Vincent Chabloz est passionné de Derborence. Avec son premier long métrage, le cinéaste animalier nous emmène à la redécouverte de ce sanctuaire exceptionnel, bien connu des Alpes valaisannes. Un espace sauvage, inaccessible de novembre à mai, où les bêtes ont la préséance. Du coup il a décidé de structurer Derborence, le temps des animaux autour du cycle des saisons, et choisi, avec humour, d’inverser la perspective habituelle.
Au printemps ce sont en effet les maîtres des lieux, chamois, renards, hermines, chouettes ou aigles royaux, qui observent les promeneurs revenus visiter le site. Ces derniers nous apparaissent indéniablement comme des intrus, par ailleurs plutôt moches, patauds et empotés, face à la beauté, la légèreté, l’élégance des représentants de la faune locale. En d’autres termes, la gent humaine n’a rien à faire là.
Fruit d’un minutieux travail de huit ans obstiné et solitaire dans la mythique réserve naturelle, ce documentaire contemplatif, poétique, inspiré et inspirant, provoque de l’émotion, de l’empathie et de la tendresse pour ses protagonistes à poils et à plumes. Visuellement splendide, l’œuvre est émerveillement de tous les instants, qui nous rappelle l’impérative nécessité de protéger le vivant.
«Derborence, le temps des animaux», 84 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 28 octobre.