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  • Grand écran: "Le maître du kabuki" nous emmène à la découverte d'un monument de l'art théâtral japonais

    Pour son onzième film, le réalisateur japonais d’origine coréenne Sang-il Lee, qui adapte pour la troisième fois un roman de Shuichi Yoshida, propose une épopée mélodramatique en nous plongeant dans le kabuki, chef d’œuvre de l’art japonais. Né au début du XVIIe siècle, il se transmet de père en fils.
     
    Nagasaki 1964. À la mort de son père, chef d'un gang de yakuzas, Kikuo (Ryô Yoshizawa) 14 ans, est confié à Hanjiro (Ken Watanabe), célèbre acteur de kabuki.  Aux côtés de Shunsuke (Ryusei Yokohama) le fils unique de ce dernier, il décide de se consacrer à ce théâtre traditionnel.  Pour devenir "onnagata" (acteurs qui jouent des rôles féminins ) Kikuo et Shunzuke, futur héritier selon la tradition, suivent le dur enseignement de l’inflexible maître.
     
    Sur un demi-siècle et à grand renfort de rebondissements, le film évoque la relation entre les garçons, ou s’entremêlent attachement, passion, rivalités, jalousie, ambition. Car l'un des deux, à force de sacrifices, deviendra le plus grand maître du kabuki et sera élevé au rang de «trésor national vivant». L’œuvre à grand spectacle, sur fond d’habillage, de maquillage, de costumes et de décors fastueux, nous emmène également dans les coulisses de cet art particulièrement exigeant, dévoilant un monde clos, hiérarchisé, où les hommes font la loi.  
     
    Avec cette impressionnante fresque épique de près de trois heures à la mise en scène très (trop) académique, qui a fait un énorme carton au Japon, Sang-il Lee représentera logiquement son pays aux Oscars.
     
    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 24 décembre.

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  • Grand écran: "L'âme idéale", une comédie singulière, entre romance, mélodrame et fantastique

    A 40 ans, célibataire, Elsa ne se fait plus d’illusion sur l’amour. Médecin en soins palliatifs elle peut voir les morts et leur parler. Un don spécial qui a tendance à provoquer la peur et éloigner les prétendants. On s’en rend compte au début du film, où elle discute avec une personne décédée dans un dîner de famille. Ce qui n’arrange pas sa relation avec son fiancé, le fils de la maison…  Pourtant un soir, elle rencontre Oscar, un homme drôle et attachant, qui lui redonne de l'espoir. Malheureusement, au moment où elle tombe enfin amoureuse, Elsa réalise que leur histoire est pour le moins singulière. Et pour cause, car Oscar est mort, mais... il n le saitb pas. 

    Pour son premier film, Alice Vial n’a pas choisi la facilité en proposant cette comédie douce-amère qui navigue entre romance, mélodrame, surnaturel et  fantastique. Mais un fantastique qui n’est jamais spectaculaire, la réalisatrice ayant décidé d’entrée de ne pas jouer avec le suspense, mais de proposer une relation naissante entre deux âmes isolées. 

    Evoquant avec humanité la solitude, la résilience, la peur d’affronter la fin, la difficulté de lâcher prise, L'âme idéale est porté par le duo Magalie Lépine-Blondeau et Jonathan Cohen. Lumineuse, particulièrement convaincante, l’actrice se révèle à touchante, forte, empathique, calme. Face à elle, le fameux  humoriste qu’on n’avait jamais vu dans un tel rôle. Incarnant un homme désemparé, un peu triste, un fantôme en somme, Cohen s’en tire plutôt bien, en dépit de quelques maladresses dans ce registre très inattendu..

    Alice Vial signe une œuvre sensible, sincère, singulière, mais inégale. On regrette ainsi que le scénario ne soit pas toujours à la hauteur de l’idée, dans la mesure où le film a tendance à tourner en rond dans sa deuxième partie. Perdant ainsi petit à petit de son charme et de son originalité initiale de traitement

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande, depuis mercredi 17 décembre.  

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  • Grand écran: "Rebuilding", ou comment se reconstruire quand on a tout perdu. Simple et bouleversant

    Dans un coin du Colorado dévasté par un incendie, Dusty (Josh O’Connor) jette un regard désespéré sur sa terre calcinée. Le cowboy a tout perdu. Son ranch qui était dans la famille depuis des générations est parti en fumée, son troupeau a été vendu aux enchères. Le gouvernement le reloge dans un campement de mobile homes. Abattu, il va pourtant devoir penser à l’avenir. 

    Dusty est entouré de déracinés qui ont vécu le même drame que lui, des gens qu’ii n’aurait probablement jamais rencontrés en temps normal. Comme ces deux vieilles dames, cette Afro-Américaine, cet ancien pompier, ou ce curieux barbu mutique. .Face à la perte,à la douleur, à la détresse, la solidarité est indispensable. Petit à petit, des liens se tissent dans cette petite communauté où on s’entraide, partage des repas le soir en jouant de la guitare autour d’un feu. A la demande de son ex-femme dont il se rapproche un peu, Dusty renoue avec sa fille Callie-Rose dont il ne s’était pas beaucoup occupé avant, et qui le rejoint au campement. Ils se redécouvrent,  passent de jolis moments. en dépit de l’exiguïté et de l’inconfort de ce nouveau foyer. Doucement, l’espoir renaît...
     
    Explorant l’Amérique profonde, Rebuilding, second long-métrage de Max Walker-Silverman est inspiré de la propre vie du réalisateur, qui a vu la maison de sa grand-mère détruite par un feu de forêt. C’est un film magnifique, dense, simple, émouvant mais sans pathos, parfois déchirant mais sans misérabilisme. A la fois triste et optimiste, il est porté de bout en bout par Josh O’Connor, excellent dans le rôle de Dusty, fermier taiseux, solitaire, pudique, réservé. Il bouleverse en père attendrissant avec sa volonté de se reconstruire, de retrouver un foyer, de redonner un sens à sa vie

    A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 17 décembre.

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