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  • Festival de Cannes: petit tour des favoris pour la Palme d'Or. Avec "Hope" en tête, assurent les fans du Sud-Coréen Na Hong-jin

    A cinq jours du verdict, certains critiques et de nombreux festivaliers surexcités ont trouvé leur Palme d’or. Hope du Sud-Coréen Na Hong-jin, un événement qui semble, du moins selon les fans, avoir carrément électrisé la Croisette.

    Na Hong-jin est un habitué de Cannes où il a présenté ses trois films. The Chaser en 2008 , The Stranger en 2016, les deux hors compétition et The Murderer dans Un Certain Regard en 2011.Mais le cinéaste désormais culte, figure majeure du cinéma de genre, ne plaît pas à tout le monde, si on se réfère aux étoiles décernées dans les magazines. A l’ima Film français, où les critiques qui font la fine bouche.

    On ne leur donne pas entièrement tort, bien que le réalisateur nous bluffe avec sa virtuosité, dans ce film de monstres entre western, horreur, comédie, action et science-fiction qui déménage à une vitesse démente. Mais il faut quand même se farcir plus d’une heure épuisante de traque pour découvrir des monceaux de cadavres dans des lieux dévastés, avant de tomber sur une monstrueuse créature, dotée d’un redoutable pouvoir de destruction massive.

    Et c’est reparti pour un tour vertigineux de course-poursuite sanglante. Le tout en compagnie en compagnie d’un flic aussi benêt que courageux, flanqué d’une bande de chasseurs lourdement armés et d’une adjointe façon pilote de formule Un, tireuse d’élite et d’une grossièreté à toute épreuve. Alors 2h40 à ce régime, c’est quand même longuet!

    Mais bon, il n’y a pas que Hope à vouloir rafler la médaille la plus convoitée de la planète cinéma. Parmi ceux qui semblent avoir des chances Paper Tiger de l’Américain James Gray est le mieux placé grâce à  un retour au polar dans son neuvième film. Miles Teller et Adam Driver interprètent deux frères dans le New York des années 1980 qui se retrouvent confrontés à la mafia russe.

    Autre favori de la compétition, Soudain du Japonais Ryūsuke Hamaguchi. La directrice d'une maison de retraite de la banlieue parisienne tente  de mettre en place une méthode de soins bienveillante appelée «Humanitude», malgré les résistances. Au bord du burn out, sa vie repend son sens lorsqu'elle rencontre une dramaturge nippone japonaise en phase terminale de cancer. Magnifique comme d’habitude, Virginie Efira donne la réplique à Tao Okamoto.

    Avec Moulin, le Hongrois Laszlo Nemes nous offre un tête à tête glaçant entre le grand patron de la résistance française incarné par Gilles Lellouche et le boucher de Lyon Klaus Barbie, chef de la Gestapo. On connaît l’histoire, mais elle reste captivante. Fjord du Roumain Cristian Mungiu, palmé en 2007 pour Quatre mois, trois semaines, deux jours tient aussi assez bien la route. Là il nous livre une chronique sociale en s’intéressant aux réactions suscitées par un couple roumano-norvégien très pieux, soupçonné de maltraiter ses enfants. Et l’emballement administratif aberrant qui en résulte.

    Garance, de la Française Jeanne Herry a déjà reçu la palme de l’applaudimètre, en suscitant une standing ovation de… douze minutes. Incroyable, mais vrai. Adèle Exarchopoulos, alcoolîque invétérée, joue dangereusement avec son foie et donc sa vie.  

    Un mot encore sur Autofiction, où le cinéaste espagnol Pedro Almodovar explore les dérives de la création, dont les siennes propres. A savoir s’il est bien moral de s‘inspirer, voire vampiriser le drame et la douleur de ses proches pour nourrir son art. Une oeuvre relativement mineure, mais passionnante par son honnêteté intellectuelle. On doute toutefois d’une possible Palme d’Or pour le réalisateur, qui n’a jamais réussi à la décrocher malgré un longue histoire avec le festival.

    Autofiction sort dès mercredi 20 mai dans les salles de Suisse romande.

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  • Le Festival de Cannes s'ouvre avec "La Vénus électrique": quelques courts-circuits dans une comédie qui s'annonce survoltée...

    Après la cérémonie d’ouverture de la 79e édition du Festival de Cannes, animée par la comédienne française Eye Haidara, la présentation du jury présidé par le réalisateur sud-coréen Park  Chan-wook, avec notamment à ses côtés la cinéaste chinoise Chloe Zhao, l’actrice américaine Demi Moore, le Suédois Stellen Skarsgard, ou encore l’Ivoirien Isaac de Bankolé, place au cinéma avec La Vénus électrique, de Pierre Salvadori. Porté par Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Gilles Lellouche, le film nous emmène à Paris en 1928.

    La Vénus électrique est l’une des grandes attractions de la fête foraine de Saint-Ouen. Sur une estrade, un bonimenteur fait l’éloge de Venus Electrificata (Anais Demoustier) pour appâter le public. Coiffée d'une perruque, vêtue d'un corset et d'une cape, elle s’avance, prête à électriser. grâce à une machine, tout gogo assez téméraire pour venir l’embrasser. Et la magie opère, c'est le coup de foudre!

    Epuisée comme chaque soir par sa prestation, Vénus alias Suzanne, entre dans la roulotte de la voyante Claudia, où elle déniche un peu de laudanum pour se requinquer. C’est alors que déboule un individu complètement ivre, tenant absolument à ce qu’elle le mette en contact avec sa femme Irène, récemment décédée. Réticente au début, Suzanne finit par se prêter au jeu. L'îvrogne lui mettant un gros billet sous le nez, elle accepte même d’aller chez  lui le lendemain.

    Elle ignore qu’Antoine est un peintre en vogue et que depuis la mort de son Irène adorée, il ne fait plus rien, sinon le désespoir d’Armand, son marchand et ami. Tout d’abord ce dernier cherche à chasser Suzanne dont il se méfie, mais comprend qu’elle fait du bien à Antoine. Il s’entend alors avec la jeune femme pour continuer ce jeu, dont finalement le peintre ne sera pas le seul dupe. Il retrouve peu à peu l'inspiration, tandis que la manipulatrice Suzanne tombe amoureuse de son pigeon…

    Le titre aidant, la presse française enthousiaste y va du coup de foudre, de la comédie survoltée qui fait des étincelles, du feu d’artifice et j’en oublie. Alors certes il s’agit d’une romance divertissante, douce-amère, un rien nostalgique, émouvante, doublée d’une réflexion sur la vie, l’authentique et le faux, l’illusion plus vraie que nature. Mais on notera tout de même quelques courts-circuits dans le scénario de cette histoire farfelue d'amour perdu et retrouvé, sur fond d'occultisme dans le Paris de la fin des années folles.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 mai.

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  • Grand écran: "Drunken Noodles", comédie gay érotique mêlant réalisme, fiction et fantasmes. A la fois envoûtante et déroutante

    Etudiant en art de 24 ans, Adnan (Laith Khalifeh) vient passer l’été à New York dans l'appartement que lui a prêté de son oncle. Il doit effectuer un stage dans une galerie montrant des broderies homoérotiques explicites de Sal (Ezriel Kornel), un artiste âgé atypique, qu'il a croisé dans son passé et avec qui il aura une relation sexuelle.

    En quête de plaisir dans les lieux de cruising newyorkais, Adnan n’attend pas pour se laisser aller à ses pulsions. À peine arrivé, il drague Yariel (Joel Isaac), un livreur de repas à vélo, à qui il a commandé en pleine nuit les fameuses nouilles, et dont il tombe amoureux.-Ce qui ne l’empêche pas de multiplier les baises d’un soir, vivant diverses expériences au gré de rencontres entre fiction, réalité et fantasmes.

    L’arrivée et les déambulations artistico-sensuelo-charnelles d’Adnan composent le premier chapitre de cette œuvre très singulière, signée de l’Argentin Lucio Castro. Construite à l’envers, elle est découpée en deux autres volets. Le second évoque l’aventure du héros avec l’auteur des tableaux exposés, tandis que le troisième raconte son escapade dans les bois avec son ancien amant Iggie (Matthew Risch), sur fond d’apparition fantasmagorique. Chaque partie est annoncée par une courte scène de broderie sur canevas, le réalisateur faisant ici référence à Sal Salandra, artiste contemporain américain reconnu pour ses thread paintings (peintures au fil) particulièrement audacieuses.

    Drunken Noodles, au titre inspiré par ce plat de nouilles thaï revigorant pour le corps et l’esprit qu'on a envie de manger en rentrant d’une soirée très arrosée, est un conte urbain et forestier inclassable. Chronique érotico-mélancolique, ludique et onirique, elle explore et montre le désir sans volonté de voyeurisme, tout en empruntant parfois les codes du porno gay des années 70.

    L’œuvre séduit aussi par son esthétique visuelle, son côté poétique, voire envoûtant. Un bémol toutefois dans la mesure où Lucio Castro a tendance à nous perdre dans cet ovni à la narration éclatée et à la chronologie inversée, se déroulant au gré des souvenirs, des pensées, des états d’âme du protagoniste principal. Nul doute qu’il va laisser plus d’un spectateur désorienté en chemin.

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 13 mai.

     

     

     

     

     

     

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