Après Augustine, Proxima, Revoir Paris, Alice Winocour nous emmène à .la Fashion Week- Mais on se doute elle ne va pas se borner à nous parler de mode, comme l ’indique le titre Coutures. Avec un s final qui prend tout son sens. Ou plutôt tous ses sens.
Au centre du récit Maxine (Angelina Jolie), réalisatrice américaine de films d’horreur invitée à Paris pour filmer les défilés. Elle entretient une relation intense et complexe avec Louis Garrel et apprend, terrible nouvelle, qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle croise ensuite la route d'Ada (Anyier Anei), mannequin sud-soudanaise déracinée, et celle Angèle (Ella Rumpf), une maquilleuse française silencieuse et empathique, à l’écoute et en soutien des autres. Entre ces trois femmes au travail, aux cultures, âges et horizons différents naît une solidarité insoupçonnée. On peut en ajouter une quatrième, la jeune couturière (Garance Marillier) qui réalise sa première robe, que va porter Ada.
Tout en décrivant le tumulte d'un univers flamboyant et brutal, où pèse sur les corps la pression constante de la beauté, Alice Winocour brosse avec finesse, délicatesse et sensibilité le portrait de ces femmes qui se réparent et se reconstruisent, tissant des liens entre création et maladie, couture et chirurgie. Mettant en parallèle une certaine cruauté de la mode et le parcours d’une femme face à son cancer, l’auteure signe, en dépit d‘un scénario parfois décousu, un drame poétique en forme de méditation sur la vie qui ne tient qu’à un fil et la peur de la mort.
Dans cette histoire émouvante et intime qui fait écho à son vécu, Angelina Jolie se met à nu comme jamais, livrant une prestation nuancée qui, entre force et fragilité, séduit par son naturel, sa profondeur et sa justesse. On salue également la présence d’Ella Rumpf, tout en regrettant la part congrue qui lui a été réservée.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 18 février.