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le blog d'Edmée

  • Grand écran: "La Maison des femmes", un film émouvant, pédagogique, nécessaire. Porté par Karin Viard

    Les violences faites aux femmes ne cessent d’augmenter et les institutions pour leur venir en aide sont souvent financièrement menacées. La réalisatrice française Mélisa Godet s’empare de cette situation dramatique dans La Maison des femmes, son premier long métrage. Il est inspiré de la structure réelle de Saint-Denis créée en 2016 par la Dre Ghada Hatem. Gynécologue franco-libanaise, elle se bat  depuis dix ans pour en  maintenir l'existence et offrir une prise en charge globale des femmes victimes de brutalités et de l'excision..

    Mélisa Godet retrace ainsi l'histoire de ce lieu unique où Diane, Manon, Inès, Awa et trois collègues masculins, animés d’une inépuisable énergie, d’une foi et d’une conviction inébranlables dans leur utilité, se battent chaque jour.  Entre soin, écoute et solidarité, ils accueillent, soutiennent, accompagnent les victimes dans leur reconstruction..

    En tête de casting, on retrouve Karin Viard, formidable dans l’un de ses meilleurs rôles, à la fois soignante et déterminée à maintenir l’institution à flot. C’est le moteur indispensable d'une équipe médico-sociale, où opèrent Laetitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra. Ainsi que Pierre Deladonchamps, seul homme médecin du groupe, dont la présence est importante pour montrer que lui aussi estime inadmissible ce qu’on fait subir aux femmes.

    Militant, engagé à l’image des ses protagonistes,  ce film choral, émouvant, célèbre la résilience féminine et la force de la sororité. Nécessaire, pédagogique, sans pathos ni voyeurisme, il libère la parole des victimes, en donnant une grande place à leurs témoignages. A ne pas manquer.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande, depuis mercredi 11 mars.

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  • Grand écran: "Le crime du 3e étage", comédie policière en hommage à Hitchcock, maître du suspense

    Colette (Laetitia Casta), professeure de cinéma spécialiste passionnée de Hitchcock et son mari François (Gilles Lellouche), auteur de polars historico-romantiques qui désespèrent son éditrice par leur mièvrerie, vivent plutôt côte à côte qu’ensemble depuis quelques années.   

    Alors qu’elle ne cesse d’observer Yann Kerbec (Guillaume Gallienne), leur inquiétant voisin du 3e étage, comédien de théâtre raté jouant Hamlet devant des salles vides, Colette est sûre de l’avoir vu tuer sa femme. Elle persuade François, d’abord réticent, de la suivre dans une enquête parsemée de dangers et d’embûches, qui va raviver la flamme au sein du couple en vitesse de croisière.

    Inspirée de Fenêtre sur cour du grand Alfred Hitchcock, cette comédie policière se voulant  romantico-burlesco- humoristique est signée du Français Rémi Bezançon. Il rend hommage au maestro du suspense, tout en .multipliant citations, clins d’oeil et références à d’autres réalisateurs du genre. Le film, qui se laisse voir sans plus, est porté par le duo Casta/Lellouche, dont la prestation n'atteint pas des sommets.... 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 11 mars. 

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  • Grand écran: "Victor comme tout le monde", comédie douce-amère avec Fabrice Luchini, l'amoureux des mots

    Ecrit par Sophie Fillières, disparue le 31 juillet 2023, Victor comme tout le monde est réalisé par Pascal Bonitzer, avec qui l'auteure a partagé sa vie. Fabrice Luchini y incarne son double, Robert Zucchini, un acteur passionné, obsédé par Victor Hugo, dont il connaît absolument tout de l’œuvre et  de la vie. Chaque soir, il dit ses textes et le raconte sur scène, puis en parle encore et encore en-dehors. Notamment avec trois comédiennes (Suzanne de Baecque, Louise Orry-Diquéro et Iris Bry), qui ont monté un spectacle, où elle portent un tout autre regard sur l’homme Hugo, Elles n’hésitant pas à le traiter de queutard, petite contestation du mythe un rien déstabilisante pour Zucchini, qui accepte néanmoins  la discussion.  

    Mélancolique, anxieux, en proie a un trac récurrent en dépit de son expérience, Robert communique souvent en ligne avec sa compagne Annabelle (Chiara Mastroiani), qui s’emploie à l’apaiser. Il a aussi de petites habitudes rassurantes. Mais un jour, en achetant son pain quotidien, il apprend qu’une inconnue d’une vingtaine d’années a laissé pour lui un journal avec un message important. La jeune femme n’est autre que sa fille Lisbeth (Marie Narbonne), dont il ne s’est jamais occupé.

    Son existence bien réglée, déjà bousculée par les critiques féministes de son idole, l’est davantage par le retour inopiné de Lisbeth. Mais désireux de se rattraper, Robert Zucchini mène sa petite enquête et tous deux finissent par se retrouver. Alors qu’ils entament un voyage sur l'ile de Guernesey, lieu d’exil de Hugo, l’histoire personnelle de l’acteur, moins focalisé sur la grandeur de l’écrivain, résonne avec les drames familiaux de ce dernier, dont la tragique noyade de sa fille Léopoldine, à l’âge de 19 ans.

    Dans une mise en scène conventionnelle, cette comédie douce-amère explorant les thèmes de la filiation et de la paternité, est surtout un autoportrait de Fabrice Luchini. Qui fait son show dans un rôle sur mesure. Amoureux des mots et de la langue de Victor Hugo, il se délecte à l’évidence de cet exercice auquel il est rompu. En se montrant toutefois moins convaincant qu’à l’accoutumée.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 11 mars.

     

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