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le blog d'Edmée - Page 190

  • Festival de Locarno: Giona A. Nazzaro, nouveau directeur artistique

    unnamed.jpgGiona A. Nazzaro prend la direction artistique du Festival du film de Locarno. Il a été choisi à l'unanimité, a annoncé le président du Festival, Marco Solari, lors d'une conférence de presse jeudi.

    «Le Conseil d'administration a trouvé en Giona A. Nazzaro une personnalité qui reflète les contours artistiques du Locarno Film Festival. Des compétences solides, une connaissance pointue de la manifestation, un regard tourné vers l’avenir, en parfaite adéquation avec l’indispensable innovation numérique de notre Festival, et un profil international doublé d’un lien privilégié avec la Suisse et le Tessin », a déclaré Marco Solari.

    Bien connu dans le milieu, Giona A. Nazzaro succède à la Française Lili Hinstin, qui avait provoqué une grosse surprise en annonçant soudainement son départ le 24 septembre dernier, après deux ans seulement, en raison de «divergences stratégiques».

    A l’époque ni elle ni Marco Solari n’avaient souhaité commenter la chose. On n’en a pas appris davantage aujourd’hui, au-delà du fait que le président, tout en évoquant un "douloureux divorce", l'a remerciée pour avoir permis le développement artistique du festival. 

    Délégué général de la Semaine internationale de la Critique de la Mostra de Venise depuis 2016 et membre du comité artistique du Festival international du film de Rotterdam (IFFR), Giona A. Nazzaro est né à Zurich en 1965 et a étudié en Suisse. Il a toujours entretenu une relation étroite avec le festival, où il a déjà joué les modérateurs. Il a écrit et dirigé des ouvrages consacrés à de grands cinéastes comme Gus Can Sant, Spike Lee et Abel Ferrara.

    Diplômé en langue et littérature allemande et anglaise, le nouveau pilote du festival tessinois a été programmateur et membre du comité de sélection de Visions du Réel à Nyon de 2010 à 2020. Il a introduit la recherche sur le cinéma de Hong Kong et conduit une réflexion sur les nouvelles stratégies narratives des séries télévises. Passionné par l'influence des nouvelles technologies sur le cinéma et les arts, ce journaliste de formation collabore avec de nombreux médias italiens et internationaux. 

    Giona A, Nazzaro entrera en fonction le 1er janvier prochain, tout en travaillant dès maintenant aux côtés de Nadia Dresti, assurant par intérim la direction artistique jusqu’à la fin décembre et qui restera, dans l'immédiat responsable de la coordination de Locarno Pro. Annonçant qu’il habiterait désormais Locarno, Nazzaro a dit son émotion, son honneur et son bonheur d’être nommé à la tête d’un festival défenseur, dès sa création, du cinéma d’auteur et de qualité, oeuvrant tel un laboratoire d'idées d'une vitalité extraordinaire. Séduit par la magie de la Piazza Grande d'où tout doit repartir, il s’attellera à relever le défi consistant à créer un dialogue aussi large que possible avec tous les publics.

    La 74e édition du Locarno Film Festival se tiendra du 4 au 14 août 2021.

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  • Grand écran: Alex donne tout pour être Miss France dans un conte de fées luttant contre l'intolérance

    Miss.jpgAlors que beaucoup de petits garçons ont envie de devenir super-héros, footballeur, pompier ou policier, Alex, 9 ans, n’a qu’une idée en tête: être élu Miss France. Quinze ans plus tard, il a perdu ses parents, navigue entre les genres, errant comme une âme en peine dans sa vie monotone. Une rencontre imprévue va réveiller son rêve oublié. Il décide donc de participer à la célèbre compétition en cachant son identité civile masculine.

    Sept ans après le succès de La cage dorée, Ruben Alves nous plonge, avec Miss, dans les coulisses de l’impitoyable concours. Il suit, jusqu’au grand soir, les différentes étapes du parcours mouvementé et improbable de ce jeune homme qui veut devenir quelqu’un. Ce n’est pas une sinécure, mais Alex va tout donner pour remporter ce titre, pour lui si important dans la quête de sa féminité, de lui-même de sa place dans le monde. Il est aidé dans sa folle entreprise par la famille de coeur pour le moins singulière et pittoresque qu’il s’est choisi. Elle est notamment composée de Thibault de Montalembert méconnaissable en travesti caustique officiant au Bois de Boulogne, Isabelle Nanty, et Pascale Arbillot.

    Ce conte de fées en forme de recherche identitaire qui joue avec les codes, lutte contre l’intolérance avec drôlerie, émotion et tendresse. Si le réalisateur évite le militantisme, il se laisse aller à quelques clichés et situations un rien caricaturales. Mais l’ensemble est bien tenu, porté de surcroît par des comédiens convaincants.

    Le rôle principal a été confié au sublime, lumineux et parfaitement crédible Alexandre Wetter, à rendre jalouse certaines candidates. Le comédien androgyne, débutant sur grand écran, avait déjà défilé en femme pour Jean-Paul Gaultier en 2016. 

    "Je veux inciter les gens à vivre leurs rêves"

    Cela faisait longtemps que Ruben Alves avait envie de traiter de questions de genre, de transidentité, mais ne trouvait pas le bon moyen pour amener le grand public à rentrer dans l’histoire. Il ne voulait pas non plus faire un film à sujet. Après plusieurs années, il rencontre Alexandre Wetter, qu’il a repéré grâce à ses photos sur son compte Instagram.

    «Il m’a bluffé, c’est lui qui m’a donné l’idée du film», nous raconte le réalisateur de passage récemment à Genève en compagnie de son comédien. «J’ai commencé à écrire après être allé voir le Comité Miss France. Je n’aurais jamais imaginé être aussi bien reçu. Sylvie Tellier n’a pas hésité à me donner son aval. Et pendant un an, j’ai suivi le concours des Miss régionales».

    Avec cette fable libératrice traitant de l’acceptation de soi, qui interroge la notion de féminité, Ruben Alves évoque notamment une histoire concernant un ami. «Plus généralement je m’adresse à tous ceux qui se sentent en marge, différents dans une société trop normée, mais aussi à tous les autres . En amenant une certaine légèreté. Le fait qu’un sujet dramatique doit imposer de l’être me dérange. Et je veux surtout inciter les gens à vivre leurs rêves ».

    Côté comédien, si Alexandre Wetter était son premier choix, le cinéaste a tout de même fait d’autres essais, histoire de lui mettre la pression. Ce qui a poussé l’intéressé, qui voulait absolument le rôle à aller brûler un cierge… «Ce personnage me passionnait. Il me ressemble beaucoup et en même temps, pas du tout. J’ai aimé le jouer. Au départ j’avais peur de ne pas être légitime. Petit à petit, j’ai pris le pouvoir. Ce fut une aventure intense, riche en émotions».

    Le plus difficile pour lui, au-delà de désapprendre son exploration précédente de la féminité (mannequin pour Gaultier) a été de porter des talons hauts et de s’endurcir physiquement. «J’ai perdu dix kilos, j’ai fait énormément de sport. De la barre au sol, de la corde à sauter».

    Parfait en Miss, Alexandre Wetter, dont le propre rêve d’enfant était d’être Indiana Jones, a d’autres envies sur grand écran. «J’adorerais interpréter un tueur à gages, un salopard, aller au-delà de moi-même, faire des cascades. Et puis peut-être qu’un jour je pourrai écrire, réaliser…»

    En ce qui concerne Ruben Alves, une bonne nouvelle. Il n’y aura pas besoin d’attendre de nouveau sept ans pour voir son prochain film. Il est déjà en train de plancher sur une satire de la consommation.

    « Miss », à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 octobre.

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  • Grand écran: "A Perfectly Normal Family" face à la transidentité. Un drame attachant, porté par d'excellents comédiens

    perfectly-normal-family-1600x711.jpgUn père Thomas, une mère, Helle, deux filles, Caroline 14 ans et Emma 12 ans, forment une famille aimante, heureuse, apparemment parfaite. Jusqu’à cette double révélation choc en plein repas du soir: Thomas deviendra une femme, s’appellera désormais Agnete et Helle va demander le divorce.

    Des annonces dures à digérer pour les deux sœurs, surtout pour la petite, Elle ne comprend pas, elle ne veut pas de ce changement brutal qu’elle va avoir du mal à vivre, notamment face aux quelques sarcasmes sexistes dont Thomas/Agnete sera au début inévitablement l’objet. 

    Passée derrière la caméra avec A Perfectly Normal Family, l’actrice danoise Malou Reymann livre une histoire inspirée de sa vie personnelle, son père ayant décidé de changer de sexe, alors qu’elle avait 11 ans. Elle a choisi de raconter l’histoire de ce père transgenre en adoptant le point de vue des enfants, surtout celui de la cadette, plus fragile que la grande, se plaçant à hauteur de la fillette qu’elle était.

    Tout en offrant une vision sobre et intelligente de la transidentité en évitant la fiction à thèse, optant pour un ton assez léger en sondant les émotions et le vécu de chaque personnage, elle se concentre plus particulièrement sur la relation entre Emma et son père.

    Révélation d'une actrice

    Prônant la tolérance, donnant l’image d’un quotidien à la fois banal et extraordinaire,  Malou Reymann signe un drame attachant. Juste, prenant, plein de délicatesse et d’humanité, traversé de situations comiques ou décalées en dépit de la gravité de la situation, il est de sucroît porté par d’excellents comédiens.

    A commencer par Mikkel Boe Følsgaard, dont la performance est d’autant plus notable qu’il n’est pas un acteur trans. La réalisatrice voulait en effet quelqu’un qui puisse jouer indifféremment un homme et une femme. Quant à la jeune Kaya Toft, dans le rôle d’une Emma à fleur de peau, elle impressionne en nous offrant toute une gamme de sentiments, passant de l’incompréhension à la colère et à la honte. Remarquable, c’est la révélation du film.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 28 octobre.

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