Festival de Cannes: petit tour des favoris pour la Palme d'Or. Avec "Hope" en tête, assurent les fans du Sud-Coréen Na Hong-jin (19/05/2026)
A cinq jours du verdict, certains critiques et de nombreux festivaliers surexcités ont trouvé leur Palme d’or. Hope du Sud-Coréen Na Hong-jin, un événement qui semble, du moins selon les fans, avoir carrément électrisé la Croisette.
Na Hong-jin est un habitué de Cannes où il a présenté ses trois films. The Chaser en 2008 , The Stranger en 2016, les deux hors compétition et The Murderer dans Un Certain Regard en 2011.Mais le cinéaste désormais culte, figure majeure du cinéma de genre, ne plaît pas à tout le monde, si on se réfère aux étoiles décernées dans les magazines. A l’ima Film français, où les critiques qui font la fine bouche.
On ne leur donne pas entièrement tort, bien que le réalisateur nous bluffe avec sa virtuosité, dans ce film de monstres entre western, horreur, comédie, action et science-fiction qui déménage à une vitesse démente. Mais il faut quand même se farcir plus d’une heure épuisante de traque pour découvrir des monceaux de cadavres dans des lieux dévastés, avant de tomber sur une monstrueuse créature, dotée d’un redoutable pouvoir de destruction massive.
Et c’est reparti pour un tour vertigineux de course-poursuite sanglante. Le tout en compagnie en compagnie d’un flic aussi benêt que courageux, flanqué d’une bande de chasseurs lourdement armés et d’une adjointe façon pilote de formule Un, tireuse d’élite et d’une grossièreté à toute épreuve. Alors 2h40 à ce régime, c’est quand même longuet!
Mais bon, il n’y a pas que Hope à vouloir rafler la médaille la plus convoitée de la planète cinéma. Parmi ceux qui semblent avoir des chances Paper Tiger de l’Américain James Gray est le mieux placé grâce à un retour au polar dans son neuvième film. Miles Teller et Adam Driver interprètent deux frères dans le New York des années 1980 qui se retrouvent confrontés à la mafia russe.
Autre favori de la compétition, Soudain du Japonais Ryūsuke Hamaguchi. La directrice d'une maison de retraite de la banlieue parisienne tente de mettre en place une méthode de soins bienveillante appelée «Humanitude», malgré les résistances. Au bord du burn out, sa vie repend son sens lorsqu'elle rencontre une dramaturge nippone japonaise en phase terminale de cancer. Magnifique comme d’habitude, Virginie Efira donne la réplique à Tao Okamoto.
Avec Moulin, le Hongrois Laszlo Nemes nous offre un tête à tête glaçant entre le grand patron de la résistance française incarné par Gilles Lellouche et le boucher de Lyon Klaus Barbie, chef de la Gestapo. On connaît l’histoire, mais elle reste captivante. Fjord du Roumain Cristian Mungiu, palmé en 2007 pour Quatre mois, trois semaines, deux jours tient aussi assez bien la route. Là il nous livre une chronique sociale en s’intéressant aux réactions suscitées par un couple roumano-norvégien très pieux, soupçonné de maltraiter ses enfants. Et l’emballement administratif aberrant qui en résulte.
Garance, de la Française Jeanne Herry a déjà reçu la palme de l’applaudimètre, en suscitant une standing ovation de… douze minutes. Incroyable, mais vrai. Adèle Exarchopoulos, alcoolîque invétérée, joue dangereusement avec son foie et donc sa vie.
Un mot encore sur Autofiction, où le cinéaste espagnol Pedro Almodovar explore les dérives de la création, dont les siennes propres. A savoir s’il est bien moral de s‘inspirer, voire vampiriser le drame et la douleur de ses proches pour nourrir son art. Une oeuvre relativement mineure, mais passionnante par son honnêteté intellectuelle. On doute toutefois d’une possible Palme d’Or pour le réalisateur, qui n’a jamais réussi à la décrocher malgré un longue histoire avec le festival.
Autofiction sort dès mercredi 20 mai dans les salles de Suisse romande.
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