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le blog d'Edmée

  • Festival de Locarno: un programme ultra-riche pour cet incontournable rendez-vous cinéma

    Du 5 au 15 août Locarno devient, comme chaque année, un lieu de rencontre privilégié pour les cinéastes et les cinéphiles. Issue d’un nombre record de 7 759 films reçus, la sélection officielle de cette 79e édition se veut à la fois un espace de découverte et  un terrain d’expérimentation pour de nouvelles voix cinématographiques, selon son directeur artistique Giona A. Nazzaro. 
     
    Avec 233 films, dont 103 premières mondiales et huit premières internationales, le programme témoigne, ajoute-t-il,  d’une grande diversité, où l’audace formelle côtoie des œuvres inspirantes et fédératrices. Il  réunit par ailleurs 11 premiers longs métrages en lice pour le Swatch First Feature Award, ainsi que 19 films éligibles au Pardo for Change, une distinction qui récompense des œuvres à résonance sociale, portant sur des enjeux environnementaux, éthiques et socioculturels.
     
    À travers des films de 69 pays, tous formats confondus, cette édition confirme la place unique d’un rendez-vous incontournable, en mettant en lumière créations indépendantes, films à gros potentiel populaire et formes émergentes du cinéma de demain. L'événement compte 11 différentes sections. Zoom sur ses trois principaux piliers. 
     
    La compétition internationale
     
    Parmi les 17 films venus de Corée du Sud, Chili, Allemagne, Canada, Royaume-Uni ou Brésil en lice pour le Léopard d'or, figure une coproduction suisse, O Jacaré, dernier volet de la trilogie du cinéaste helvético-portugais Basil Da Cunha. Il mêle drame et thriller autour du butin d'un braquage dans le quartier populaire de Lisbonne Reboleira, qu’il filme depuis quinze ans.
     
    La chasse au fauve se distingue par des films forts, le plus souvent centrés sur la famille, précise Giona A, Nazzaro. Parmi eux, Alberi erranti, adapté par le réalisateur italien Salvatore Mereu d'un roman d'Alberto Capitta, dans lequel se croisent les destins de trois familles sardes.
     
     La magie de la Piazza Grande
     
    Les projections en plein air de la Piazza Grande restent incontournables. Il y en aura également dix-sept. En ouverture, Les yeux verts du duo français Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, là encore un drame familial qui oscille entre réalité et monde onirique. On verra par ailleurs le dernier-né de la réalisatrice italo-suisse Petra Volpe, Frank & Louis, racontant l’amitié en prison entre deux détenus. Il s'agit du premier film en anglais de l’auteure, qui nous avait emballés l’an dernier avec En première ligne.
     
    A découvrir l’insolite Ich ist ein Anderer (Je est un autre) de l’Allemand Félix Randau. En 1952, une journaliste et son mari tendent un piège dans un train à Felix Kersten, l'ancien masseur personnel du chef des SS Heinrich Himmler. Le film explore la frontière floue entre le héros et l'opportuniste, incarnant l'idée que « l'autre » cache une facette sombre.
     
    Tandis que Martin Scorsese (Taxi Driver) et David Lynch (Sailor et Lula) sont de la partie, James Gray (Paper Tiger) et Rafiki Fariala (Congo Boy) jouent les transfuges de Cannes sous les étoiles. Ni vue ni connue, comédie franco-belge de Marc Fitoussi explorant les coulisses du cinéma, fera la clôture.
     
    Les festivaliers pourront en outre voir dans le cadre d'Histoire(s) du cinéma Soudain du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi, et redécouvrir le western Danse avec les loups (1990) de Kevin Costner, dans une version restaurée 
     
    La Rétrospective se penche sur la chasse aux sorcières
     
    Comme toujours très attendue, la Rétrospective, riche d’une quarantaine d’œuvres, se penche sur la chasse aux sorcières. Alors que la guerre froide entre les États-Unis et l'Union soviétique constituait un élément déterminant de la politique mondiale, des voix d'extrême droite au sein du système politique américain dénonçaient l'infiltration communiste d'Hollywood. Paniquée, l'industrie instaura une liste noire qui brisa des carrières, contraignit des artistes à adopter des pseudonymes, étouffa la liberté d'expression et força des créateurs à s'exiler à l'étranger.
     
    Red & Black-Hollywood Left and the Blacklist (Rouge et Noir-Hollywood de gauche et la Liste noire) propose une nouvelle analyse de cette époque répressive. Le programme met en lumière des films marquants de réalisateurs, scénaristes et acteurs aussi divers que John Garfield, Joseph Losey, Dalton Trumbo, Dorothy Parker, Richard Wright et Charles Chaplin, et retrace les origines et les conséquences de la chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis, en Europe et au-delà.
     
    Couvrant fictions, documentaires, actualités et courts métrages des États-Unis, de Grande-Bretagne, d'Espagne, d'Italie, de France, du Mexique et d'Argentine, Red & Black réunira des restaurations numériques et des copies d'archives pour une étude inédite du cinéma de cette période, avec en ouverture une projection spéciale du film Broken Arrow (1950) de Delmer Daves, écrit par le scénariste non crédité Albert Maltz (l'un des célèbres Hollywood Ten). Un ouvrage de référence accompagnera le projet, et pour la première fois un podcast retracera l'histoire et le contexte de l'ère du maccarthysme.
     
    Entre talents émergents, hommages et invités
     
    Et voici quelques infos de plus. Dans la catégorie des talents émergents, la Suisse est représentée par Small Talk du Genevois Mateo Ybarra. Projetée en première mondiale, la fiction documentaire évolue dans une école de bonnes manières, la dernière en activité en Suisse.
     
    Treize films sont à l'affiche hors concours, dont Ah que le bonheur est proche! du Franco-Suisse François-Christophe Marzal. Cette tragicomédie met en scène Jean-Luc Bideau dans le rôle d'un vieil acteur qui supporte très mal sa doublure. À l'occasion de la sortie du film, un hommage à l’acteur Jean-Luc Bideau pour l’ensemble de sa carrière durant le festival.
     
    Locarno honorera aussi Virginie Efira, sacrée meilleure actrice à Cannes pour Soudain, avec un Leopard Club Award. Asia Argento, figure rebelle du cinéma italien et du mouvement #MeToo, sera quant à elle distinguée pour l’ensemble de sa carrière. Tout comme le réalisateur James Gray. Son collègue Darren Aronofski recevra un Léopard d’honneur.
     
    Enfin, parmi les célébrités invitées, on notera la présence de Monica Bellucci, Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain. Petra Volpe, Hong Sang-Soo, Albert Serra.
     
    Festival international du film de Locarno, du 5 au 15 août. Plus de renseignements: info@locarnofestival.ch. Telephone 0917562121
     
     

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  • Grand écran: "Spider-Man: Brand New Day", lassitude visuelle face à un film au scénario tarabiscoté, englué dans sa toile...

    Réalisé par Destin Daniel Cretton, Spider-Man: Brand New Day, quatrième volet de la saga, est censé marquer un nouveau départ pour l'Homme-Araignée. Quatre ans après les événements dramatiques de No Way Home, Peter Parker (Tom Holland) tente de reconstruire sa vie dans un New York l'ayant complètement oublié, suite au sort du Docteur Strange. S'étant volontairement effacé des mémoires de MJ, de Ned et du reste du monde, le malheureux mène une existence solitaire dans son petit appartement. Le jour, il essaie de joindre les deux bouts. La nuit, il combat sans relâche le banditisme local sous le masque de Spider-Man, aux côtés du Punisher (Jon Bernthal)

    D’autant qu’une nouvelle forme de criminalité mystérieuse frappe la ville. L'intrigue bascule alors dans le surnaturel lorsque le personnage joué par Sadie Sink (une puissante télépathe issue du multivers), s'immisce dans l'esprit des gens. L'irruption de la télépathie pour résoudre l'intrigue et sauver Spider-Man s’oppose laborieusement au côté réaliste du début. En parallèle, Peter fait face à une crise identitaire, en subissant de façon inattendue une transformation biologique et physique incontrôlable, liée à ses pouvoirs.

    Un scénario tarabiscoté 

    On est loin d’être fan de cette nouvelle mouture. Entre polar urbain et mélange de manipulation mentale, de mutation corporelle, de télépathie extraterrestre, le réalisateur propose un métrage beaucoup trop long (144 minutes) au scénario tarabiscoté. On déplore aussi le manque de rythme, des chorégraphies recyclées avec esquives aériennes et lancements de toile surexploités depuis les précédents épisodes. Sans parler de combats confus très répétitifs et sans tension, Spider-Man affrontant souvent des nobodies. D’où une lassitude visuelle, faute d’innovation dans les facultés surhumaines du héros.  

    Reste les comédiens, salués par une partie de la critique. Plus particulièrement Tom Holland délaissant, on résume, l'insouciance adolescente pour livrer une interprétation plus mature, mélancolique et torturée entre sarcasme et fragilité. En réalité il apparaît surtout comme un pleurnichard constamment dépassé par les événements, forçant sur la vulnérabilité et peinant à nous faire ressentir sa douleur, sa fatigue et ses angoisses… 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 29 juillet.

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  • Grand écran: "Les matins merveilleux", une autre façon de faire couple. Avec un attachant duo féminin

    Le film ouvre sur une téméraire Charlie (India Hair) escaladant un balcon parisien pour tenter de pénétrer chez sa grand-mère qui ne répond pas à ses coups de sonnette. Hélas, la vieille dame est morte. Charge alors à Charlie de respecter ses dernières volontés, soit de remettre de vieux vinyles disco à un certain Thierry (Eric Cantona), Titou pour les intimes et caviste dans le sud de la Fran

    Sans mec, sans enfants, un métier de traductrice instantanée qui lui permet de travailler n’importe où, rien n’empêche Charlie d’aller livrer elle-même son héritage à Thierry. Embarquant la caisse de disques dans sa Twingo, elle met le cap sur Cavalière, à l’autre bout du pays.

    Rencontres tendres et scènes savoureuses

    Ce petit voyage sera l’occasion de deux rencontres importantes. Et tout d’abord celle de Marina (Raya Martigny), serveuse trans dans la pizzeria de ce petit village côtier désert en hiver. Sans préjugés, l’empathique Charlie se sent tout de suite attirée par cette femme libre, solaire, affectueuse, qui va l’inviter chez elle. Et lui laissera, au bout de quelques jours, entrevoir la possibilité d’une existence nouvelle, une autre façon de faire couple.

    Mais avant toute chose, Marina l’emmène chez Titou, quinquagénaire élégant et solitaire, romantique et rêveur. Il fera notamment redécouvrir à Charlie sa mère décédée à travers de vieilles photos, tout en lui apprenant des pas de danse et la gestuelle disco. Des scènes assez savoureuses, comme beaucoup d’autres émaillant Les matins merveilleux, premier long métrage de la réalisatrice française Avril Besson, qui se penche ainsi sur l’éclosion amoureuse entre deux femmes que tout semble opposer

    Une fable imparfaite mais attendrissante

    Entre gravité, légèreté et humour, l’auteure propose une feel good comédie modeste, douce et sensible, évoquant l’éclosion amoureuse entre deux femmes que tout semble opposer. Une fable mélancolique traversée par le deuil, imparfaite, parfois maladroite. Mais particulièrement bienveillante envers ces trois cœurs solitaires un peu cabossés par la vie, chacun faisant un pas vers l’autre pour revenir à la vie.  

    Les comédiens s’y coulent avec bonheur. À commencer par une irrésistible India Hair, à la fois pétillante et d’une candeur désarmante avec son côté enfantin, presque burlesque. Quant à l’actrice trans Raya Martigny, par ailleurs mannequin et militante, elle émeut par sa grâce, sa fragilité, sa vulnérabilité. À noter qu’Avril Besson ne fait pas tout un plat de la transidentité, laissant simplement exister Raya. Enfin, étonnamment sobre, nostalgique et tendre, Eric Cantona se montre à la hauteur de cet attachant et attendrissant duo féminin.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juillet.

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