En français, romeria signifie pèlerinage. Et c’est bien ce qu’entreprend Marina (Llúcia Garcia), en débarquant pour la première fois à Vigo, en Galice, sur la côte Atlantique. Venue chercher un document d'état civil nécessaire à l'obtention d'une bourse d’études, la jeune fille de 18 ans est en réalité surtout en quête d’identité. Adoptée après la mort de ses parents fauchés par le sida, elle veut renouer des liens avec une partie de sa famille biologique paternelle.
Guidée par le journal intime de sa mère qu’elle garde toujours avec elle, Marina rencontre tout un clan bourgeois d’oncles, de tantes, de cousins, d’aïeuls qu'elle ne connaît pas. Son arrivée fait ressurgir un passé enfoui, dans lequel elle fouille pour comprendre qui étaient ses parents. Tout en découvrant les secrets de ses proches, cultivant les non-dits, le mensonge et la honte, l’adolescente reconstruit le parcours de ses géniteurs. Deux êtres qui ont connu le meilleur et le pire, entre bonheur, folles aventures en mer et rêves brisés par la drogue. .
Pour Romeria, la Catalane Carla Simón s’inspire de son propre vécu d’orpheline ayant perdu ses père et mère du sida, s'appuyant par ailleurs sur de nombreux témoignages. Elle avoue que le cinéma lui a offert la possibilité d’inventer son propre récit et de faire la paix avec son histoire. A travers elle, la cinéaste brosse également indirectement le portrait de la génération espagnole des années 80, marquée par l’héroïne, les overdoses, le sida et leur tragique cortège de morts
Achevant une trilogie sur la famille et l'absence après Été 93 et Nos soleils, Carla Simón propose, avec Romeria, un film visuellement séduisant. Touchant, poétique, il est porté par l’attachante Llúcia Garcia. Pourtant il peine à vraiment convaincre, notamment en raison de son inutile lenteur. L’auteure nous perd en effet en route en multipliant des détails sans grand intérêt. Elle a en outre tendance à s'éloigner de l’intrigue, brisant le fil conducteur par de trop longues pauses contemplatives, mélancoliques, parfois à la limite de l’ennui.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 8 avril.