Charley Thompson (Charlie Plummer) est un garçon de quinze ans qui vit seul avec un père inconstant, immature et négligent. Il a besoin d’argent, trouve un petit boulot temporaire chez un vieil entraîneur de chevaux revêche et se prend d’affection pour Lean On Pete, un pur-sang fourbu promis à l’abattoir. Comme il ne peut pas l’admettre, il l’enlève et s’enfuit avec lui à la recherche d’une tante dont il garde un assez lointain souvenir.
S’aventurant hors des sentiers battus hollywoodiens, le cinéaste britannique Andrew Haigh filme avec sensibilité, justesse, délicatesse et sobriété l’errance d’un ado. Complètement livré à lui-même à la mort de son père, il est singulièrement déterminé dans la quête d’un nouveau foyer en compagnie de son cheval. Une quête hasardeuse dans la mesure où plane constamment sur eux la menace diffuse du danger. Rendant presque paradoxalement haletant cet opus lent et contemplatif.
Fidèlement adaptée d’un roman, la balade se révèle aussi cruelle et mélancolique sur fonds de grands espaces. Un cheminement au cours duquel le jeune Charley rencontre des oubliés de l’Amérique, des laissés pour compte, des êtres en marge, des âmes perdues. Mais en évitant tout pathos,
En dépit de quelques petites incohérences dans ce récit initiatique à la Gus Van Sant, Lean On Pete (La route sauvage en français) séduit par l’émotion, la poésie qui se dégage du portrait de ce doux adolescent à fleur de peau parfois sujet à la violence, et sur qui se concentre principalement l’auteur.
Oscillant entre l’attente et le découragement, l’optimisme et la douleur, il est formidablement interprété par le charismatique Charlie Plummer, 18 ans, qui nous communique son obstination à s’en sortir. Croisement entre Leonardo Di Caprio et River Phoenix, il avait logiquement reçu le prix du meilleur espoir à la Mostra de Venise
On signalera dans les rôles se secondaires Steve Buscemi, excellent en entraîneur ronchon, coriace, voire impitoyable. Et dans celui du jockey, Chloe Sevigny aussi dure à cuire et ambiguë que le boss. Apparemment, du moins.
A l'affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 2 mai.
Certains apprennent de leurs échecs, d’autres pas. Comme Daniel Auteuil qui, après Fanny et César, ses deux bides de réalisateur, a décidé avec Amoureux de ma femme, de s'attaquer à la comédie sentimentale en adaptant L’envers du décor de Florian Zeller. Il avait mis la pièce en scène au théâtre en en 2016, interprétant déjà le rôle principal.
Créatif dans une agence de publicité romaine branchée, Téo ne cesse de fuir son passé, sa famille, refusant tout attachement sentimental. Charmant et séduisant quadra, il collectionne les aventures en attendant éventuellement de se mettre en ménage avec sa fiancée officielle. Un soir, il dîne dans un restaurant qui a la particularité de plonger les convives dans le noir. Du coup, ils sont concentrés sur la nourriture et la conversation. C’est là que Téo tombe amoureux de la voix sensuelle d’Emma.