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le blog d'Edmée - Page 191

  • Grand écran: "The Assistant" dénonce le harcèlement dans le système pourri d'une société de films

    The-Assistant.jpgNew-York à l'aube. Jane (Julia Garner) prend un taxi pour se rendre dans l’importante société de films où elle travaille depuis quelques semaines. En principe assistante, cette jeune femme surdiplômée qu’on va suivre durant toute une journée, est surexploitée par un patron exigeant, harceleur, colérique et inaccessible. Dont elle observe par ailleurs les allées et venues de ses différentes relations.

    Après avoir pris un café, elle vaque assez machinalement à ses tâches quotidiennes. Et pour cause. Bien peu exaltantes, elles consistent à allumer les ordinateurs, préparer les salles de réunion, imprimer des documents pour des collègues moqueurs, gérer les réservations, ranger les bureaux, ramasser les miettes et les gobelets qui traînent après une réunion, voire pire… accompagner une trop jeune femme pour un «entretien» avec le boss dans un hôtel, répondre au téléphone à une épouse jalouse et hystérique.

    La loi du silence

    Jane finira par se plaindre mais cela ne lui servira à rien sinon de se voir signifier sa profonde ingratitude après avoir été choisie parmi des centaines de candidats. Ce qui prime, c’est la loi du silence, l’impossibilité, la complicité passive ou tout simplement la crainte de dénoncer les multiples abus d’un petit baron immoral et invisible, car incarné par une voix au téléphone derrière une porte fermée.

    The Assistant de l'Australienne Kitty Green dont on relèvera la quasi absence de dialogues, résonne évidemment fortement dans l’actualité, l'affaire Weinstein ayant servi de point de départ au film. Il repose de bout en bout sur les épaules de Julia Garner. A la fois calme et obstinée, elle se révèle excellente dans le rôle rebutant de cette assistante bonne à tout faire dont on sent l’isolement, le manque de soutien et l’écoeurement, en découvrant un système pourri qu’on accepte ou qu’on quitte. Un univers glauque aliénant, très éloigné de ses rêves de productrice. Et dans lequel, au-delà des humiliations subies, elle a au moins une chance. Comme on le lui fait remarquer, elle n’est le genre du patron. Edifiant! 

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 21 octobre.

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  • Grand écran: "Adieu les cons", tragi-comédie grinçante, rageuse, absurde et romanesque

    Albert-Dupontel-Adieu-les-cons-e1603631442382.jpgSuze Trappet, 43 ans, coiffeuse intoxiquée par 20 ans d’usage de laque et autres produits nocifs dans son salon, apprend qu’elle n’en a plus pour très longtemps. Elle décide alors de retrouver l’enfant qu’elle avait été forcée d’abandonner lorsqu’elle avait 15 ans.

    Venue réclamer son dossier d’accouchement sous X, elle va croiser JB, fonctionnaire obsessionnel et geek quinqua, injustement évincé par un plus jeune et qui rate son suicide dans le bureau d’à-côté. Ces deux éclopés vont se lancer dans une quête aussi folle qu’improbable, aidés par un archiviste aveugle incollable sur la question et un obstétricien sénile.

    Après Au revoir là-haut, pamphlet politico-poétique, Albert Dupontel, revient avec Adieu les cons, tragi-comédie mélancolique, formidablement portée par lui-même, Virginie Efira et Nicolas Marié. Prenant la défense des écorchés et des laissés-pour-compte, s’attaquant à un monde déshumanisé et cynique qui transforme les gens en robots complaisants, Albert Dupontel livre une comédie engagée, grinçante, amusante, absurde, émouvante.

    A la fois mélo romanesque et pamphlet rageur à l’image d’un Dupontel irascible, le film séduit par sa mise en scène, son rythme, son énergie et ses trouvailles visuelles. Pas grand-chose à reprocher, sinon quelques gags répétitifs et, vers la fin, une scène inutilement interminable dans un ascenseur. Mais voilà qui ne va de loin pas décourager les fans de l'auteur.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 21octobre

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  • Grand écran: "Sous la peau" suit trois ados en quête de leur véritable identité

    sous-la-peau.jpgAprès une première sortie gâchée, voire annulée en mars dernier  pour cause de  coronavirus, Sous la peau, du Genevois Robin Harsch, revient dans les salles. Le documentaire raconte l'histoire d'Effie Alexandra, Söan et Logan nés dans le mauvais corps. Avec des attributs qui ne correspondent pas à ce qu’ils sont. 

    Pendant plus de deux ans, l’auteur, se mettant à la place du spectateur, du parent ou du jeune qui se pose une foule de questions, a suivi ces trois adolescents sur le long et douloureux chemin de la transition, le grand bouleversement  qu’elle provoque chez eux, leurs parents, les difficultés qu’elle entraîne à l’école et dans la société.

    Mais il est surtout question d’une quête de leur véritable identité. De cette identité enfouie au plus profond de chacun d’eux. «Aujourd’hui on parle de LGBTI, mais il  n’y a pas, dans l’alphabet, suffisamment de lettres pour décrire toutes les différences de l’humanité», explique Effie, qui ne s’est jamais senti un garçon. «J’étais une fille avec des organes génitaux différents. Je dirais même que j’avais un pénis de fille et que peut-être il allait tomber un jour. Je suis libre depuis que j’ai des seins. Mon corps m’appartient.»

    «Dès que j’arrivais, on me disait “T’es un garçon ou t’es une fille ?” remarque Söan. « Que ça, tout le temps… Du coup, il y a un moment où j’ai basculé à l’opposé. Je me maquillais, j’avais un sac à main… Ce que je ne ferais plus jamais de ma vie aujourd’hui… » Pour Logan, c’est juste le haut qui le dérange beaucoup. «Comme une prison que t’as envie d’arracher.».

    Auteur de plusieurs courts métrages et de documentaires pour la télévision, Robin Harsch, 42 ans, s’est lancé dans l’aventure par hasard. En 2015, une amie lui parle de la création du Refuge à Genève, un centre qui permet à des adolescents LGBTIQ+ de venir parler de leurs problèmes en lien avec leur préférences sexuelles ou leur identité de genre. Il s’est alors dit que cela ferait un bon thème.

    Il a vu plusieurs gays, mais aucun ne voulait être filmé à visage découvert. «J’ai donc laissé tomber le projet et décidé, deux ans plus tard, de me concentrer sur les trans, grâce à Effie Alexandra qui avait envie de parler. J’ai ensuite rencontré Söan et Logan »… (Voir la suite de l’interview du réalisateur dans notre note du 8 mars.)

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 21 octobre.

     

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