Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

le blog d'Edmée - Page 189

  • "Nuestras Madres", poignant travail de mémoire pour rendre justice à tout un peuple

    Le film devait se retrouver en salles en avril dernier. Mais coronavirus oblige, son réalisateur César Diaz a accepté une sortie sur des plateformes. Nous sommes au Guatemala, en 1918. Le pays vit au rythme des procès militaires à l’origine d’une guerre civile de 36 ans qui a fait des ravages, surtout  parmi les populations indigènes. Alors que les témoignages de femmes victimes de sévices subis s’enchaînent, Ernesto, anthropologue trentenaire auprès d’une fondation médico-légale privée, travaille sans relâche à l’identification des disparus pour les remettre à leurs familles.

    Un jour, une vieille paysanne descendue de ses montagnes vient lui demander d’entreprendre des fouilles dans un lieu où elle est persuadée que se trouvent les restes de son mari, mort à la suite d’un raid sanglant. Sur la photo qu’elle lui montre, Ernesto croit découvrir son père, guérillero lui aussi disparu, qu’il n‘a jamais connu.  Contre l’avis de sa hiérarchie et de sa mères, le jeune homme se plonge corps et âme dans la recherche de la vérité et de la résilience. 

    Avec cette première œuvre, Caméra d’or au Festival de Cannes en 2019, César Díaz livre, à travers la quête mi-personnelle d’Ernesto, un travail de mémoire important, poignant, nécessaire, critique. Il rend à un peuple traumatisé par le massacre de plus de 100.000 personnes et la disparition de dizaines de milliers d’autres, une justice que les autorités sont réticentes à lui accorder. 

    L’auteur nous immerge dans une œuvre apparemment modeste, mais tirant sa puissance de la force qu’elle dégage. Nuestras Madres est dédié à toutes ces femmes, mères et filles qui ont toujours refusé de se taire en dépit du mal à se faire entendre.

    Nuestras Madres de César Diaz , en VOD sur filmingo.ch depuis le 22 décembre. 

    Lien permanent Catégories : Cinéfil
  • Mort de Claude Brasseur, un grand du cinéma français amoureux du théâtre

    Grande figure du cinéma français, représentant la fin d’une génération,  Claude Brasseur, fils de Pierre Brasseur et Odette Joyeux qui se sont séparés après sa naissance, filleul d’Ernest Hemingway, est mort mardi. Il avait 84 ans. Parti rejoindre Jean-Pierre Marielle,  Jean-Loup Dabadie,  Guy Bedos récemment décédés, ainsi que Caroline Cellier qui nous a quittés le 15 décembre dernier, il reposera aux côtés de son père au cimetière du Père-Lachaise à Paris. 

    Dans une longue carrière riche de 110 films où il alternait les genres, cet acteur populaire au regard pétillant, bon vivant,  noctambule, bougon à l’occasion, dur à cuire au cœur tendre, gros amateur de sport automobile, a tout joué.de Sganarelle au vacancier Jacky Pic férocement accroché son emplacement dans Camping, en passant par empereur, chef de la police ou dentiste. Il a collaboré avec les plus grands, Georges Franju, Marcel Carné, Jean Renoir, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Costa-Gavras.   

    Remarqué en 1974 dans Les seins de glace, il remportait trois ans plus tard le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Un éléphant ça trompe énormément d’Yves Robert et décrochait celui du meilleur rôle pour La guerre des polices de Robin Davis. Son nom restera par ailleurs associé à François Beretton, le père de Sophie Marceau dans La Boum de Claude Pinoteau. Il a tourné en 2018 son dernier long métrage, Tout le monde debout, réalisé par Franck Dubosc. 

    Claude Brasseur doit aussi sa notoriété à la télévision, incarnant en 1965 Rouletabille dans Le mystère de la chambre jaune et surtout, en 1971, Vidocq, qui a marqué des générations. Mais il était surtout un amoureux du théâtre. Une passion qui ne l’a jamais quitté depuis son début sur scène à l’âge de 19 ans dans Judas de Marcel Pagnol. 

    On le verra ensuite dans plus de trente pièces mises en scène par Roger Planchon, Jean-Pierre Grenier, Marcel Bluwal ou Bernard Murat. Pour lui ce n’était pas du travail. Et le théâtre était plus marrant que la réalité comme il l’avait confié lors d’une interview à Europe 1. «Ca peut paraître prétentieux, mais ça ne l’est pas, je vous jure. Je jouais déjà bien  la comédie quand j’étais enfant. Mais il a fallu que j’attende d’avoir 70 ans pour jouer la comédie comme un enfant... »

     

    Lien permanent Catégories : Cinéfil
  • Emotion mondiale après la mort de Diego Maradona, qui fut aussi un héros de cinéma

    Diego-Maradona.jpgUn génie éternel. Voici en résumé la teneur générale des hommages qui se sont multipliés partout dès l’annonce de la mort, à 60 ans, mercredi 25 décembre, de Diego Maradona. Le champion du monde 1986 a succombé à une crise cardiaque, dans la banlieue de Buenos Aires, alors qu’il récupérait chez lui de son opération d’un hématome à la tête début novembre. L’Argentine a décrété un deuil national de trois jours dans le pays en larmes, qui perd sa célébrité adorée.

    Mais l’icône a fasciné bien au-delà du ballon rond. A cet égard, on vous recommande Diego Maradona, d'Asif Kapadia, projeté aux festivals de Cannes et de Locarno et sorti en salles en août dernier. Le réalisateur se penche sur le destin hors norme, tumultueux, du footballeur le plus mythique de la planète. 

    La folle période du surdoué du crampon

    Pour mieux brosser le portrait de ce fils d'un bidonville de Buenos Aires qui n’a cessé d'alimenter la chronique avec son talent et ses triomphes, de faire le buzz entre provocations, excès et scandales, le cinéaste britannique se concentre plus particulièrement sur la folle période napolitaine du surdoué du crampon. Elle va de 1984, date à laquelle il débarque à Naples, et 1991, début de la décadence.

    Asif Kapadia évoque les rapports passionnels de Maradona avec des gens qui le vénéraient comme un dieu. Pas difficile d'en imaginer la raison. Pendant sept ans, le numéro 10 met le feu au terrain, menant son club, le SSC Napoli, en tête du championnat pour la première fois de son histoire. Sauvant ainsi l’honneur de cette ville pauvre et méprisée. Les tifosi chavirent, la fête dure encore et encore.

    Sexe, drogue et mafia

    Car le miracle se reproduit pour le nouveau roi de Naples qui, tant qu’il en accomplissait, pouvait tout se permettre. Mais s’il a connu l'apothéose, il a aussi vécu l'inverse, passant du statut de messie à celui de brebis galeuse, entretenant des relations troubles avec la mafia qui le fournit en filles et en drogue. Une addiction qui sera l’une des causes de la descente aux enfers de Diego, piégé par le star system.

    Bientôt tous se détournent de lui. La ville, le club, les tifosi et même la Camorra pour qui il devient gênant. Sans compter l’humiliation suprême infligée par le mythe, En 1990, l’équipe argentine emmenée par Maradona gagne contre l’Italie en demi-finale de la Coupe du monde. Un match programmé au stade San Paolo de Naples qui l’avait sacré six ans plus tôt. L’affront ne lui sera jamais pardonné.

    Oscillant entre le génie de Maradona, sa fantastique science du jeu, et les fêlures de Diego, le documentaire réalisé à partir de plus de 500 heures d’images inédites issues des archives personnelles du footballeur, est passionnant. Comme il sait si bien le faire, Asif Kapadia rend hommage à l’une des légendes alors vivantes du sport, à son parcours extraordinaire, en le montrant de l’intérieur. Un voyage propre à captiver tout le monde, du super spécialiste au béotien.

    A revoir aussi Maradona par Kusturica (2008). Il nous plonge dans une discussion entre  la légende argentine et le réalisateur serbe, l’un de ses plus grands fans.

     

     

    Lien permanent