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le blog d'Edmée

  • Grand écran: "L'agent secret" mêle les genres et les époques dans un thriller déroutant. Avec le magnifique Wagner Moura

    Brésil, 1977. Armando (Wagner Moura), un veuf d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, arrive à Recife en plein carnaval sous le nom d’emprunt de Marcelo Alves. Membre d’un réseau clandestin d’opposants au régime militaire en place, il est venu récupérer son jeune fils confié à ses grands parents. En prenant un maximum de précautions.

    Armando s’installe dans la maison d’une maîtresse femme, qui loue des chambres à des réfugiés politiques et espère construire une nouvelle vie. C’est compter sans les menaces de mort qui planent sur sa tête. A son insu, il devient la cible de tueurs à gages. Tandis que l’étau se resserre autour de lui, un redoutable jeu du chat et de la souris s’organise dans les rues de Recife, dépeignant  le climat d’extrême brutalité qui régnait alors au Brésil.

    En dépit de ce que suggère son titre, L'agent secret, n’est pas un film d’espionnage, mais plutôt une réflexion sur le passé meurtrier d'un pays, la nécessité de préserver la mémoire de ces années de plomb, la quête de la vérité face à l’oppression. Il rend ainsi hommage aux héros de la résistance  pour qu’on ne les oublie pas.

    Kleber Mendonça Filho propose un très long thriller déroutant, dense, visuellement très riche, mais au scénario confus, mêlant les genres et les époques. S’il nous ramène d’abord en 1977, avec une police corrompue, une violence banalisée, une société pleine de préjugés racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, le réalisateur nous propulse également dans le Brésil d’aujourd’hui, où deux étudiantes en histoire s’intéressant à la résistance, découvrent le destin d’Armando en consultant des archives de journaux et en écoutant des cassettes audio. Si ce renvoi contribue (un peu inutilement) à désarçonner le spectateur, il ne fait pas moins écho nécessaire à une actualité aussi brûlante que dangereuse, où s’épanouissent et sévissent les Trump, Poutine ou autres Xi Jinping…

    Plébiscitée à Cannes en mai dernier, l’oeuvre a justement décroché le Prix de la mise en scène, tandis que son héros traqué, magistralement incarné par Wagner Moura, vedette de la série Narcos, a été sacré meilleur acteur. L’auteur et le comédien viennent par ailleurs de rafler chacun un Golden Globe. Enfin, L’agent secret a été choisi pour représenter le Brésil aux Oscars. Un prétendant très sérieux.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 14 janvier.

     

     

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  • Black-Movie: un programme riche exaltant la liberté de pensée. Quinze réalisateurs invités, ainsi que l'icône du cinéma asiatique

    Le Festival international de films indépendants genevois propose 104 œuvres.. Quinze réalisateurs sont invités, ainsi que l'acteur chinois Tony Leung Chiu-wai, icône du cinéma asiatique. Des Délires orwelliens à la Trilogie sylvestre, en passant par les Métamorphoses les Braves ou les Exutoires jouissifs, petit voyage au sein d’un copieux menu de 48 longs métrages et 56 courts. 

    Pour sa 27e édition, qui se tient à Genève du 16 au 25 janvier, Black Movie a choisi des cinéastes prônant la liberté de pensée et l'autodétermination, déclare sa directrice artistique Maria Watzlawick. En marge des courants traditionnels, le festival se décline ainsi en onze thèmes tels que l'éducation, le futurisme, la famille, la surveillance des corps et des esprits, le totalitarisme ou la révolte.
     
    Les films à ne pas manquer
     
    Le Sud-Coréen Park Chan-wook propose No Other Choice,  adapté de Le couperet de Donald Westlake, roman noir sur les manigances meurtrières d’un cadre en col blanc, Le Portugais Pedro Pinho revient avec Le rire et le couteau, film-fleuve qui aborde l’enjeu du post-colonialisme. De son côté, la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi présente, Silent Friend, qui entremêle les récits autour d’un arbre majestueux, le gingko. Sa tête d’affiche, le Chinois Tony Leung Chiu-wai, icône du cinéma asiatique, sera présent pour la projection le dimanche 18 janvier. Black Movie s'intéresse également cette année aux questions de dystopies et de récits alternatifs. Avec notamment le documentaire du Haïtien Raoul Peck, Orwell: 2+2=5, qui livre un état des lieux terrifiant des effets de la post-vérité sur la société.
     
    Rencontre avec Sergei Loznitsa

    Hommage est aussi rendu aux combattants de l'autoritarisme. Le festival a opté pour le dernier film de l’Ukrainien Sergei Loznitsa, Deux procureurs (photo ci-dessus). Primé à Cannes, le long métrage suit un jeune procureur engagé dans les méandres des procédures juridiques de l’ex-URSS. Une rencontre sera organisée avec le réalisateur le mercredi 21 janvier. Avec Belén, l’actrice et auteure Dolores Fonzi revient sur un événement-qui a fait basculer le cadre légal de l’avortement en Argentine. A relever également de la science-fiction avec U Are the Universe de l'Ukrainien Pavlo Ostrikov, évoquant le voyage d'un transporteur spatial, seul survivant de l'humanité.

    Thématiques queer

    Autant d’œuvres, autant de formes, de genres et sujets abordés tout au long de ces différentes sections, dont des thématiques LGBTQIA+. A commencer par Ninxs, de Kani Lapuerta, premier long métrage du Mexicain. Homme trans il fait de ce document filmé sur huit ans, une exploration joyeuse et anarchique. On citera encore, dans le tumulte de Mumbai, Songs Of Forgotten Trees, d’Anuparna Roy, qui capte les enjeux agitant deux amies migrantes. Avec ce conte urbain, elle dessine un beau portrait de femmes décidées à prendre leur destin en main, en dépit des difficultés.
     
    Enfin n’oublions pas Le petit Black Movie. Cette section destinée aux enfants propose quarante films venus de 34 pays, célébrant la diversité et encourageant la réflexion sur l’écologie et la différence. Dont Planètes de la Japonaise Momoko Seto, une ode à la biodiversité. Des ateliers et un ciné-concert complètent la programmation. Et puisqu’on parle d’événements parallèles, on signalera trois tables rondes et, bien sûr, les Nuits Blanches au Groove, de l’Opening Night à la 104e Electrodark.
     
    Black Movie, Maison des arts du Grütli, du 16 au 25 janvier.

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  • Grand écran: "Ma frère", comédie émouvante et pleine d'humour, qui renouvelle la colonie de vacances

    Deuxième long-métrage de Lise Akoka et Romane Guéret, Ma frère suit deux jeunes femmes, Shaï et Djeneba, 19 ans, issues d’un quartier populaire du 19e arrondissement de Paris, Copines depuis l’enfance, l'une est flanquée d’une famille étouffante, tandis que l'autre souffre de solitude.

    L’espace d'un été, elles animent une colonie de vacances dans la Drôme. Loin  des tours au pied desquelles elles ont grandi, elles sont responsables d'une tribu d'enfants de six à dix ans. Sous le soleil estival, ce film générationnel au parler d’aujourd’hui, explore l'amitié, l’amour, la religion, la sexualité, l'émancipation, le chemin souvent difficile vers l'âge adulte. Il est porté .par Fanta Kebe et Shirel Nataf, déjà héroïnes de la mini-série Tu préfères, créée en 2020 sur Arte par les deux auteures

    Lise Akoka et Romane Gueret ont un vrai talent pour diriger de très jeunes acteurs et pour saisir leur langage, leurs questions et leurs désirs. Elles proposent un feel-good movie solaire choral, qui charme par son casting d'enfants au naturel désarmant, loin des standards habituels, avec notamment une grande différence de corps. 

    On est aussi séduit par la parole parfois crues des enfants, même si les mots sont moins ceux, spontanés, des jeunes des quartiers, que ceux de Lise Akoka et Romane Guéret, dans la mesure où il n’y a pas d’improvisation. Tout est en effet très écrit, contrairement à ce qu’on pourrait croire.

    On s’attache tout de même beaucoup à ce groupe de gamins d’une indéniable puissance comique et émotionnelle, ainsi qu’aux deux animatrices, avec leur langue bien pendue et  leur côté cash. Une mention spéciale à Amel Bent, très crédible en directrice de la colonie de vacances. En résumé une jolie réussite que cette chronique sociale émouvante, joyeuse, pleine de vitalité, de sensibilité et de tendresse, qui renouvelle le genre.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 14 janvier.

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