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Sorties de la Semaine - Page 321

  • Cinéma: "Inside Llewyn Davis", la virée folk des Coen à Greenwich Village

    the-title-character-of-inside-llewyn-davis-mdash-and-the-cat-thats-not-actually-his[1].jpgAvec Inside Llewyn Davis, les frères Coen opèrent une plongée dans le New York musical des sixties, avant Bob Dylan, pour évoquer une semaine de la vie d’un jeune chanteur folk. Habité par sa passion et ses rêves, il débarqué guitare à la main dans Big Apple pour tenter sa chance. Aide de quelques amis, il survit en se produisant à Greenwich Village et en acceptant n’importe quel job.

    Mais l’hiver est rude et les obstacles insurmontables pour le malheureux Llewyn, dont l’aventure commence par un douloureux passage à tabac. Galères, tribulations et désillusions se succédent pour notre loser errant de bars en clubs plus ou moins déserts, jusqu’à une improbable audition pour le géant de la musique Bud Grossman. Avant d’être rendu à son anonymat...

    A travers le portrait de cet homme, prétexte à un hommage nostalgique, émouvant, un peu triste, un rien déjanté mais très drôle, les Coen portent un regard critique sur un monde mercantile imperméable à la créativité et au talent. Tout en déclarant leur flamme à la musique en particulier et à l’art en général.

    Cette histoire originale, servie par une remarquable photographie, révèle par ailleurs un formidable acteur, Oscar Isaac, dans le rôle de ce musicien à la fois doué, pleurnichard, maladroit, insupportable par moments. Lui donnent la réplique Carey Mulligan et Justin Timberlake, qui a mis sa griffe musicale en retravaillant notamment quelques morceaux traditionnels. 

    Un chat nommé Ulysse

    A noter qu’à part eux, on trouve une autre star en la personne d’un chat roux nommé Ulysse qui ne cesse de s'enfuir, au grand dam de Llewyn qui s'escrime à le rechercher (photo). Un clin d’oeil joliment " homérique" pour cette odyssée américaine en forme de comédie burlesque, peuplée de personnages loufoques et aux dialogues souvent irrésistibles.

    Le tout sur fond de gags, de chansons, d’humour noir, d’introspection et de quête existentielle  pour le protagoniste principal au comportement autodestructeur. Rappelons qu'Inside Llewyn Davis, en compétition à Cannes en mai dernier, avait décroché le Grand Prix du jury vingt ans après la Palme d’Or remportée par les deux frères pour Barton Fink.

    Film à l'affiche dans les salles romandes dès mercredi 6 novembre.

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  • Cinéma: "Blood Ties", l'aventure américaine de Guillaume Canet

    blood-ties-clive-owen-mila-kunis-600x400[1].jpgDécidément, je me demanderai toujours pourquoi des réalisateurs s’obstinent à jouer les copistes. Après nombre de ses confrères, c’est Guillaume Canet qui s’y colle, reprenant Les liens du sang de Jacques Maillot pour concocter un remake tourné aux Etats-Unis, co-écrit avec James Gray et intitulé Blood Ties. Histoire, pour le cinéaste césarisé grâce à Ne le dis à personne de montrer qu’il peut faire son trou outre-Atlantique.

    Nous sommes donc à New York en 1974. Après plusieurs années derrière les barreaux suite à un règlement de comptes sanglant, Chris la cinquantaine séduisante est libéré pour bonne conduite. Franck son jeune frère flic est venu le chercher. Espérant qu’il a changé, il veut lui donner une nouvelle chance, en dépit d’une rivalité nourrie par la préférence que leur père a toujours eue pour son aîné. 

    Les choses semblent sur la bonne voie. Chris trouve du travail, renoue avec ses enfants et son ex-femme, en rencontre une autre…Mais hélas malfrat un jour, malfrat toujours. Son passé le rattrape et il replonge dans les eaux troubles de la pègre. Trahi dans sa confiance, Franck ne veut plus en entendre parler, quitte la police et s’installe avec l’ex-compagne d’un dangereux criminel. Mais c’était compter sans les indéfectibles liens du sang…

    Guillaume Canet avoue avoir passé quatre ans de sa vie pour parvenir à réaliser Blood Ties. Dommage que le résultat ne vaille pas les efforts consentis. Dans sa tentative de livrer un thriller à la Scorsese le réalisateur propose un polar façon seventies, certes louable dans sa reconstitution de l’époque, mais laborieux, appliqué, convenu. Et interminable.

    Côté casting, on a droit à Cive Owen, Mila Kunis (photo), Billy Crudup, James Caan, qui font ce qu’ils peuvent pour élever le niveau. Ce n’est pas le cas de l’inévitable Marion Cotillard. Mère de deux enfants, accro à la drogue et réduite à faire la pute, elle n’a sans doute jamais été aussi mauvaise.

    Film à l’affiche dans les salles romandes dès mercredi 30 octobre. 

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  • Cinéma: Valeria Bruni Tedeschi se raconte dans "Un château en Italie"

    critique-un-chateau-en-italie-de-valeria-bruni-tedeschi,M110968[1].jpgAprès Il est plus facile pour un chameau...et Actrices, Valeria Bruni Tedeschi livre le troisième volet avec Un château en Italie, toujours largement imbibé de son histoire familiale. Seule femme prétendante à la Palme d'Or cannoise de mai dernier, elle avait été assez logiquement boudée au palmarès.

    Fofolle, loufoque, volontairement choquante, limite hystérique parfois, Valeria alias Louise raconte la maison, le déracinement, sa mère avec qui elle entretient une relation tumultueuse, la perte de son frère adoré décédé du sida en 2006. Une maladie dont il lui a été longtemps pénible de parler.

    Le tout se déroule sur fond à la fois fantaisiste, triste et burlesque d’un monde qui se termine et d’un amour qui commence avec Nathan. Un garçon qui a presque vingt ans de moins qu’elle et dont elle veut désespérément un enfant pour donner à la fois une réponse à l'angoisse de la mort et un sens à son existence.

    Valeria a écrit le scénario avec ses deux complices de toujours Noémie Lvosky et Agnés de Sacy qui, à son image, s’inspirent de la réalité qui les entoure. Toutes trois mettent leur patte, leurs idées, leur imaginaire, leur vision des choses dans cette autopsie d’une famille en crise où se mélangent le réel et le faux, mais qui se veut un cri de vérité. 

    Pas de Carla dans le tableau

    Disons-le tout de suite, sa célèbre sœur Carla, ex-mannequin et chanteuse, n’apparaît pas dans le tableau. Pas de secrets révélés donc sur l’épouse de Nicolas Sarkozy. Ou l’ancien président. Pour la réalisatrice récemment rencontrée à Genève, "Carla n’est pas présente car je voulais raconter l’histoire d’un frère et d’une sœur. La présence d’une autre sœur aurait brouillé le couple". Il faudra se contenter de cette explication un rien sibylline.

    Lorsqu’on lui demande si elle a éventuellement cherché à régler quelques comptes par le biais de cette biographie nombriliste pus ou moins autofictionnelle, aux allures de comédie romantico-dramatique où le drôle alterne avec le tragique, Valeria s’en défend. "Je ne règle pas beaucoup de comptes dans ma vie. Je me confesse, j’avoue des choses. Comme si j’enlevais un voile"

    A l'instar de ses deux films précédents, elle s’entoure de ses proches, faisant jouer Louis Garrel son compagnon d’alors (photo) et sa mère, Marisa Borini, à qui elle a réservé des scènes parfois cruelles. "Elle aime beaucoup tourner. C’est une vraie Rolls. Elle se montre très naturelle. Et comme c’est une pianiste accomplie, elle est également très concentrée",

    La cinéaste aime l’humour. «C’est très agréable. Le rire vous donne de l’oxygène. Il permet non seulement de parler de choses graves mais de les supporter. Ainsi que notre condition humaine. J’essaye d’en faire bon usage dans mon travail. Ce travail, dont elle dit qu’il la rend libre. "Dans la vie je me sens coincée".

    Film à l'affiche dans les salles romande dès mercredi 30 octobre.

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