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le blog d'Edmée

  • Grand écran: avec "Salut Betty", Pierre Monnard se lance sur les traces du mythe culinaire helvétique

    Notamment auteur du triomphe helvétique Les Enfants du Platzspitz en 2020, trois fois récompensé pour Bisons lors des Prix du cinéma suisse l’an dernier, Pierre Monnard propose un nouveau long métrage, Salut Betty, qui connaît déjà un gros succès chez les Alémaniques. Issu d’une famille 100% Betty Bossi, à commencer par lui-même, comme il l’avoue, le réalisateur fribourgeois s’est intéressé à Emmi Creola-Maag (Sarah Spale), la vraie femme qui se cache derrière le mythe culinaire national.

    Nous sommes dans les années 50. Emmi Creola, une Zurichoise mariée et mère de trois enfants, travaille comme rédactrice dans une agence de publicité, où elle est chargée de promouvoir des huiles alimentaires. Aussi créative que combative, lassée d'écrire toujours les mêmes textes, c’est là qu’elle invente le personnage fictif de Betty Bossi, parfaite ménagère et cuisinière hors pair. Une idée de génie, donnant à Pierre Monnard celle de retracer son parcours et celui de sa créatrice. 

    Avec Salut Betty, le cinéaste brosse le portrait d’une femme, influenceuse avant l’heure, qui a réussi à s’imposer dans un univers masculin, pour ne pas dire macho. A concilier, malgré la fatigue, ses vies professionnelle, familiale et conjugale. Il nous raconte aussi une histoire d’amour. Aux côtés d’Emmi, on découvre en effet son mari Ernst (Martin Vischer), un homme progressiste, qui n’a cessé d’encourager sa femme, n’hésitant pas à partager les tâches ménagères.  

    Entre société s'ouvrant à la consommation et émancipation féminine, Pierre Monnard livre ainsi une sympathique comédie populaire. On en relèvera l’interprétation, l’humour, le soin apporté aux décors et aux costumes. Mais on l’aurait souhaitée plus épicée, en raison de l’étonnante trajectoire de son héroïne. 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 26 novembre.     

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  • Grand écran: "Vie privée", un thriller psychologique porté par la brillante Jodie Foster

    Nouveau long-métrage de Rebecca Zlotowski , Vie Privée raconte l’histoire de Lilian Steiner (Jodie Foster), psychiatre. Quand elle apprend la mort de l’une de ses patientes (Virginie Efira), elle se persuade qu’il s’agit d’un meurtre, et non d’un suicide selon les conclusions policières. Troublée, elle décide de mener sa propre enquête

    Stylisée, l’œuvre à l ’esthétique et aux dialogues soignés, à la mise en scène subtile, mêle thriller psychologique et comédie burlesque, révélant un univers à la Woody Allen assaisonné d’une pointe hitchcockienne. Elle alterne moments d’investigations et scènes oniriques, notamment sous forme  de régressions dans des vies antérieures, des visions d’orchestre pendant l’Occupation, permettant d'explorer la psyché de son héroïne, incarnée par Jodie Foster.

    En fait le film doit à peu près tout à la plus française des actrices américaines, révélée à 13 ans dans Taxi Driver, oscarisée pour Les accusés et Le Silence des agneaux. Elle porte le film avec un naturel désarmant, excellente dans un rôle principal entièrement dans la langue de Molière, le premier depuis Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet en 2004.. 

    Entre humour, contrôle et émotion, Jodie Foster se révèle particulièrement juste et nuancée dans la composition de cette psy déstabilisée, à la fois brillante, fragile et émouvante, Mais aussi mauvaise analyste. paradoxalement peu à l’écoute, certes en quête de vérité, mais avant tout d’elle-même. Ses recherches rocambolesques l’amèneront à comprendre qui elle est.

    A ses côtés on découvre un casting cinq étoiles, dont l’ex-mari attentionné, incarné par Daniel Auteuil, avec qui elle forme un couple complice et touchant. On regrette en revanche la présence anecdotique de Virginie Efira, Mathieu Amalric et Vincent Lacoste.  Par ailleurs, en dépit de son récit à tiroirs, son côté ludique et farfelu, son regard ironique sur la psychanalyse, le film ne parvient pas à véritablement captiver. En raison principalement d’un manque de suspense, dû à un scénario inutilement tarabiscoté.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 26 novembre.

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  • Grand écran: Yorgos Lanthimos de retour avec "Bugania", fable gore délirante entre écologie et apocalypse

    Réalisé par le Grec Yorgos Lanthimos et co-écrit par Will Tracy,  Bugonia est le remake du film sud-coréen Save the Green Planet!, sorti en 2003. Teddy (Jesse Plemons) apiculteur complotiste et frappadingue est convaincu que des extraterrestres nous ont envahis. Avec l’aide de son cousin Don, tout aussi azimuté, il kidnappe Michelle Fuller (Emma Stone), PDD d'une grosse entreprise pharmaceutique. Persuadé qu'elle est une agente andromédienne venue détruire la Terre, le duo la séquestre dans une cave pour l’interroger et lui faire cracher le morceau.

    Délirant, saucé à l’hémoglobine, Bugania oscille entre gore, science-fiction, thriller psychologique polar déjanté, farce outrancière, conte moral. Et surtout fable écolo-pré-apocalyptique. Le film ouvre et se clôt sen effet sur une abeille qui butine une fleur. Ce qui n’a rien d’anodin. Les abeilles sont une espèce indicatrice et leur disparition constituerait un grave danger pour l’humanité.

    Entre ces deux images poétiques, Yorgos Lanthimos explore avec violence, frénésie macabre et hystérie grand-guignolesque, la théorie du complot, la paranoïa collective et la psychose, sur fond de critique du capitalisme et des multinationales responsables de la destruction planétaire. Il est magistralement porté par l’égérie du cinéaste, Emma Stone, manipulatrice gardant le contrôle, même menottée, martyrisée et le crâne rasé (photo). Son tortionnaire Jesse Plemons se montre à la hauteur en bouffon pitoyable et dégénéré.

    En dépit de l’excellente performance du tandem et même si on retrouve l’univers singulier du créatif Lanthimos, son goût du cynisme, de la provocation, de l’absurde et du grotesque, Bugania tourne un peu en rond et du coup traîne inutilement en longueur.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 26 novembre.

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