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Grand écran: "No Other Choice", satire grinçante de la société en forme de comédie macabre et absurde

You Man Su, cadre dans l’industrie du papier, est un quadra plein d’énergie, heureusement marié, père comblé de deux enfants, propriétaire de deux chiens et d’une jolie maison, dont la vie bascule lorsqu’il perd son job. Obsédé par l’idée de retrouver un poste équivalent dans l’usine qui vient de le licencier, il est prêt à tout pour retrouver son statut social. 

No Other Choice est une adaptation par le réalisateur sud-coréen Park Chan Wook, d’un polar de l’auteur américain Donald Westlake, The Ax (en français Le couperet), qui avait déjà inspiré Costa Gavras en 2005. Il ouvre sur une scène de famille carrément idyllique. Enthousiaste, You Man-su, incarné par l’icône incontournable du cinéma asiatique Lee Byung-hun, prépare un barbecue, embrasse sa femme ses enfants, ses deux chiens, en leur disant «J’ai tout». On a soudain comme un petit doute sur la pérennité de cette joie débordante. 

Un plan machiavélique

En effet, il est renvoyé sans ménagement à cause de restructurations brutales à l’américaine. L’IA est passée par là. You Man-su n’arrive plus à maintenir son train de vie bourgeois. La famille doit se serrer la ceinture. Elle économise sur tout, se sépare des chiens, résilie l’abonnement Netflix. Toujours chômeur au bout d’un an, You Man Su risque de perdre sa maison de son enfance, rachetée à force de travail acharné. Trop, c'est trop. Désespéré, il n’a pas d’autre choix que de mettre en oeuvre un plan machiavélique, en virant au tueur en série. Là, on change de genre, l'histoire devenant à la fois de plus en plus sordide, glauque, burlesque, rocambolesque.

Entre thriller, drame social, familial, comédie macabre et absurde, le talentueux Park Chan-wook, notamment auteur du vampirique Thirst, ceci est mon sang en 2009, de l’érotique Mademoiselle en 2016, du noir et romantique Decision to Leave, Prix de la mise en scène à Cannes en 2022, signe une satire grinçante, caustique et bienvenue de la société en général et  sud-coréenne en particulier. Il s’élève avec force contre la cruauté du monde de l’entreprise, parfois fatale aux ouvriers, ainsi que les dérives du capitalisme à l’heure des nouvelles technologies.

On admire par ailleurs, comme toujours chez le cinéaste, l’élégance de la réalisation, le soin apporté à l’image. Deux bémols pourtant. Le film traîne inutilement en longueur et Park Chan-wook pousse trop souvent son charismatique héros au cabotinage excessif. Des outrances qui finissent par nuire au propos.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 11 février.

 

 

 

 

Lien permanent Catégories : Société - People, Sorties de la Semaine 0 commentaire 0 commentaire

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