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  • Grand écran: avec "Las Corrientes", Milagros Mumenthaler jette un regard singulier sur une femme énigmatique

    Le film commence par une succession de scènes muettes où on découvre Lina, grande styliste argentine de 34 ans (Isabel Aimé Gonzales-Sola). Elle assiste à Genève à une soirée où elle reçoit un prix prestigieux. Se réfugiant dans les toilettes, elle le balance immédiatement à la poubelle, avant de quitter la réunion et de se mettre à courir dans les rues. Saisie d’une impulsion tragique, elle se jette à l’eau du pont du Mont-Blanc, mais en ressort indemne.

    Rentrée à Buenos Aires, elle ne dit rien à personne sur cet incident et retrouve son rôle de mère, d’épouse, de cheffe d’entreprise. Pourtant quelque chose a imperceptiblement changé en elle, une sorte de dérive intime qui commence à fissurer son quotidien. Son geste soudain, apparemment inexplicable, réveille un passé qu’elle semblait avoir enfoui.   

    La réalisatrice helvético-argentine Milagros Mumenthaler avait décroché en 2011 le Léopard d’or locarnais pour Abrir portas y ventanas, un premier film original racontant l’histoire de trois sœurs qui, chacune à sa manière, cherche à combler l’absence d’une grand-mère décédée. Avec Las Corrientes (les courants en français), l’auteure jette un regard singulier sur une femme mystérieuse, énigmatique, pleine de secrets, habitée par des pulsions de mort. Tout en explorant les thèmes de la santé mentale, de la maternité et de la réussite. A l’image du jeu minimaliste de son héroïne, ce film psychologique épuré privilégie les silence et les non-dits, à la démonstration narrative.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mars.

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  • Grand écran: foisonnant et chaotique, "The Bride!" redonne vie à la fiancée de Frankenstein

    Depuis le premier court-métrage de 1910, le mythe n’a cessé d’inspirer les cinéastes. Et c‘est loin d’être terminé. Il y a six mois sortait Frankenstein, l’adaptation plébiscitée de Guillermo Del Toro, candidat à l’Oscar, tandis que Maggie Gyllenhaal propose, avec The Bride!, une relecture féministe, punk, moderne et iconoclaste de La Fiancée de Frankenstein, version culte réalisée en 1935 par James Whale. C’est dire l’énorme influence de Mary Shelley, depuis la parution de son roman fantastique en 1818, consacré à sa créature contre nature.  

    Comme pour le prouver, le film s’ouvre sur la romancière dans une séquence en noir et blanc. On se retrouve ensuite dans le Chicago des années 30. Enveloppé d’un manteau, coiffé d’un chapeau, le visage dissimulé par un foulard, le monstre (Christan Bale), se rend chez le Dr Euphronius, (Annette Benning). Infiniment triste, rongé par la solitude et des besoins sexuels inassouvis inédits(!), il demande à la scientifique visionnaire de lui créer une compagne.

    Ensemble, ils vont déterrer le cadavre d’Ida (Jesse Buckley), une jeune femme assassinée par des mafieux, que le Dr Euphronius ramène donc à la vie. Mais alors qu’elle n’apparaissait que quelques minutes chez James Whale, caméo devenu iconique, elle prend une place centrale dans la fresque mélodramatique et militante de Maggie Gyllenhaal. Moteur de l’intrigue, tatouée de noir près de la bouche, c’est une héroïne puissante, autonome, complexe.  

    Mais son idylle passionnelle avec Frank, commençant par la fréquentation de cinémas pour voir les films de son idole Donnie Reed, ne tarde pas à prendre un tour inattendu et violent, quand son amoureux tue des voyous qui la menacent. Et c’est parti pour une cavale à la Bonnie and Clyde pour New York, où ils finiront criblés de balles par la police, à l'instar des mythiques et criminels amants rebelles.   

    A la frontière des genres, The Bride! mêle récit horrifique, féminisme, révolte sociale, film de gangster, polar, fantastique. L‘ensemble, rythmé par de la techno, est de surcroît émaillé d’hommages à la comédie musicale et au cinéma muet. Mais trop c’est trop. Excessive, foisonnante, rafistolée de partout à l’image de sa monstrueuse créature, cette œuvre chaotique au scénario tarabiscoté et à l’ambiance hétéroclite, n’est pas à la hauteur des ambitions de sa réalisatrice. En dépit de la performance des comédiens, à commencer par Jessie Buckley et d’une séduisante esthétique gothique.  

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 mars.  

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  • Grand écran: "Alter ego", une comédie noire pimentée d'humour noir et de fantastique. Avec Laurent Lafitte

    Alex, quadra chauve grognon, employé modèle marié avec Nathalie (Blanche Gardin) et père d’un petit garçon, mène une vie tranquille et heureuse dans son joli pavillon. Mais son existence bascule à l’arrivée d’Axel, qui s’installe avec sa petite famille dans la maison mitoyenne. Effaré, Axel découvre en effet que son nouveau voisin est son sosie… mais avec une abondante chevelure.  

    Bizarrement il est le seul à remarquer cette ressemblance pourtant criante. Au point de sombrer dans la paranoïa face à ce double trop parfait. Une version idéale de lui que cet homme charismatique, séduisant, affable, étalant ses qualités et ses connaissances, pour le plus grand plaisir de son entourage conquis, mais attisant gravement la jalousie névrotique d’Alex., se sentant de plus en plus déclassé. Quand il se regarde il se désole et quand il se compare, il ne se console pas du tout!   

    Alter ego, réalisé par le tandem Nicolas et Bruno, est porté par Laurent Lafitte. Couronné meilleur acteur aux Césars pour La femme la plus riche du monde, le comédien ne cache pas sa joie et fait le show dans ce dédoublement, qui lui a également valu le Prix d’interprétation masculine au dernier Festival de l’Alpe D’Huez. Sans oublier l’enthousiasme quasi unanime d’une presse française le trouvant à la fois irrésistible et génial. Tout comme elle n’hésite pas à placer cette farce saugrenue, loufoque, pimentée d’humour noir et de fantastique, entre Jacques Tati et Quentin Dupieux.

    C’est un poil exagéré. Après une mise en place longuette jouant sur les prénoms anagrammes, l’emploi dans la même société, au même poste, face à face dans le même bureau, le film change de registre, dans une volonté de surfer sur le surréalisme et la noirceur. En même temps, le procédé du double tend à s’essouffler, vire au redondant et traîne en longueur vers la fin. Sinon bienvenue, totalement inattendue, il faut le relever.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 4 mars.

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