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Cinéfil - Page 15

  • Cinéma: "Wild Rose", un rêve de Nashville pour une petite chanteuse de Country

    still_07.jpgEn attendant la réouverture des salles de cinéma, les distributeurs restent actifs sur le plan de la VOD. En proposant des films récents, à l’image de Wild Rose, de Tom Harper. Il nous propose sa version d’ «Une étoile est née», en mettant en scène une héroïne formidablement interprétée par l’actrice irlandaise Jessie Buckley.

    A peine sortie de prison et de retour auprès de ses deux enfants, l’indocile et sauvage Rose-Lynn n’a qu’une obsession: quitter son Glasgow natal pour devenir chanteuse de country à Nashville. Une aspiration loin de plaire à sa mère, Elle trouve qu’il est temps pour sa fille de devenir adulte et responsable, donc de trouver un job pour s’occuper de ses mômes. Ce qui nous vaut quelques scènes familiales tendues.

    Faute de pouvoir réaliser son rêve pour l’heure contrarié, la jeune femme fait rageusement le poing dans sa poche et déniche un emploi de femme de ménage chez de riches bourgeois. Se laissant aller à la chansonnette en passant l’aspirateur, elle fait le bonheur des gosses de Susannah, sa patronne, elle même très séduite par la voix magnifique de Rose-Lynn. Au point qu’elle décide de l’aider.

    En dépit d'un scénario trop convenu, ce film à la réalisation classique, sobre, provoque une émotion pimentée d’humour. A la fois joyeux et mélancolique, il nous promène des banlieues mornes aux pubs écossais populaires bondés, où coulent des litres de bière et pleurent les guitares.

    Surfant entre chronique sociale aux accents loachiens et mélo musical plus particulièrement destinés aux amateurs de Country (encore que…), cet opus sans prétention repose essentiellement sur les épaules de la sauvage, vibrante et galvanisante Jessie Buckley, à l’énergie contagieuse. Atout majeur de l’histoire, elle se révèle aussi excellente comédienne que chanteuse.

    Dès jeudi 21 mai sur les plateformes suivantes : Swisscomn TV (Teleclub on Demand), iTunes, Sky Store, Hollystar, UPC. Déjà disponibles: The Kill Team, Aquarella, Skin, Bruno Manser, Hors Normes, Midway, ou encore Untouchable.

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  • Grand écran: Michel Piccoli, monument du cinéma français, est mort

    0l0dIHOAawx86qZNJjYBt0.jpgAu cours d’une prestigieuse carrière riche de quelque 200 films, il a tout joué. Les séducteurs, les personnages troubles, les provocateurs, les escrocs et même un pape en plein doute chez Nanni Moretti, son dernier rôle important. Michel Piccoli, 94 ans, l’une des icônes du cinéma français, est mort lundi 12 mai des suites d’un accident cérébral.

    Né à Paris le 27 décembre 1925 dans une famille de musiciens, il décide de devenir acteur à 18 ans et s’inscrit au cours Simon. Il fait sa première apparition dans Sortilèges, de Christian-Jaque, en 1945. C'est en 1963 qu’îl se révèle au grand public, aux côtés de Brigitte Bardot, dans Le mépris de Jean-Luc Godard, adapté du roman éponyme d’Alberto Moravia. Il y excelle. Après avoir tenu le rôle d’un Don Juan vêtu de cuir noir dans le téléfilm de Marcel Bluwal, il a été dirigé par tous les grands.

    Prix d’interprétation à Cannes en 1980

    Acteur fétiche de Luis Bunuel (huit œuvres), Marco Ferreri (huit également) Claude Sautet (cinq), il a également été dirigé par Jean Renoir, Claude Chabrol, Jacques Demy, Jacques Rivette, Manoel de Oliveira. Sans oublier Alfred Hitchcock (L’étau). Il obtient le prix d'interprétation masculine à Cannes en 1980 pour son rôle dans Le Saut dans le vide de Marco Bellochio. Il a également remporté l'Ours d'argent du meilleur acteur pour Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre en 1982, et le David di Donatello dans Habemus Papam. En revanche, malgré son impressionnante filmographie, il n’a jamais reçu de César, auquel il a plusieurs fois pu prétendre.

    Michel Piccoli, s’est aussi illustré au théâtre. On l’a vu dans une cinquantaine de pièces, notamment dans des adaptations de Racine, Molière ou Shakespeare. Son interprétation du Roi Lear lui vaut deux nominations de suite pour le Molière du comédien. Il a également tâté de la réalisation avec deux courts, puis des longs métrages. On retiendra C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé (2005), où il met en scène un homme partageant sa vie entre l’appartement qu’il habite avec sa femme, celui qu’il occupe avec sa maîtresse et son club.

    Les femmes de sa vie

    Côté vie privée, Michel Piccoli épouse en premières noces l'actrice Eléonore Hirt en 1954. Ils ont une fille avec laquelle il se brouille, apparemment définitivement. En 2015, dans son autobiographie, il avouait avoir eu une liaison avec Romy Schneider avec qui il a partagé l’affiche à six reprises (La voleuse, Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs, Le trio infernal, Mado et la passante de du Sans-Souci). Suite à cette idylle, il convole pour la deuxième fois avec Juliette Gréco en 1966, qui le quitte après 11 ans. En 1978, il se marie avec la scénariste Ludivine Clerc. Ils adoptent deux enfants, Inord et Missia, d'origine polonaise.

    Le comédien avait le cœur à gauche. Il avait soutenu François Mitterrand lors des élections de 1974 et 1981 et, en 2007, appelé à voter pour Ségolène Royal. Sa conscience politique, confiait-il en 2000 dans une interview à l’Express, s’était éveillée lors de la Seconde Guerre mondiale en entendant tout d'abord Hitler à la radio, puis l'appel du 18 juin du général de Gaulle.

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  • Cinéma: "The Charmer", regard original sur les migrants d'un Iranien installé au Danemark

    1506092968694_0570x0400_0x0x0x0_1573330303960.jpgLe film s'ouvre par l’image choc d’une femme qui se suicide en se jetant par la fenêtre. On voit ensuite un homme s’habiller élégamment et se rendre en ville. Il s’agit d’Esmail, un jeune Iranien plutôt gâté par la nature. Emigré au Danemark, vivant de petits boulots, déménageur en l'occurrence, il habite un appartement miteux et se trouve sous la menace constante d'une reconduite à la frontière s’il ne prouve pas son assimilation.

    Seule solution pour obtenir un permis de séjour: draguer une Danoise et espérer se marier. Raison pour laquelle il fréquente régulièrement un bar huppé de Copenhague. C’est là qu’il fait la connaissance d’une compatriote émigrée depuis longtemps. La rencontre laisse imaginer une comédie romantique. Mais Sara ne tarde pas à voir clair dans le jeu de ce charmeur.

    Ce premier long métrage prometteur, à la facture classique, est signé de l’Iranien Milad Alami, installé depuis dix ans au Danemark après avoir grandi en Suède. Naviguant entre le drame, la romance et le thriller, exploitant les contrastes des situations sociales, tout en se penchant sur l’identité et les origines ethniques, il veut offrir un regard différent et personnel sur les migrants et l’exil.

    Si le mélange des genres n’est pas toujours heureux, les comédiens sont en revanche excellents. A commencer par l’acteur principal, Ardalan Esmaili. Ce séducteur manipulateur, cynique dans sa chasse à une hypothétique épouse, menant une double vie et apparemment dénué de scrupules, est au départ peu sympathique. Aux prises avec ses conflits intérieurs, son combat quotidien contre la marginalisation, il va pourtant se montrer attachant au fil du récit en révélant une impuissance à échapper à sa condition socio-culturelle.

    Inédit en salle. Sortie en VOD mercredi 8 mai, sur la plateforme Filmingo.
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