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Festival de Locarno: avec "Yannick", Quentin Dupieux donne dans un réalisme social déconcertant

La course au Léopard d’or, souvent tacée de parent pauvre du festival devait prendre un envol dès le deuxième jour avec Quentin Dupieux, iconoclaste attendu du cinéma français.  Là il nous propose  un huis-clos tourné en six jours dans un théâtre parisien. On y  joue Le Cocu, un très mauvais vaudeville évoquant l’éternel trio ccnjugal. Les trois acteurs, Blanche Gardin, Pio Marmai et Sébastien Cassagne lâchent  paresseusement leurs répliques nazes devant une poignée de spectateurs très moyennement enthousiastes.
 
Soudain l’un d’eux se dresse, ce qui ne se fait jamais  et interpelle directement les comédiens. Il s’appelle Yannick, est gardien de parking et a posé un jour de congé pour venir voir le spectacle de Melun, ce qui lui a bien pris une plombe.  Mais alors qu’il voulait juste se détendre en passant un bon moment, il est tellement dégoûté par les niaiseries débitées et le jeu débile des protagonistes qu’il les prend en otage, ainsi que le public. Interrompant ainsi le spectacle sous la menace de son pistolet. 
 
Et pendant une heure Yannick tient à faire entendre son avis sur l’art, tout en écrivant une pièce de son cru. Dans la peau de ce marginal bizarre, inquiétant, déprimé, frustré, ignoré, nous balançant ses thèses carrément poujadiste, on découvre Raphaël Quenard (photo) Qualifié de révélation 2023 par la critique française, il se taille la part du lion avec son insolence, sa gouaille et son drôle de phrasé. 

Comme toujours chez Quentin Dupieux, l’idée est excellente. Mais l’héritier d’un cinéma burlesque remanié à sa sauce qui nous a habitués à des farces aussi délirantes que féroces, flirte avec un réalisme social déconcertant. Ce qu’il avait plus ou moins déjà fait avec Le Daim et  Fumer fait tousser. Sauf que Yannick n'a pas la tenue de ces deux derniers métrages. Curieusement convenu, l’auteur semble ne pas trop savoir où aller, au fil d’un scénario assez peu inspiré, Et finit en quelque sorte à l’image de son personnage, par nous prend en otage. 

Manga D’Terra, le musical de Basil da Cunha

Autre prétendant à la médaille le Vaudois Basil da Cunha. Cet habitué de Locarno nous emmène une nouvelle fois dans le bidonville lisboète de Reboleira pour y tourner un musical qui n’aurait pu exister sans l’union de tout le quartier. Il raconte l’histoire de Rosalinda. Agée de 20 ans, elle a laissé ses deux enfants à sa mère dans son au Cap-Vert natal pour s’établir à Lisbonne en espérant leur offrir une meilleure vie.
 
Très vite en butte aux violences quotidiennes de la police ou des caïds du coin, jetée à la rue, elle trouve un peu d’affection auprès des femmes de la communauté, Mais ce qui va vraiment la sauver, c’est la musique.
 
Pour le cinéaste, débarqué avec toute une équipe qui a mis une chaude ambiance à la conférence de presse, ce film sur fond d’immigration est en quelque sorte le hors champ des précédents, surtout peuplé de garçons, Là Basil da Cunha donne la parole aux femmes, des battantes. Avec toujours le désir de fabriquer des mythes, mais sans cacher la réalité, 'auteur monte plus particulièrement celle de sa jeune héroïne. 

Rosalinda n’a pratiquement personne pour la soutenir, mais sa force dont elle a si besoin pour survivre, lui permet de surmonter les obstacles, Elle est incarnée par la magnifique, savoureuse  et magnétique Eliana Rosa, chanteuse avant d’être actrice, venue au Portugal pour faire des études de théâtre. Elle a heureusement croisé la route de Basil da Cunha.

 

Lien permanent Catégories : La griffe du léopard 0 commentaire 0 commentaire

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