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Sorties de la Semaine - Page 337

  • Cinéma: "Only God Forgives", lente odyssée sanglante avec Ryan Gosling

    ryan-gosling-only-god-forgives-040313[1].jpgL’absence de Ryan Gosling sur la Croisette aux côtés de Nicolas Winding  Refn, l’auteur culte de Drive,y était peut-être pour quelque chose. Toujours est-il qu’ Only God Forgives, en lice pour la Palme d’or, a été plutôt éreinté par la critique. A juste titre d’ailleurs.

    Tourné en Thaïlande, l'opus met en scène Julian, dont le club de boxe sert de couverture à son trafic de drogue. Son frère venant de se faire assassiner après avoir massacré une jeune prostituée, sa mère débarque des Etats-Unis pour rapatrier le corps. Chef d’une organisation criminelle, elle exige de Julian qu’il lui livre la tête de des meurtriers de son fils préféré. 

    Le beau Gosling doit alors affronter, sous les traits de ce curieux personage en quête de pardon divin, Chang, un étrange policier à la retraite adulé par les flics du coin.

    Dédié à Alejandro Jodorovsky et Gaspar Noé par un Nicolas Rinding Refn en colère à l’époque du tournage, Only God Forgives nous emmène la nuit dans les dangereuses rues de Bangkok, où régnent de redoutables gangsters.

    Entre western urbain et arts martiaux, le cinéaste livre une lente, surréaliste, onirique et hypnotique odyssée en forme de tragédie grecque, esthétisée à outrance. Sanglante, elle nous réserve quelques scènes ultraviolentes genre clouage d’un malfrat dans un fauteuil à qui on crève ensuite les yeux et le tympan. Il ne s’en remettra pas. Et nous difficilement...

    A l’affiche avec Ryan Gosling, toujours aussi érotisé, monolithique, distant et carrément mutique, Kristin Scott Thomas offre, avec sa perruque blonde et son maquillage outrancier une version genre cauchemardesque de Madonna, dans un rôle inédit et vulgaire de garce meurtrière ivre de vengeance. «En principe ce type de film ne me plaît pas du tout. Ce qui m’intéressait, c’était de travailler avec Nicolas qui m’a offert un rôle aussi éloigné de moi que possible», déclare l’aristocrate de la pellicule.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 29 mai.

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  • Festival de Cannes: c'est parti avec "Gatsby le Magnifique", tandis que DiCaprio déclenche un vent de folie sur la Croisette

    00a4ab7c-8c04-11e2-8c9c-1c7b4c6a9da2-493x328[1].jpgCohue sur la Croisette où les voitures roulent pare-choc contre pare-choc. Les badauds stagnent devant le Majestic, les stars squattent les murs de la ville et des palaces, l’affiche de 22 mètres sur 26, représentant Joanne Woodward et Paul Newman sur le tournage  de « A new kind Of Love » a été déployée sur le fronton du Palais, le fameux tapis rouge posé. C’est parti pour douze jours de cinéma, de paillettes, de glamour. Et de clinquant façon  Canal + où le Grand Journal attend fébrilement Nabila, nouvelle vedette planétaire à l’origine  du buzz le plus naze du web…

    Avant de monter les 24 marches mythiques Leonardo DiCaprio, héros de « Gatsby  le Magnifique » dont la projection officielle donnait mercredi soir le véritable coup d’envoi à la 66e édition de la plus médiatique grand-messe annuelle de la pellicule, avait sans surprise rameuté la méga foule, provoquant un véritable vent de folie.

    Journalistes rendus à l’état sauvage

    L’horizon bouché par une forêt de caméras et une queue interminable servent de prétextes aux  journalistes pour retourner à l’état sauvage, se bousculant et se piétinant férocement les petons dans l’espoir vain de décrocher un siège.

    Cette agitation extrême, carrément bordélique à l’extérieur du Palais, contrastait  singulièrement avec l’accueil glacial de la critique lors de la projection matinale et les maigres applaudissements récoltés par l’équipe du film à son apparition dans le saint des saints du jour plein à craquer.

    En revanche le public a trouvé géniale cette quatrième et ambitieuse adaptation du roman culte de Scott Fitzgerald, paru en 1926. Logique, l'opus était parfait pour inaugurer ce raout où se presse le gotha de la branche ou s’imaginant tel. D’autant que l’auteur l’avait écrit à quelques kilomètres de Cannes, dans un hôtel  de Juan-les-Pins.

    Le monde de Gatsby, mystérieux millionnaire

    Gatsby-Warner-Bros-France-115612_L[1].jpgIl raconte l’histoire de Nick Carraway, apprenti écrivain, débarqué à New York pour faire fortune à Wall Street et qui finit par s’étourdir dans le monde de ces richissimes  parvenus qui le fascinent. Un monde où règne Jay Gatsby, mystérieux millionnaire amoureux fou de la belle  Daisy (Carey Mulligan) et célèbre pour ses somptueuses fêtes.

    Les thèmes, la musique, la réalisation éclatante, les costumes fastueux,  les comédiens, à commencer par l’excellent Leonardo DiCaprio, craquant, attachant et troublant Gatsby, tout promettait un film grandiose, à la hauteur du talent de Baz Luhrmann.

    Mais en dépit de quelques scènes sublimes, le cinéaste déçoit par une délirante surenchère visuelle. Cédant à la superficialité, il sacrifie un témoignage du déclin de l’empire américain ainsi qu’une histoire d’amour hors norme doublée d’une tragédie épique, à d’extravagants, sinon parfois triviaux excès d’opulence. A noter enfin l’inutilité, comme souvent, de l’utilisation de la 3D

    L'auteur et sa star satisfaits d'eux

    La fraîche réception de la critique n’a pas empêché l’auteur et son protagoniste vedette de se montrer très contents du job et de leur prestation respective. Leonardo DiCaprio, reconnaissant envers son metteur en scène d’avoir sorti le meilleur de lui-même grâce à son enthousiasme contagieux, n'exclut pas d'avoir quelque chose de Gatsby en lui.

    "En fait il nous fascine tous. En découvrant le livre à l’école, je m’étais un peu reconnu dans ce personnage. Mais quand Baz Luhrmann m’a proposé le rôle, je l’ai relu et il a pris une signification différente. La tragédie de cet homme rêvant de devenir un Rockfeller en cherchant une signification à sa vie m’a ému. Cela laisse la place à d’innombrables interprétations" .

    De son côté le réalisateur remarque que DiCaprio était le seul à pouvoir incarner Gatsby, avant d’expliquer qu’il a été inspiré par une révélation datant de dix ans. " J’étais dans un train avec deux livres dont l’un était Gatsby. Et je me suis aperçu que je ne le connaissais pas vraiment. La façon de Scott Fitzgerald de mettre des mots sur ce que les gens m’a passionné.  Et j’ai été marqué par ce grand roman américain écrit à trente kilomètres de Cannes, alors que sa femme le trompait sur la plage… "

    Nouveau film à l’affiche dans les salles romandes.

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  • Cinéma: "Le commandant et la cigogne", "Le temps de l'aventure"

    300x300[1].jpgLa vie n’est pas folichonne pour les protagonistes du dernier film de Silvio Soldini. Dans ce long-métrage choral se croisent un plombier amoureux et père de deux ados dont un fils, rêveur secret attaché à une cigogne et une fille victime d’une sale histoire sur le web, une jeune plasticienne incapable de payer son loyer et que tente de moraliser son propriétaire, un marginal se piquant de philosophie. Ou encore un avocat véreux. 

    Autant de personnages à la fois attachants et drôles qui tentent de régler leurs problèmes sentimentaux ou autres dans Le commandant et la cigogne, sur fond de crise économique. Prétexte au réalisateur Silvio Soldini pour livrer une comédie politique drôlement teintée de surréalisme, pleine de fantaisie et d’émotion. Et cela à travers une voix off pour le moins insolite, celle de la statue de Garibaldi qui réfléchit et parle avec une autre statue, portant un regard très critique sur son pays où la situation s’aggrave de jour en jour.

    Le temps de l’aventure: follement romantique

    Ils s’aperçoivent dans un train, échangent quelques regards furtifs, sortent Gare du Nord, partent chacun dans des directions différentes. Mais ils se rencontrent plus tard par hasard sur les marches d’une église, elle pour la visiter, lui pour assister à un enterrement. Un quiproquo aidant, ils restent ensemble et se lancent dans une très brève aventure follement romantique. Le temps pour le réalisateur Jerôme Bonnell d’analyser la mécanique d’un désir fou qui submerge soudain ses deux héros, mus par une pulsion irrépressible d’y céder
     
    le-temps-de-l-aventure-10-04-2013-6-g[1].jpgCes quelques heures d'intense plaisir volées dans une journée unique permettent à l’auteur de proposer une chronique sentimentale subtile, délicate, intelligente et originale, tout en brossant un beau portrait de femme, à la fois audacieuse, timide, pudique et impudique, restée un peu adolescente en dépit de ses quarante-trois ans.

    Un rôle sur mesure pour Emmanuelle Devos. Charmante,  émouvante, espiègle, elle donne la réplique à Gabriel Byrne (photo), excellent dans son rôle d’Anglais un rien mutique, déroutant et dérouté, tentant de garder le contrôle mais abandonnant toute résistance.

    Jerôme Bonnell aime aussi l’humour et les petits clins d’œil, comme dans ces scènes presque anachroniques où Alix, privée d’argent et de portable est obligée d’appeler son compagnon ou sa mère d’une cabine téléphonique…

    Nouveaux films à l'affiche dans les salles romandes.

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