L'histoire s'ouvre en 1995 à Sarcelles, au sein d'une famille de tradition juive tunisienne confrontée aux difficultés du quotidien. La courageuse Erika (Hafzia Herzi), assume seule l'éducation de ses deux enfants après le départ de son mari. N'ayant jamais connu son père, Abigaëlle, 7ans (Ella Bedoucha), en est sûre: il l'aime en secret quelque part et attend qu'elle le trouve. Elle commence ses recher ches, aidée par sa mère..Mais à cette époque sans outils modernes, les tentatives se soldent par un échec et une grosse frustration.
Sept ans plus tard, désormais adolescente , Abigaëlle (Nour Salam) reste intimement convaincue que son père finira par se manifester. L’ espoir chevillé au corps, elle s’entête à retrouver sa trace. Sa quête obsessionnelle bouleverse la routine familiale, forçant sa mère, sa meilleure amie et tout son entourage à s'impliquer malgré les non-dits du passé.
Ni mélo, ni pathos
Après des années de fausses pistes, la jeune fille parvient enfin à retrouver son père biologique On n’en dira pas davantage, sinon que finalement la quête du géniteur est en réalité une quête de soi et des siens.
Cette chronique sociale et familiale, qui avait été sélectionnées à Cannes dans la section Un certain regard, est signée Rudi Rosenberg. Explorant avec sensibilité l'idéalisation du père absent face à l'amour inconditionnel d'une mère, l’auteur propose une comédie chorale chaleureuse, d’une tonalité tendre et délicate. Il mêle l'humour à l'émotion, en évitant de sombrer dans le mélo et le pathos
Rencontré au GIFF à Genève, Rudi Rosenberg, sélectionné dans la catégorie Highlights nous raconte que l’idée du film lui est venue après avoir découvert, sur YouTube, les histoires de jeunes filles à la recherche de leur père. «Non seulement leurs témoignages m’ont touché, mais j’ai appris qu’il y en avait beaucoup. Je me suis dit qu’il y avait là un bon sujet. Qui me permettait en outre d’en aborder d’autres comme le lien entre frères et sœurs, l’amour des mères.
Vous rendez d’ailleurs un bel hommage aux mères célibataires, Cela nous amène à Hafzia Herzi. Avez-vous écrit le rôle pour elle ?
Pas du tout. Mais elle a été mon premier choix. Elle n’a mis qu’une semaine pour se décider. Elle est simple, a du caractère. C’était normal que le personnage lui plaise. Hafzia est maman. Et là elle se bat pour sa fille, cherche à la protéger. Elle amène d’autres choses que celles que j’avais imaginées. S’adaptant à chaque situation, elle était très à l’écoute des enfants.
Puisque vous en parlez, ils sont assez nombreux. Comment les avez -vous trouvés
J’ai fait beaucoup de casting sauvage, dans la rue, sur les réseaux sociaux. On a reçu des milliers de réponses. C’est très long dans la mesure où je cherchais des enfants proches de leurs personnages.
Votre reconstitution des années 2000 passe notamment par la Star Academy. Amusant.
Abigaëlle regarde en effet un épisode, ce qui permet de bien situer la période. Mais nous nous sommes aussi appuyés sur d’autres émissions de l’époque et de vidéos trouvées sur YouTube. J’aime beaucoup ces années-là et je ne voulais pas que l’on croie que l’histoire se déroule aujourd’hui.
Le titre fait référence à la chanson de Michel Berger, mais on ne l’entend pas dans le film. Pourquoi ?
Je ne souhaitais pas de musique avec des paroles, même si en l’occurrence elles sont très pertinentes. Mais justement, elles prenaient trop d’importance par rapport au récit.
Après ces Quelques mots d’amour, Rudi Rosenberg s’est déjà attaqué à un autre long métrage, totalement différent. «Il s’agit d’une satire de la bourgeoisie. Je termine l’écriture. Je suis très excité».
«Quelques mots d’amour», 97 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 4 novembre.