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Grand écran: "Les Misérables", une longue saga qui manque de souffle, de romanesque et de point de vue

Le chef-d'œuvre de Victor Hugo compte plus de 50 adaptations audiovisuelles (cinéma et télévision) dans le monde. On peut dès lors se demander pourquoi Fred Cavayé a jugé utile d’ajouter sa pierre à l’édifice, D’autant qu'il n’y met pas franchement  une patte unique, malgré un budget colossal de quelque 40 millions d'euros!

Petite piqûre de rappel côté intrigue. Jean Valjean (incarné jeune par Louis Peres, puis par Vincent Lindon) purge 19 ans de travaux forcés pour le vol d'un pain À sa sortie du bagne, sa rencontre avec l'évêque Myriel, personnage d‘une infinie bonté, va l’empêcher, après un ultime méfait mineur, de replonger dans la criminalité et le pousse au contraire vers la rédemption. Une grosse crise de conscience l’incite à changer de vie et d’identité.

Sous celle de Monsieur Madeleine, il devient un riche notable et un maire respecté. C'est alors qu'il croise Fantine (Noémie Merlant),  une malheureuse ouvrière. Sur son lit de mort, il lui promet de sauver sa fille, Cosette, des griffes des Thénardier (Benjamin Lavernhe et Camille Cottin), aubergistes diaboliques. Mais le passé de Valjean resurgit en la personne de l'inspecteur Javert (Tahar Rahim), un policier rigide et inflexible, traumatisé enfant et obsédé par la justice. L’ancien forçat entame alors un duel psychologique impitoyable avec cet homme, qui s'étend sur plusieurs décennies. Leur ultime face à face se jouera en plein cœur de l'insurrection parisienne de 1832, au milieu des barricades

Fred Cavayé propose une superproduction académique lisse let ourde, une très longue saga visuellement laide, dépourvue de souffle, d’émotion, de romanesque, de noirceur, de résonance politique avec l'actualité et de point de vue artistique. Du coup, il se contente de rassembler des scènes illustres, portées par un casting de stars peinant, le plus souvent à incarner la misère du 19e siècle. Certes Vincent Lindon et Tahar Rahim s’en sortent assez bien, mais le couple Cottin-Lavernhe (les cupides et vicieux Thénardier) se révèle par exemple d’un ridicule achevé. 

«Les Misérable», 176 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 14 octobre.

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