Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

le blog d'Edmée - Page 219

  • Grand écran: "Au nom de la terre" tire la sonnette d'alarme et fait un carton en France. Avec Guillaume Canet

    maxresdefault.jpgAu début des années 80, Pierre Jarjeau, tout juste débarqué des Etats-Unis, hérite de la ferme familiale. Croulant bientôt sous le travail, endetté jusqu’au cou après s’être mis à l’élevage intensif de poulets, Pierre, à bout, tombe dans la dépression et finit par se suicider.

    Avec Au nom de la terre, son premier long métrage, le réalisateur Edouard Bergeon, 37 ans, rend compte de  sa vie, en racontant avec réalisme, émotion, sensibilité, mais sans pathos, l’histoire de Christian, son propre père, mort à 45 ans en ingérant des pesticides. Comme dans le film.

    La fin tragique de cet agriculteur, épuisé moralement et physiquement, dit toute la difficulté, les problèmes, les transformations, les contraintes et surtout la souffrance, la détresse d’un monde en grand danger. Celui des paysans français vulnérables, sous pression, broyés par le système. En 2019, chaque jour, l’un d’eux se suicide.

    Pour incarner ce père décédé il y a vingt ans, l'auteur a choisi Guillaume Canet, qui s’est jeté avec passion dans cette rude aventure aux accents loachiens et au petit parfum de western. Autour de lui, s'est construite une famille crédible, composée de l’actrice belge Veerle Baetens, du jeune Anthony Bajon et de Rufus dans les rôles respectifs de la femme de Pierre Jarjeau, (qui travaille à l’extérieur et s’occupe de la comptabilité de la ferme), de son fils et de son père. 

    5390602.jpg"Je fais bouger les lignes"

    Récemment rencontré à Genève, Edouard Bergeon (photo), journaliste dont la terre colle à ses baskets de Parisien, auteur de sujets de société à la TV, notamment sur le monde agricole, nous en dit plus sur la genèse de l’œuvre qui fait un carton en France.

    "En 2011, j’avais tourné un documentaire Les fils de la terre, où je racontais le terrible combat d’un éleveur, très proche de celui de mon père. Le producteur Christophe Rossignon le voit. Fils et frère de paysan lui-même, il est bouleversé et m’appelle. On se rencontre et il me propose une adaptation. J’ai sauté sur l’occasion et ensemble, on a décidé d’en faire un long métrage de fiction".

    C’est alors que rentre dans l’affaire Guillaume Canet, également très touché par le documentaire. "Lui aussi veut l’adapter mais le mien était déjà en préparation, Très déçu il demande alors qui va jouer. Il se voit très bien le faire. Il me parle de sa jeunesse, il aime les chevaux, faire les foins. Le scénario lui plaît. Il me pousse à aller plus loin dans l’autobiographie. Du coup, je me nourris de tout ce que je connais. Pour moi, c’est plus qu’un film. Je fais bouger les lignes. Il devient un outil, un phénomène".

    Pensez-vous qu’il y aura une prise de conscience?

    Je l’attends. J’ai tout donné en le faisant. J’ai participé à des dizaines de présentations-débats. Je l’ai montré à l’Assemblée nationale, à Emmanuel Macron et à sa femme. Je pense qu’il a été touché. Il a pris quelques engagements. Mais après, il faudra un débat, du soutien.

    En tout cas, le public adhère à fond. Côté entrées, c’est un triomphe.

    J’ai reçu une foule de messages qui me disent, c’est nous, c’est notre vie. Si le film plaît tellement, c’est parce que je ne suis ni dans le jugement ni dans l’accusation. Je travaille sur des choses que je connais, que j’ai vécues.

    Vous pensez aux générations suivantes.

    Au nom de la terre est un coup de poing dans la gueule, mais s’il est dur, il n’appelle que de l’optimisme. Je me bats effectivement pour les nouvelles générations. Pour moi, tout passe par l’éducation, la santé publique. Et l’alimentation. A cet égard la balle est principalement dans le camp des consommateurs qui peuvent changer les choses en achetant des produits de saison, en circuits de proximité. C’est un vrai débat de société.

    Pour Edouard Bergeon, Au nom de la terre n’est qu’un début. Il planche sur un thriller lié aux grands enjeux environnementaux et climatiques et un autre concernant l’alimentation. Il  y a fort à parier qu’on retrouvera Guillaume Canet dans les deux.

    A l’affiche dans les salles de cinéma romandes dès mercredi 6 novembre. 

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine
  • Festival: le GIFF célèbre ses 25 ans avec Xavier Dolan et une foule d'autres stars

    cover_giff_2019_linkdin_4.jpgUn quart de siècle, ça se fête. Et le GIFF (Geneva International Film Festival), au carrefour des genres et des disciplines, lieu d’expériences autour de l’image, du son et des nouvelles formes de narration ne va pas s’en priver pour sa 25e édition. Le cru 2019 s’annonce passionnant, riche de 180 œuvres inédites, dont 60 digitales, réparties entre diverses sections convergentes, mêlant les trois formats.

    Au menu trois compétitions internationales, longs métrages, œuvres immersives et séries, s’alignant chacune pour un Reflet d’or, un cinéma VR à 360 degrés, des avant-premières, des courts métrages, des hommages, des nuits blanches. Le budget de cet incontournable rendez-vous genevois a été augmenté d’un million, sa durée passe de neuf à dix jours, au cours desquels on verra se presser une foule de prestigieux invités.

    A commencer par le Québécois Xavier Dolan, réalisateur scénariste, et acteur, auteur de huit films à 30 ans. C’est le grand invité du festival qui propose une rétrospective de son œuvre, de J’ai tué ma mère à Ma vie avec John.F Donovan (première suisse montrée en clôiure), en passant par Les amours imaginaires, Laurence Anyways ou Tom à la ferme. Le prodige animera une Masterclass le 9 novembre à l’Auditorium Arditi et recevra le Geneva Award, une toute nouvelle récompense maison.

    Cronenberg, Costa-Gavras, Dujardin et les autres

    Autre Canadien célèbre présent, David Cronenberg parlera de la version restaurée de Crash (1966) et recevra le Prix spécial de ce cru 2019. Le Film &Beyond Award qui salue depuis 2014 le travail d’un cinéaste explorant d’autres médiums sera lui décerné au Sud-Coréen Park Chan-wook, l’un des maîtres du nouveau cinéma de genre dans son pays. Les festivaliers pourront notamment revoir, dans des versions remontées, Thirst, ceci est mon sang (2009) et Mademoiselle (2016)

    De son côté le Grec Costa Gavras présentera son dernier long métrage Adults In The Room. Il tiendra conversation, tout comme le Palestinien Elia Suleiman qui montrera It Must Be Heaven. Clotilde Coureau, membre du jury, Albert Serra, Jean Dujardin, Hafzia Herzi ou Jan Kounen se prêteront eux aussi au dialogue.

    Des films très attendus

    Parmi les films très attendus, J’accuse, de Roman Polanski, Le traître de Marco Bellochio Motherless Brooklyn d’Edward Norton, la spectaculaire œuvre immersive The Deserted de Tsai Ming-liang ou encore Proxima d’Alice Winocour, avec notamment Eva Green et Matt Dillon, qui ouvrira le festival.

    Les amateurs seront enfin ravis de retrouver les deux humoristes Marina Rollman et Yvan Marguet qui après s’être attaqués à la poupée Chucky l’an passé, commenteront dans leur style décalé un monument du cinéma muet Le cuirassé Potemkine .

    A noter qu’en parallèle avec le festival, se tiendra du 4 au 8 novembre le Geneva Digital Market (GDM), désormais organisé en association avec Virtual Switzerland. Plus de 90 intervenants sont attendus pour des débats, des rencontres, des showcases ou des soirées de networking.

    GIFF du 1er au 10 novembre. Lieu central La Maison communale de Plainpalais. Pour plus de renseignements info@giff.ch

    Lien permanent Catégories : Culture
  • Grand écran: "Matthias et Maxime", un baiser déroutant et un Xavier Dolan se disant transformé

    matthiasmaxime_credit_photo_obligatoire_shayne_laverdire_1280.jpgAprès Ma vie avec John F. Donovan, première œuvre en anglais descendue par la critique américaine au Festival de Toronto, Xavier Dolan est revenu sur ses terres québécoises pour Matthias et Maxime.

    En compétition à Cannes en mai dernier, le huitième film du prodige n’a pas davantage plu au jury, contrairement à Juste la fin du monde en 2016 où il avait décroché le Grand Prix (à défaut de cette Palme d’or qu’il espère tant), et Mommy qui lui avait valu le prix du jury en 2014.

    Logique, l’œuvre se révélant mineure dans la filmographie de l’auteur. Même si elle démarre sur les chapeaux de roues dans un chalet, où s’éclate une bande de copains. Alors que les blagues douteuses, les charriages et les invectives  (en pur québécois, c’est redoutable) fusent entre deux joints, une étudiante en cinéma force Matthias et Maxime, deux amis d’enfance, à s’embrasser pour les besoins de son court métrage.

    Un grand trouble et un gros doute

    Ce baiser en apparence anodin les confronte soudain à leurs préférences sexuelles, provoquant chez eux un grand trouble et un gros doute. Matthias, en couple avec une femme, fait carrière dans la finance. De son côté Maxime (Xavier Dolan comme toujours excellent), garçon introverti et timide, barman dans un club, est sur le point d’émigrer en Australie. Vont-ils tout balancer au risque de bouleverser leur existence et l’équilibre de leur cercle social. 

    On retrouve dans ce drame à la fois romantique, hystérique et infantile, où il a engagé des potes avec qui il se sent bien, les figures et les sujets chers à Xavier Dolan comme la mère étouffante ou l’homosexualité. Pour autant il ne s’agit pas, selon lui, d’un métrage sur ce dernier thème. «Il ne traite pas de l’amour gay, mais de l’amour tout court. Et avant tout il s’agit d’amitié. L’amitié est-elle de l’amour? voilà la question essentielle.»

    Le réalisateur, qui refuse par ailleurs d’être catalogué auteur homosexuel, admet certes que le fameux baiser vient bouleverser l’ordre des choses chez les protagonistes. «Oui, ils luttent car cela remet en cause leurs certitudes d’être ce qu’on leur a toujours assuré qu’ils étaient. Matthias est effrayé. Il se demande s’il est possible d’aimer sans se poser de questions. Ce que ne fait plus la génération d’après nous, les trentenaires. Les plus jeunes abordent d’une manière nouvelle la sexualité, le genre.»

    Une œuvre de transition

    Pour Xavier Dolan, «Matthias et Maxime» où il se remet en scène avec une tache rouge de naissance très graphique sur une joue, est une œuvre de transition, un nouveau départ, une façon de réfléchir sur la vie, le cinéma, le langage qui creuse un fossé entre les ados et les plus âgés. «J’arrive à la fin d’une décennie avec toutes sortes de sentiments contradictoires. Cela m’a transformé. Ce film était l’occasion d’essayer autre chose, de montrer une part différente de moi-même, de naviguer dans certaines zones plus en demi-teinte, de boucler un chapitre personnel et cinématographique.»

    Signalons que le petit génie aujourd'hui trentenaire est le grand invité du Geneva International Film Festival (GIFF), qui lui consacre sa rétrospective. On aura l’occasion d’y revenir.

    "Matthias et Maxime" à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 30 octobre.

    Lien permanent Catégories : Sorties de la Semaine