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Grand écran: "Les matins merveilleux", une autre façon de faire couple. Avec un attachant duo féminin

Le film ouvre sur une téméraire Charlie (India Hair) escaladant un balcon parisien pour tenter de pénétrer chez sa grand-mère qui ne répond pas à ses coups de sonnette. Hélas, la vieille dame est morte. Charge alors à Charlie de respecter ses dernières volontés, soit de remettre de vieux vinyles disco à un certain Thierry (Eric Catona), Titou pour les intimes et caviste dans le sud de la France.

Sans mec, sans enfants, un métier de traductrice instantanée qui lui permet de travailler n’importe où, rien n’empêche Charlie d’aller livrer elle-même son héritage à Thierry. Embarquant la caisse de disques dans sa Twingo, elle met le cap sur Cavalière, à l’autre bout du pays.

Rencontres tendres et scènes savoureuses

Ce petit voyage sera l’occasion de deux rencontres importantes. Et tout d’abord celle de Marina (Raya Martigny), serveuse trans dans la pizzeria de ce petit village côtier désert en hiver. Sans préjugés, l’empathique Charlie se sent tout de suite attirée par cette femme libre, solaire, affectueuse, qui va l’inviter chez elle. Et lui laissera, au bout de quelques jours, entrevoir la possibilité d’une existence nouvelle, une autre façon de faire couple.

Mais avant toute chose, Marina l’emmène chez Titou, quinquagénaire élégant et solitaire, romantique et rêveur. Il fera notamment redécouvrir à Charlie sa mère décédée à travers de vieilles photos, tout en lui apprenant des pas de danse et la gestuelle disco. Des scènes assez savoureuses, comme beaucoup d’autres émaillant Les matins merveilleux, premier long métrage de la réalisatrice française Avril Besson, qui se penche ainsi sur l’éclosion amoureuse entre deux femmes que tout semble opposer

Une fable imparfaite mais attendrissante

Entre gravité, légèreté et humour, l’auteure propose une feel good comédie modeste, douce et sensible, évoquant l’éclosion amoureuse entre deux femmes que tout semble opposer. Une fable mélancolique traversée par le deuil, imparfaite, parfois maladroite. Mais particulièrement bienveillante envers ces trois cœurs solitaires un peu cabossés par la vie, chacun faisant un pas vers l’autre pour revenir à la vie.  

Les comédiens s’y coulent avec bonheur. À commencer par une irrésistible India Hair, à la fois pétillante et d’une candeur désarmante avec son côté enfantin, presque burlesque. Quant à l’actrice trans Raya Martigny, par ailleurs mannequin et militante, elle émeut par sa grâce, sa fragilité, sa vulnérabilité. À noter qu’Avril Besson ne fait pas tout un plat de la transidentité, laissant simplement exister Raya. Enfin, étonnamment sobre, nostalgique et tendre, Eric Cantona se montre à la hauteur de cet attachant et attendrissant duo féminin.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 29 juillet.

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