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  • Grand écran: avec "A pied d'oeuvre", Valérie Donzelli propose un captivant drame social. Porté par l'excellent Bastien Bouillon

    Dans son huitième long métrage, la réalisatrice française Valérie Donzelli raconte l’histoire vraie d’un photographe à succès qui laisse tout tomber pour se consacrer à l’écriture et découvre la pauvreté. Le film est adapté du livre autobiographique de Frank Courtès, A pied d'oeuvre, best seller publié en France en 2003. Le rôle principal Paul Marquet (pour Courtès), a été confié à Bastien Bouillon. Acteur cher à Valérie Donzelli, il a collaboré à plusieurs avec la cinéaste, notamment dans La guerre est déclarée. 

    La rébellion de Paul contre un monde qui ne lui convient plus ne plaît pas à tout le monde Surtout pas à son agente (Virginie Ledoyen), loin d’être convaincue de la réussite de son poulain dans la littérature. Cela n’empêche pas Paul de persévérer dans son choix. Il quitte son bel appartement et s’installe dans un cagibi en sous-sol, tout juste meublé d'un lit et d'une table. 

    Mais il doit bien trouver un job en attendant d’accoucher d’un bouquin qui rapporte. Comme il est miraculeusement doué de ses mains, Paul s’inscrit sur une plateforme en ligne de bricoleurs à la demande, Et se livre à divers travaux parfois épuisants chez des inconnus, pratiquant des tarifs de plus en plus bas pour emporter le morceau face à une concurrence féroce. Il s’enfonce dans la précarité, mais ses petits boulots ont l'avantage de lui laisser du temps pour écrire. Et même de rencontrer des gens  intéressants… 

    En faisant du processus artistique une sorte de dépassement de soi,  Valérie Donzelli très inspirée propose un sobre et captivant drame social, en évitant de susciter la pitié pour son héros. Au contraire, elle compose un personnage un peu paumé, fauché, mais opiniâtre, sympathique, voire carrément craquant. Bastien Bouillon, qui a subi une transformation physique impressionnante, a perdu plus de dix kilos pour s'approprier le rôle de manière réaliste. Opération réussie. Le comédien se montre particulièrement crédible dans cet intello, décidé à entreprendre un vrai parcours du combattant pour tenter de percer et gagner sa liberté. Reste à savoir si le chemin choisi sera le bon…

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 4 février.

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  • Grand écran: "L'Engloutie" confronte deux univers dans un village des Hautes-Alpes. Un film intrigant au réalisme magique

    Nous sommes à l’aube du XXe siècle lorsque Aimée (Galatéa Bellugi), une jeune institutrice républicaine, débarque par une nuit de tempête à Soudain, un hameau enneigé d’une vallée isolée des Hautes-Alpes. Portant les valeurs émancipatrices de l’éducation, elle est venue faire la classe durant l’hiver à quatre enfants du village, qui parlent le patois.  Elle se heurtera vite à l’illettrisme, au manque d’hygiène et aux superstitions du coin.

    Avec L'Engloutie, la Française Louise Hémon, formée au documentaire, signe son premier long métrage de fiction magistralement porté par Galatéa Bellugi. L’actrice est habitée par cette femme autonome, insoumise, figure à la fois énigmatique et mystique.

    Initiation aux rituels, aux contes, aux danses

    Au fil de l’intrigue, on la voit plutôt arrogante et croyant tout savoir, s’avancer en terrain hostile. Dans ce huis-clos givré, prétexte à de magnifiques images passant de l’obscurité à l’éblouissement, règnent les lois de la nature, les fantômes et les croyances locales. À l’image de celle du bain, qui va rendre les enfants malades en enlevant la croûte sur la tête qui leur protège le cerveau.  Du coup, ils ne se lavent jamais les cheveux…

    Méfiante, intransigeante, Aimée rechigne à se mêler à cette communauté qu’elle juge arriérée. Mais petit à petit, elle s’initie aux rituels, aux contes, aux fêtes, aux danses, aux fameuses gouchettes, pain trempé flambé à la bougie. Elle est aussi prise d’un vertige sensuel, en voyant deux jeunes garçons, incarnés par Samuel Kircher et Matthieu Lucci, faire l’amour dans une grotte voisine.

    Les codes du western

    En opposant deux mondes, deux systèmes de pensée, Louise Hémon livre un film original, mystérieux, intrigant dont la narration emprunte les codes du western, théâtre des grands espaces et des gens de passage. Un genre que la cinéaste adore, comme elle nous le précise à l’occasion d’une rencontre à Genève.   

    L’Engloutie est situé dans des lieux qu’elle connaît très bien, en ayant l’habitude de les fréquenter depuis toute petite «Mes parents habitent dans les Alpes et j’y vais souvent». Par ailleurs, pour bâtir son scénario, dont l’écriture lui a pris quatre ans, elle a pu s’appuyer sur sa famille maternelle qui compte une lignée d’enseignantes envoyées dans des villages reculés. Ainsi que sur une nouvelle écrite par son grand-père et un article publié par son arrière-grand-tante, elle-même institutrice de montagne.. «Ces textes m’ont été transmis par ma mère. Ils sont à l’initiative du désir du film. La montagne est propice à l’imaginaire. Elle est fascinante, dangereuse. Les personnages sont confrontés au froid de l’hiver, au vent, aux peurs primales».

    Une belle rencontre avec Galatéa Bellugi

    Evoquant également le lâcher prise, une notion importante pour son auteure, L’Engloutie repose sur les épaules de la magnifique Galatéa Bellugi, qui fait corps avec l’œuvre. «Je voyais une sorte de Catherine Mouchet dans Thérèse, pour le rôle d’Aimée. J’ai fait des essais avec Galatéa, j’ai eu un coup de coeur et j’ai cessé le casting au bout de vingt-quatre heures. Elle a éprouvé le même sentiment».

    «Je ne voulais pas une sainte, mais une fille de mauvaise foi, qui se trompe, qui veut tout contrôler, changer le monde», ajoute Louise Hémon. «J’avais envie d’une héroïne d’époque qui ne soit pas une oie blanche politisée, le besoin de voir la jeune femme sensuelle derrière l’uniforme, travaillée par des désirs, des fantasmes, des plaisirs solitaires. Galatéa s’est toujours montrée très enthousiaste. Une belle rencontre».

    Touche-à-tout, Louise Hémon, sans abandonner le documentaire et le théâtre, tient à continuer dans la fiction. «Je vais récrire tout de suite un scénario, à nouveau dans un décor de montagne, mais contemporain. Et j’espère que cela ne me prendra pas quatre ans… »

    «L’Engloutie», à l’affiche dans les salles de Suisse romande, dès mercredi 4 février.

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  • Grand écran: "Le gâteau du président", touchante fable satirique sur la dictature et la misère, dans l'Irak de Saddam Hussein

    Dénonçant le culte dément de la personnalité voué à Saddam Hussein, l’Irakien Hassan Hadi suit une fillette et son copain dans une quête singulière semée d’embûches.

    Irak, 1990. Alors que les Américains bombardent un pays frappé d’une grave crise alimentaire, Saddam Hussein exige que tous ses sujets fêtent comme d’habitude son anniversaire, véritable fête d’État à coups de défilés militaires, de discours télévisés, d’affiches de propagande et de fastueuses offrandes publiques.

    Sous peine d’être dénoncée, voire sévèrement battue en cas d’échec de sa mission, la petite Lamia, 9 ans, est malheureusement tirée au sort par son odieux instituteur pour confectionner un beau gâteau fourré à la crème et le ramener à ses camarades de classe. Son copain Saeed est lui chargé de rapporter des fruits frais.

    Mais comment se procurer la farine, le sucre ou les œufs, lorsqu’on n’a pas le moindre sou en poche? Commence alors pour les deux gamins, surtout pour Lamia accompagnée de son inséparable coq Hindi, une quête aux ingrédients semée d’embûches, chacun d’eux donnant lieu à une aventure plus ou moins dangereuse. Dont une cruelle arnaque et une tentative de viol de la part d’un vieux pervers.

    Fable satirique réussie sur la dictature et la misère sociale, Le gâteau du président était le premier film irakien sélectionné à La Quinzaine des cinéastes et le premier du réalisateur Hassan Hadi. Simple, efficace, filmé à hauteur d’enfant, il évite non seulement tout misérabilisme, mais pimente d’humour les tribulations des deux excellents petits protagonistes. Énergiques, débrouillards, touchants, ils relèvent vaillamment le défi qui leur est posé, en dépit de leur situation plus que précaire. Cerise sur le gâteau, il a décroché la Caméra d’or et Prix du public au dernier Festival de Cannes.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 4 février.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine, Voyage 0 commentaire 0 commentaire