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Grand écran:"Becaària", un plaisant récit d'apprentissage dans les alpages de la Vallemaggia

Un becaària en français, c’est un bon à rien. C’est ainsi que s’intitule le quatrième long-métrage du réalisateur tessinois Erik Bernasconi, adapté du roman éponyme de l'écrivain également tessinois Giorgio Genetelli. L'histoire se déroule en 1977 dans un petit village, au lendemain des bouleversements sociaux de Mai 68. Mario, (Francesco Tozzi), ado rebelle de16 ans en pleine crise, multplie les problèmes scolaires et se heurte à l'autorité d'un père très strict, qui ne le comprend pas et le considère comme un bon à rien.  

Pour le punir et lui inculquer le sens du devoir et des responsabilités, il décide de l'envoyer travailler tout l’été comme fermier dans les alpages de la Vallemaggia. Perspective au départ peu enviable pour Mario, qui va se retrouver au cœur d'une nature sauvage, loin de son confort et de ses repères habituels, astreint par ailleurs à un boulot physique assez pénible.

Mais le garçon, qui n’a plus à subir les reproches paternels, profitera au contraire de cet exil montagnard à la dure, pour apprendre, découvrir une nouvelle vision de la vie, s’ouvrir aux autres , à la sensualité et faire l’expérience d’un premier amour passionné. Le becaària va ainsi revenir changé, au terme de ce séjour qui s’annonçait comme un pensum, mais qui lui a permis de s’affranchir en trouvant sa propre voie.

Avec cette esthétique chronique estivale, qui séduit aussi par l’interprétation du jeune Francesco Tozzi, Erik Bernaconi propose un récit d'apprentissage plaisant, sensible, sans prétention. Il avait remporté le Prix du public aux Journées de Soleure, en janvier dernier.

«Becaària», 108 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 2  septembre.

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