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le blog d'Edmée

  • Black-Movie: un programme riche exaltant la liberté de pensée. Quinze réalisateurs invités, ainsi que l'icône du cinéma asiatique

    Le Festival international de films indépendants genevois propose 104 œuvres.. Quinze réalisateurs sont invités, ainsi que l'acteur chinois Tony Leung Chiu-wai, icône du cinéma asiatique. Des Délires orwelliens à la Trilogie sylvestre, en passant par les Métamorphoses les Braves ou les Exutoires jouissifs, petit voyage au sein d’un copieux menu de 48 longs métrages et 56 courts. 

    Pour sa 27e édition, qui se tient à Genève du 16 au 25 janvier, Black Movie a choisi des cinéastes prônant la liberté de pensée et l'autodétermination, déclare sa directrice artistique Maria Watzlawick. En marge des courants traditionnels, le festival se décline ainsi en onze thèmes tels que l'éducation, le futurisme, la famille, la surveillance des corps et des esprits, le totalitarisme ou la révolte.
     
    Les films à ne pas manquer
     
    Le Sud-Coréen Park Chan-wook propose No Other Choice,  adapté de Le couperet de Donald Westlake, roman noir sur les manigances meurtrières d’un cadre en col blanc, Le Portugais Pedro Pinho revient avec Le rire et le couteau, film-fleuve qui aborde l’enjeu du post-colonialisme. De son côté, la cinéaste hongroise Ildikó Enyedi présente, Silent Friend, qui entremêle les récits autour d’un arbre majestueux, le gingko. Sa tête d’affiche, le Chinois Tony Leung Chiu-wai, icône du cinéma asiatique, sera présent pour la projection le dimanche 18 janvier. Black Movie s'intéresse également cette année aux questions de dystopies et de récits alternatifs. Avec notamment le documentaire du Haïtien Raoul Peck, Orwell: 2+2=5, qui livre un état des lieux terrifiant des effets de la post-vérité sur la société.
     
    Rencontre avec Sergei Loznitsa

    Hommage est aussi rendu aux combattants de l'autoritarisme. Le festival a opté pour le dernier film de l’Ukrainien Sergei Loznitsa, Deux procureurs (photo ci-dessus). Primé à Cannes, le long métrage suit un jeune procureur engagé dans les méandres des procédures juridiques de l’ex-URSS. Une rencontre sera organisée avec le réalisateur le mercredi 21 janvier. Avec Belén, l’actrice et auteure Dolores Fonzi revient sur un événement-qui a fait basculer le cadre légal de l’avortement en Argentine. A relever également de la science-fiction avec U Are the Universe de l'Ukrainien Pavlo Ostrikov, évoquant le voyage d'un transporteur spatial, seul survivant de l'humanité.

    Thématiques queer

    Autant d’œuvres, autant de formes, de genres et sujets abordés tout au long de ces différentes sections, dont des thématiques LGBTQIA+. A commencer par Ninxs, de Kani Lapuerta, premier long métrage du Mexicain. Homme trans il fait de ce document filmé sur huit ans, une exploration joyeuse et anarchique. On citera encore, dans le tumulte de Mumbai, Songs Of Forgotten Trees, d’Anuparna Roy, qui capte les enjeux agitant deux amies migrantes. Avec ce conte urbain, elle dessine un beau portrait de femmes décidées à prendre leur destin en main, en dépit des difficultés.
     
    Enfin n’oublions pas Le petit Black Movie. Cette section destinée aux enfants propose quarante films venus de 34 pays, célébrant la diversité et encourageant la réflexion sur l’écologie et la différence. Dont Planètes de la Japonaise Momoko Seto, une ode à la biodiversité. Des ateliers et un ciné-concert complètent la programmation. Et puisqu’on parle d’événements parallèles, on signalera trois tables rondes et, bien sûr, les Nuits Blanches au Groove, de l’Opening Night à la 104e Electrodark.
     
    Black Movie, Maison des arts du Grütli, du 16 au 25 janvier.

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  • Grand écran: "Ma frère", comédie émouvante et pleine d'humour, qui renouvelle la colonie de vacances

    Deuxième long-métrage de Lise Akoka et Romane Guéret, Ma frère suit deux jeunes femmes, Shaï et Djeneba, 19 ans, issues d’un quartier populaire du 19e arrondissement de Paris, Copines depuis l’enfance, l'une est flanquée d’une famille étouffante, tandis que l'autre souffre de solitude.

    L’espace d'un été, elles animent une colonie de vacances dans la Drôme. Loin  des tours au pied desquelles elles ont grandi, elles sont responsables d'une tribu d'enfants de six à dix ans. Sous le soleil estival, ce film générationnel au parler d’aujourd’hui, explore l'amitié, l’amour, la religion, la sexualité, l'émancipation, le chemin souvent difficile vers l'âge adulte. Il est porté .par Fanta Kebe et Shirel Nataf, déjà héroïnes de la mini-série Tu préfères, créée en 2020 sur Arte par les deux auteures

    Lise Akoka et Romane Gueret ont un vrai talent pour diriger de très jeunes acteurs et pour saisir leur langage, leurs questions et leurs désirs. Elles proposent un feel-good movie solaire choral, qui charme par son casting d'enfants au naturel désarmant, loin des standards habituels, avec notamment une grande différence de corps. 

    On est aussi séduit par la parole parfois crues des enfants, même si les mots sont moins ceux, spontanés, des jeunes des quartiers, que ceux de Lise Akoka et Romane Guéret, dans la mesure où il n’y a pas d’improvisation. Tout est en effet très écrit, contrairement à ce qu’on pourrait croire.

    On s’attache tout de même beaucoup à ce groupe de gamins d’une indéniable puissance comique et émotionnelle, ainsi qu’aux deux animatrices, avec leur langue bien pendue et  leur côté cash. Une mention spéciale à Amel Bent, très crédible en directrice de la colonie de vacances. En résumé une jolie réussite que cette chronique sociale émouvante, joyeuse, pleine de vitalité, de sensibilité et de tendresse, qui renouvelle le genre.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 14 janvier.

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  • Grand écran: "Father Mother Sister Brother", une comédie douce-amère un rien paresseuse du grand Jim Jarmush

    Avec Father Mother Sister Brother, son quatorzième long métrage, Jim Jarmusch explore la complexité des relations familiales dans un récit en trois épisodes, format plébiscité par son auteur depuis ses débuts en 1980 avec Permanent Vacation  Le réalisateur culte de Stranger than Paradise, Down By Law, Broken Flowers ou Paterson, nous emmène dans trois pays, aux Etats-Unis, en Irlande et en France. Il met en scène, avec un casting de stars,  les situations cocasses ou un rien cruelles vécues par ses personnages.

    On croise tout d’abord Jeff (Adam Driver) et sa sœur Emily (Mayim Bialik) en visite chez leur père (Tom Waits), vieux punk ronchon qui habite une cabane au bord d’un lac gelé, dans le New Jesey. Ce dernier tente de s'en sortir seul depuis la mort de leur mère. Mais il a du mal. Il semble amorphe. Tout est un peu délabré, l'appartement est en désordre, le robinet goutte. Les enfants s’inquiètent en regardant atour d’eux. Mais les apparences sont trompeuses…

    Cap sur Dublin pour la deuxième histoire. Une mère (Charlotte Rampling), attend ses filles Timothea (Cate Blanchett) et Lilith (Vicky Krieps) pour leur thé annuel obligatoire dans sa maison victorienne. Timothea est habillée en chef scoute, Lilith a les cheveux roses. Elle a demandé à sa petite amie de la déposer devant la porte, comme si elle avait pris un Uber. La mère a préparé des gâteaux et des petits fours. Très collet monté, elle se montre plutôt autoritaire. On se fait des politesses. On joue des rôles…  

    A Paris enfin , les jumeaux Skye (Indya Moore) et Billy (Luka Sabbat) se retrouvent pour vider l'appartement de leurs parents, décédés dans un accident d'avion. En regardant de vieilles photos, ils se rendent compte qu’ils ne savaient pas grand-chose sur eux...

    Cette comédie douce-amère, dont les chapitres inégaux sont reliés par des motifs récurrents, comme l’apparition de skateurs lors des trajets en voiture des différents protagonistes, nous semble assez vaine et paresseuse en dépit de son côté poétique. Certes la photographie est belle, on admire la mise en scène et il y a un brin d'humour. Mais cela ne vaut pas le Lion d’or décroché à la dernière Mostra de Venise. A l’évidence, Jim Jarmusch le doit davantage à son illustre nom qu’à la qualité de son travail.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 janvier.

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