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le blog d'Edmée

  • Grand écran: "Le lac" de Fabrice Aragno, une expérience sensorielle unique. Avec Clotilde Courau et Bernard Stamm

    Avec son premier long métrage, Fabrice Aragno, assistant pendant vingt ans de Jean-Luc Godard, qui a notamment travaillé sur Film socialisme, Adieu au langage, Le livre d’image, signe un fascinant film Immersif. Poétique, organique, troublant, Le  lac évoque un couple (Clotilde Courau et Bernard Stamm, navigateur genevois célèbre), qui se lance dans une course de voile d’endurance de plusieurs jours et nuits, sur un grand lac.

    Une navigation solitaire, à l’exception d’un départ collectif, durant laquelle les deux personnages qui semblent sur le point de s’éloigner l’un de l’autre, n’échangent qu’un minimum de paroles, exprimant davantage leurs émotions par des regards, des gestes, des comportements. Mais leur histoire, pour autant que le mot soit signifiant en l’occurrence, n’est pas l’essentiel dans cette oeuvre singulière.  Entre calme et tempête, vent et lumière, flots bouillonnants et cris des oiseaux, Fabrice Aragno nous embarque surtout dans une expérience sensorielle et métaphysique unique, énigmatique, sublimée par la beauté des images.

     A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 25 mars.

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  • Grand écran: "La beauté de l'âne" raconte l'émouvant retour au Kosovo d'un homme, après un long exil

    Asllan Gjinovci arrive à Genève dans les années 60. Il a tout laissé derrière lui. Son pays kosovar, sa famille, ses amis, son village de Makërmal, sa maison. Mais après ce long exil, il revient pour quelques jours sur les traces de sa terre natale perdue, pour raviver ce que la guerre n’a pas complètement effacée: ses souvenirs. Il est accompagné de sa fille réalisatrice Dea. Elle ne connaît Makërmal qu’a travers les récits de son père.

    L’un d’eux a d’ailleurs donné son titre au film, comme elle l’explique lors d’une interview. "Il s’appelle La beauté de l’âne et s’inspire de la rencontre avec cet animal quand il était enfant, qui l’a beaucoup marqué. Je trouve que l’âne symbolise la poésie, l’enfance, la mémoire et les retrouvailles".  Mêlant réalité et fiction, Dea Gjinovci transforme ainsi les souvenirs paternels en séquences expressives et vibrantes, en lui faisant rejouer son enfance sur une scène à ciel ouvert, avec son équipe et les habitants du village.  

    La cinéaste genevoise avait déjà interrogé notre rapport à l’exil en 2020, avec son captivant Réveil sur Mars. Elle y retraçait l'histoire de la famille Demiri, réfugiés kosovars en Suède, dont les deux filles aînées sont plongées dans un coma profond (le syndrome de résignation), suite au rejet de leur demande d'asile.  Avec La beauté de l’âne, Dea Gjinovci signe un nouveau film original, visuellement magnifique. Emouvant, réconciliateur, ce retour au Kosovo évoque avec douceur et sensibilité la guerre, la perte, la douleur, la résilience, la reconstruction. Ainsi que la transmission de la mémoire à travers les générations.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 25 mars.

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  • Grand écran: "Elisa" met face à face une meurtrière et un criminologue. Avec Barbara Ronchi et Roschdy Zem

    Elisa (Barbara Ronchi), 35 ans, à première vue banale, discrète et timide, cache pourtant un lourd passé. Incarcérée depuis dix ans pour avoir tué sa sœur aînée sans motif apparent et brûlé son cadavre, elle purge sa peine dans un établissement pour criminels souffrant de troubles psychiques. Vivant dans un petit bungalow au milieu des bois où elle peut se déplacer librement, la détenue apprend lentement à se réinsérer dans la société.

    Elisa a toujours prétendu ne pas se rappeler ce qu’elle a fait. Mais lorsqu'elle entend parler d'un projet de recherche du Dr. Alaoui (Roschdy Zem), criminologue et adepte de la justice restaurative, Elisa accepte d'y participer. A travers des entretiens personnels, l’expert tente de mieux comprendre pourquoi des personnes comme elle, censément normales, en arrivent à  commettre des actes aussi extrêmes. Gratuitement de surcroît.

    Ces conversations forcent Elisa à se confronter à son passé, à reconstruire ce qui s’est produit selon la perception qu'elle en a aujourd’hui. Le souvenir des jours qui ont précédé le meurtre refait alors surface. Avec Alaoui qui ne la juge pas, et la laisse parler, la jeune femme revit sa terrible faute, prenant peu à peu douloureusement conscience de sa culpabilité. Elle fait ainsi un premier pas vers une possible réparation.

    Tourné dans le Tyrol du Sud et au Tessin, Elisa de l’Italien Leonardo Di Costanzo est librement inspiré d'un fait divers réel, analysé par ses compatriotes criminologues Adolfo Ceretti et Lorenzo Natali. Malheureusement ce drame psychologique explorant la vie intérieure d’une meurtrière n’est pas à la hauteur de son fascinant sujet. Il manque à la fois de fluidité, de subtilité dans la mise en scène, d’intensité et de conviction dans les dialogues, se voulant pourtant tendus et implacables, entre Barbara Ronchi et Roschdy Zem.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 25 mars.

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