bricoleur de choc dans "L'écume des jours"

    MichelGondry[1].jpgOn est tous d'accord. S’il y avait aujourd’hui un réalisateur capable d’adapter L’écume des jours, réputé inadaptable bien que déjà porté à l’écran en 1968 par Charles Belmont, c’était Michel Gondry, spécialiste d'effets artisanaux souvent délirants. En même temps était-ce nécessaire de se lancer dans une telle aventure qui pourrait à la fois rebuter les inconditionnels du roman et laisser les autres indifférents ?

    Pas de quoi pourtant empêcher le MacGyver de la caméra hexagonale de relever le défi pour revisiter à sa manière le roman du mythique Boris Vian, qui a fasciné des générations d’ados avec son monde poétique, déroutant, surréaliste et jazzy. Pas à sa sortie en 1947 toutefois, ce monument de la littérature française n’ayant eu aucun succès du vivant de l’auteur, mort en 1959 à l’âge de 39 ans.

    Dans L’écume des jours, Colin (Romain Duris) un garçon insouciant, idéaliste, assez fortuné pour ne pas avoir besoin de travailler, tombe follement amoureux de Chloé (Audrey Tautou) qui le lui rend bien. Autour d’eux gravitent quelques amis farfelus tels Nicolas (Omar Sy), le cuisinier et confident, collectionneur de jolies filles, ou Chick (Gad Elmaleh) un fanatique du philosophe Jean-Sol Partre. 

    Au début les tourtereaux sont ivres de bonheur. Mais dans cette Love Story avant l’heure Chloé va mourir, victime d’un nénuphar qui grandit dans ses poumons et l’empêche de respirer. Colin se ruine et s’épuise, acceptant des jobs de plus en plus absurdes pour tenter de la sauver. Parallèlement, au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, leur logement rapetisse et s’assombrit. En dépit des efforts constants d’une petite souris grise à moustaches qui s’évertue à nettoyer les carreaux pour laisser passer le soleil.

    Certes, à l'instar du livre, le film offre une vision pessimiste de la société en général et du monde du travail en particulier. On ne peut par ailleurs pas reprocher au créatif Michel Gondry de trahir son idole de toujours, du moins sur le plan visuel, où il recrée avec talent son univers insolite et fantastique.

    Gadgets bluffants et trouvailles à la pelle

    A commencer par l’appartement de Colin, construit dans une rame de métro à ciel ouvert. Traduisant les inventions de Vian, le film fourmille de gagdets et de trouvailles, dont le bluffant pianocktail, permettant de composer une boisson différente selon les morceaux joués, l’anguille qui sort du robinet, la sonnette à pattes qui se déplace, l’envolée au-dessus de Paris dans un nuage, la voiture transparente du mariage. Sans oublier la fameuse danse du biglemoi.

    201346582[1].jpgMais à trop se concentrer sur les objets, Michel Gondry tend à oublier les protagonistes qui ne suscitent aucune émotion. A l’image de Colin et Chloé (photo) dont la tragique et déchirante histoire d’amour devient presque anecdotique au milieu de ce loufoque bric-à-brac. 

    Mais le plus problématique finalement, ce sont les comédiens auxquels on ne s’attache pas dans la mesure où non seulement ils ne correspondent pas à notre imaginaire, mais surtout n’incarnent pas leurs personnages. Et si Audrey Tautou se révèle la moins bonne dans ce genre d’exercice, Romain Duris, Omar Sy ou Gad Elmaleh ne contribuent pas vraiment à relever le niveau de ce casting de producteurs.

    Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes dès le mercredi 24 avril.

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  • Cinéma: "Les âmes vagabondes", d'après l'auteure de "Twilight"

    220px-The_Host_Poster[1].jpgJamais la vie n’a été aussi paisible et le monde aussi parfait. Sauf que ce n’est plus notre monde, depuis que des extraterrestres y ont débarqué, prenant possession de nos corps et de nos esprits. Quelques groupes d'humains s'efforcent de résister aux envahisseurs en se cachant pour survivre, à l’image de Melanie Stryder et de son jeune frère.

    En dépit de ses efforts et de sa vigilance, elle est capturée et se voit contrainte de cohabiter avec Wanda, une entité venue d’ailleurs. Gentille, Wanda, mais néanmoins destinée à s'emparer d'elle. C’est compter sans l'amour que Melanie voue à un jeune homme, l'un des rares humains à l'être resté. La jeune fille veut le retrouver et lutte de toutes ses forces, déterminée à ne pas laisser la place à Wanda...

    Les âmes vagabondes, film de science-fiction signé Andrew Niccol, est adapté d’un roman de Stephenie Meyer, l’auteure de Twilight. On doute pourtant que cet opus tarabiscoté, longuet et banal, ait l’impact de la célèbre saga. Même avec Saoirse Ronan et Max Irons, nouveau petit couple censé faire rêver les adolescentes. Pour l’anecdote, on relèvera la présence de Diane Kruger en traqueuse extraterrestre de choc. Une redoutable mégère qui, contrairement à ses congénères, n’a vraiment rien de pacifique!

    Toujours côté américain, à oublier carrément Parker, de Taylor Hackford, racontant l’histoire d’un cambrioleur avide de vengeance après avoir été trahi par ses complices et laissé pour mort au bord d’une route. Mais il en faut davantage pour l’arrêter dans sa croisade… qui le conduira en Floride, dans le luxueux quartier de Palm Beach, où il rencontre une sulfureuse agente immobilière. Elle l’aidera dans sa tentative de s’emparer de quelques millions de dollars de bijoux, en espérant y trouver son compte.  Tant pis pour Jennifer Lopez.

    Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.

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  • Cinéma: "Les gamins" avec Alain Chabat et Max Boublil

    vlcsnap-2013-04-14-15h43m08s201[1].pngCompositeur et éditeur de musique, Anthony Marciano passe derrière la caméra pour livrer un premier long-métrage plutôt réussi, les Gamins. Un exploit dans la comédie romantique après une impressionnante série de navets. Il a écrit le scénario avec l’humoriste Max Boublil, coqueluche de la pellicule pour l'instant, qui  tient également l’un des rôles principaux, aux côtés d’Alain Chabat.

    L’intrigue en quelques mots. Thomas vient de se fiancer et rencontre ses futurs beaux-parents, Gilbert et Suzanne mariés depuis trente ans. Désabusé, convaincu que son couple l’a enfermé dans une vie végétative, Gilbert persuade Thomas de renoncer à épouser sa fille Lola. Et le pousse à tout plaquer pour le suivre dans son délire adulescent entre fantasmes sexues, parties de roller et virées dans des boîtes à la mode, au lieu de s’abrutir  bêtement. Et les voici en pleine régression, s’éclatant comme des mômes.

    Le tandem masculin fonctionne bien dans cet opus sans autre prétention que celle du divertissement, empruntant avec humour les codes classiques du genre et jouant sur l’autodérision. A l’évidence, les deux acteurs se sont amusés comme des petits fous, heureusement sans trop oublier le spectateur. 

    Dommage pourtant que les femmes fassent un peu tapisserie dans l’histoire, alors que Sandrine Kiberlain nous offre quelques scènes jubilatoires dans le rôle d’un écolo néo-hippie qui ne finit jamais ses phrases. On y rencontre également au passage Patrick Bruel et Iggy Pop.  

    La fille de nulle part plonge dans le vide

    images[1].jpgContre toute attente, le film avait remporté le Léopard d’Or au dernier festival de Locarno, le jury présidé par le Thaïlandais Apichatpong Wreerasethakul plébiscitant de conserve un Jean-Claude Brisseau incroyablement jeune d’esprit. Le plus jeune de la nouvelle nouvelle vague qui plus est.

    Talentueux, dérangeant le réalisateur de Noce blanche ou de L’ange noir a souvent séduit avec ses films alliant réalisme, fantastique au quotidien et un brin de mysticisme. Un mélange de genres  qu’on retrouve certes dans La fille de nulle part, mais qui peine à justifier un tel enthousiasme. Même sil s’est poursuivi  lors  de la sortie en salles chez la plupart des critiques français. Le mot chef d’œuvre a même été lâché.
    inconditionnels de la posture auteuriste du cinéaste, le nec plus ultra consiste à tourner avec des bouts de ficelle et un drap de lit dans son appartement, lieu dévolu aux références cinématographiques et devenu le théâtre de phénomènes mystérieux.

    Tout cela après que le héros, en l’occurrence Brisseau lui-même, acteur laborieux, eût recueilli Dora,  une jeune SDF ensanglantée sur son pas de porte et l’héberge le temps qu’elle se rétablisse. Et qu’il puisse évoquer, entre deux intermèdes dissertatoires d’une singulière vacuité, les tourments et les ravissements de l’âme…

    Aux pires élèves les pires profs... hélas

    banniere-les-profs[1].jpgEncore une BD française, Les profs, adaptée sur grand écran. Cette fois c’est Pierre-François Martin-Laval, alias PEF qui s’y colle. Une troisième réalisation calamiteuse où les pires profs de France ont pour mission d’éduquer les pires élèves de l'Hexagone, en l'occurrence ceux du lycée Jules Ferry, affichant 12% de réussite au bac. Un taux minable qu’il s’agit de faire monter à 50%, sous peine de fermeture.

    Pour soigner le mal par le mal, on découvre donc une bande d’enseignants improbables qui en font des tonnes, oeuvrant lourdement dans l'overdose déjantée. Dont Isabelle Nanty dans le rôle de la prof d'anglais bargissime et Christian Clavier dans celui du méga cool. Et côté élèves, pour attirer les ados, l’un de leurs humoristes préférés, Kev Adams. C’est encore lui qui s’en sort le mieux.

    Nouveaux films à l’affiche dans les salles romandes.

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