Grand écran: "Le Fantôme de l'Opéra", un drame gothique qui vire au teen movie façon Twilight (27/10/2026)
Dans sa relecture du roman de Gaston Leroux, paru en 1910, le réalisateur Alexandre Castagnetti transpose Le Fantôme de l’Opéra à notre époque. Et remplace la cantatrice Christine Daaé par la jeune danseuse Anastasia Maresc (Deva Cassel), qui rêve d'intégrer le milieu exclusif et impitoyable du ballet de l’Opéra de Paris, Elle y répète Orpheus, une œuvre maudite attribuée au légendaire fantôme, sous la direction artistique de James (Romain Duris), C’est alors qu’elle rencontre, dans les méandres du prestigieux établissement, un mystérieux pianiste (Julien De Saint Jean) qui la fascine et dont elle tombe amoureuse.
Mais à l’approche de la première représentation, entre accidents inexpliqués, révélations troublantes et superstitions, Anastasia se trouve plongée dans une idylle impossible, à la frontière du réel et du fantastique. Et c’est là qu’on perd toute l‘essence du mythe, le fantôme n’étant plus un monstre repoussant mais un jeune premier séduisant. Du coup, en supprimant la laideur et la noirceur morale du personnage masqué pour en faire un prétendant romantique conventionnel, Alexandre Castagnetti transforme hélas un drame gothique oppressant pimenté d’horreur, en un teen movie façon Twilight.
L’esthétique est en revanche soignée. Merci pour la visite du Palais Garnier, un décor à lui tout seul, mis en valeur par la photographie de Nicolas Bolduc avec de superbes clairs-obscurs. Les tableaux dansés sont eux aussi très beaux, à l’image du ballet final, somptueux et plein de grâce.
Côté comédiens, Deva Cassel, brille davantage par sa beauté, sa présence magnétique et son expression corporelle que par son jeu verbal. Elle se révèle toutefois plus convaincante que Romain Duris, carrément ridicule en maître de ballet tyrannique. A aucun moment, on ne croit à son personnage de chorégraphe exigeant, torturé, hystérique et branchouillard, confondant la folie artistique avec la crise de nerfs.
«Le Fantôme de l’Opéra», 134 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 octobre.
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