Grand écran: "La beauté de l'âne" raconte l'émouvant retour au Kosovo d'un homme, après un long exil (28/03/2026)
Asllan Gjinovci arrive à Genève dans les années 60. Il a tout laissé derrière lui. Son pays kosovar, sa famille, ses amis, son village de Makërmal, sa maison. Mais après ce long exil, il revient pour quelques jours sur les traces de sa terre natale perdue, pour raviver ce que la guerre n’a pas complètement effacée: ses souvenirs. Il est accompagné de sa fille réalisatrice Dea. Elle ne connaît Makërmal qu’a travers les récits de son père.
L’un d’eux a d’ailleurs donné son titre au film, comme elle l’explique lors d’une interview. "Il s’appelle La beauté de l’âne et s’inspire de la rencontre avec cet animal quand il était enfant, qui l’a beaucoup marqué. Je trouve que l’âne symbolise la poésie, l’enfance, la mémoire et les retrouvailles". Mêlant réalité et fiction, Dea Gjinovci transforme ainsi les souvenirs paternels en séquences expressives et vibrantes, en lui faisant rejouer son enfance sur une scène à ciel ouvert, avec son équipe et les habitants du village.
La cinéaste genevoise avait déjà interrogé notre rapport à l’exil en 2020, avec son captivant Réveil sur Mars. Elle y retraçait l'histoire de la famille Demiri, réfugiés kosovars en Suède, dont les deux filles aînées sont plongées dans un coma profond (le syndrome de résignation), suite au rejet de leur demande d'asile. Avec La beauté de l’âne, Dea Gjinovci signe un nouveau film original, visuellement magnifique. Emouvant, réconciliateur, ce retour au Kosovo évoque avec douceur et sensibilité la guerre, la perte, la douleur, la résilience, la reconstruction. Ainsi que la transmission de la mémoire à travers les générations.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 25 mars.
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