Réalisé par David Ayer, Heart Of The Beast marque ses retrouvailles avec Brad Pitt, douze ans après Fury. L'histoire suit James Belmont, un ancien des forces spéciales et son chien de combat Odin, souffrant tous deux de stress post-traumatique, En l’occurrence, ils luttent pour leur survie en milieu hostile en Alaska, après un terrifiant crash d’avion. Ce huis clos en terre sauvage est acclamé par une partie de la critique, plus particulièrement en raison de son atout majeur, la relation fusionnelle entre l’homme et son chien. Ce dernier volant quasiment la vedette à Brad Pitt.
Mais si le projet rend un bel hommage aux valeureux toutous de combat et de sauvetage, il s'embourbe dans le caricatural et l’artificiel avec le syndrome du surhomme. Ce survivalisme hollywoodien, entrecoupé de cauchemars de guerre, frise le grotesque avec une surenchère d’action et l'accumulation invraisemblable de tuiles qui s'abattent sur Brad Pitt.
Outre l’accident d’avion initial, Il affronte avec un redoutable sang-froid et une incroyable insensibilité à la douleur, un infarctus, une meute de loups et un grizzly numériques, des torrents glacés, des cascades déchaînées, de graves chutes, des fractures ouvertes qu’il soigne lui-même en confectionnant des attelles de fortune.
Ce côté vétéran viril et indestructible, façon MacGyver poussé à l’extrême, empêche toute tension dramatique dans cette aventure au scénario prévisible, manquant singulièrement de psychologie et de subtilité dans la mise en scène. Quant à l’éventuelle émotion, elle ne vient pas du protagoniste surhumain mais d’Odin, son brave partenaire à quatre pattes, un chien militaire amputé d'une patte dans le film. Il est craquant avec son regard expressif et la fidélité indéfectible qu'il porte à son maître.
«Heart Of The Beast», 101 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 23 septembre.