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le blog d'Edmée

  • Grand écran: "la vie d'une femme", exploration du désir féminin après 50 ans. Avec Léa Drucker et Mélanie Thierry

    La réalisatrice française Charline Bourgeois-Tacquet suit Gabrielle (Léa Drucker) en quête d'une nouvelle identité, liée à un besoin de liberté. Cheffe de service dans un hôpital public parisien au bord du gouffre financier et opérationnel, cette chirurgienne hyperactive de 55 ans, est dans le contrôle permanent. Voulant tout mener de front, elle est qualifiée de «Robocop» par ses proches.
     
    Et pour cause. Outre son travail exigeant à l’hôpital, Gabrielle a un mari (Charles Berling), dont elle élève les enfants d’un précédent mariage et une mère atteinte d’Alzheimer. Mais la vie bien réglée et les certitudes de cette doctoresse surmenée basculent lors d’une rencontre avec Frida (Mélanie Thierry), une romancière plus jeune, en immersion dans son service pour les besoins d'une fiction. C’est le coup de foudre et le début d’une liaison passionnée, avec notamment une parenthèse enchantée dans les Alpes italiennes.
     
    Structuré en 11 chapitres, le récit s'étale sur une période d'environ deux ans pour mieux saisir l'évolution personnelle, amoureuse, sexuelle et professionnelle de Gabrielle. En ce qui concerne la forme, la réalisatrice s’est inspirée, comme elle le dit elle-même, de Julie (en 12 chapitres), du Norvégien Joachim Trier, pour construire le découpage de ces différentes tranches de vie. 
     
    Un scénario balisé et des propos assez convenus
     
    Mêlant exploration du désir féminin après 50 ans et peinture d'un milieu social bourgeois, La vie d'une femme est globalement porté aux nues. Tout comme Léa Drucker, le plus souvent qualifiée de sublime, grandiose, magistrale  et incandescente. Certes très crédible, à son habitude, dans le rôle de ce personnage vivant à cent à l’heure, elle se révèle pourtant moins impressionnante que dans Dossier 137 ou L'intérêt d'Adam.  Un  bémol également sur la segmentation narrative trop prévisible, sinon artificielle de l'oeuvre. Bien que fragmenté, le scénario reste balisé. L’auteure livre aussi des propos assez convenus et démonstratifs sur la surcharge mentale et existentielle, la crise de la cinquantaine, l’émancipation féminine.
     
    Le moins convaincant toutefois dans cette histoire, c’est la liaison lesbienne entre Gabrielle et Frida, qui fonctionne plutôt comme un artifice scénaristique. On nous propose de l'inattendu, une routine chamboulée par une passion dévorante, mais on est loin du vertige, du séisme intérieur que peut provoquer l’attirance charnelle d’une héroïne d’âge mûr pour une autre femme. Outre le fait que finalement rien ne change dans l’existence de Gabrielle, cette difficulté à croire en sa fascination soudaine pour Frida tient clairement au manque d’alchimie physique entre les deux actrices, ainsi qu’à une sensualité étouffée par une approche trop cérébrale du désir.
     
    Sortie dans les salles de Suisse romande mercredi 15 septembre.
     

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  • Grand écran: "Croyez-vous aux anges, Monsieur Drowak?", une tragi-comédie surréaliste et poétique autour de la créativité

    Réalisé par Nicolas Steiner. Croyez-vous aux anges, Monsieur Drowak? (Sie glauben an Engel, Herr Drowak?), est adapté d'un scénario de Bettina Gundermann. Tragi-comédie surréaliste, poétique et sombre, elle explore de manière à la fois onirique, grinçante et touchante, une singulière rencontre. Celle de Drowak, poète misanthrope, aigri, alcoolique et reclus dans son appartement insalubre, avec Lena Jakobi, une étudiante idéaliste qui anime un atelier d'écriture dans le cadre d'un programme de réhabilitation sociale. Elle est envoyée chez Drowak par les agents du Bureau de la Paix et de l'Ordre, pour le coacher.

    Dans ce premier long métrage du cinéaste suisse autour de la rédemption et de la créativité, tourné en Allemagne dans un décor urbain déshumanisé d'inspiration brutaliste, les comédiens se révèlent remarquables. Barricadé au milieu de centaines de bouteilles vides, Karl Markovics incarne parfaitement l’acariâtre Drowak, limite fou furieux qui accueille les agents administratifs à coups de préservatifs remplis d'urine. Luna Wedler lui tient la dragée haute dans celui de Lena, dotée d'un enthousiasme à tout crin et d'une foi inébranlable en la bonté humaine.

    Quelques bémols

    Malgré les insultes et le rejet initial du vieux nihiliste, le bouillant tempérament de Lena Jakobi le pousse à exhumer son talent enfoui. Alors que l’œuvre est filmée dans un superbe noir et blanc qui nous plonge dans l’univers mental complexe des protagonistes, des scènes en couleur surgissent pour illustrer les souvenirs heureux de Drowak, offrant un contrepoint lumineux à la grisaille de son quotidien

    Quelques bémols toutefois dans ce plaidoyer audacieux pour la réintégration des marginaux et le pouvoir salvateur de l'art. Avec sa forte tendance à l’accumulation d’éléments fantastiques et baroques, d’excentricités kafkaïennes, de visions délirantes, Nicolas Steiner s’égare et finit par tourner en rond dans un huis clos psychologique trop long, à la narration inutilement éclatée.

    «Croyez-vous aux anges, Monsieur Drowak?», durée 127 minutes. À l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 9 septembre.

     

     

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  • Grand écran: "La mia famiglia italiana", une comédie humaniste, chaleureuse, mais trop conventionnelle et plan-plan

    Le film suit un professeur à la retraite. Septuagénaire solitaire et cultivé, il mène une vie tranquille, ordonnée sinon millimétrée, dans son bel appartement romain. Aimant la lecture, le vin blanc et les petits plats, il partage ses journées entre la bibliothèque, les déambulations dans son quartier et les discussions de comptoir, tout en entretenant une relation amicale avec la fougueuse Giovanna, une dame de son âge, amoureuse de lui, mais dont il repousse les avances au début. Mais sa routine est bouleversée et le chaos s’installe, lorsque sa fille Sofia, en pleine crise conjugale, débarque d’Allemagne à l’improviste avec ses deux enfants turbulents, dont il va devoir s’occuper.

    Cette cohabitation intergénérationnelle le force à sortir de sa bulle ,à lâcher prise, à s'ouvrir à l'imprévu. Il va alors redécouvrir l’importance des liens familiaux et le besoin d'amour, en s’avouant ses sentiments pour Giovanna. Parallèlement Helmut, son gendre, entreprend une longue marche improbable d’Allemagne en Italie pour tenter de recoller les morceaux avec Sofia, qu’il a trompée avec une étudiante. Des scènes en forme de pièce rapportée sans grand intérêt. 

    Un ton minimaliste et intimiste

    Comme d’habitude on retrouve, derrière et devant la caméra, Gianni Di Gregorio, à qui on doit notamment Le déjeuner du 15 août son plus grand succès critique et public. Arrivé à la réalisation sur le tard, à l'âge de 59 ans il a développé son propre style, où il met en scène sa vie à travers son double cinématographique, un personnage souvent nommé « Gianni ». Ce n’est toutefois pas le cas dans son dernier opus,  La mia famiglia italiana (Ma famille italienne), où il est simplement désigné comme il professore

    Ce maître de l’autofiction harmonieuse privilégie un ton minimaliste, intimiste, misant sur les habitudes, les petits riens du quotidien. Ce qui fait en général le charme de ses films. En l’occurrence pourtant, il propose une comédie plan-plan sur les liens intergénérationnels. Certes humaniste, chaleureuse, esthétique, mais également conventionnelle et paresseuse. A l’image de son rôle. Il finit par lasser à force d’incarner ce personnage fétiche de professeur ronchon un peu dépassé par les événements et farouchement attaché à son petit confort. Côté interprétation, on n’est pas non plus très fan de celle d’Iaia Forte en Giovanna exubérante et envahissante, diva de province tentant d’imiter Monica Bellucci

    «La mia famiglia italiana», 97 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 9 septembre.

     

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