Grand écran: "Shana", la rage de vivre d'une jeune femme excessive, amusante et attachante (25/10/2026)
Shana, une jeune femme de 25 ans au tempérament explosif et au langage cru tente de sortir de sa relation toxique avec Moïse, son compagnon violent incarcéré, tout en continuant à gérer pour lui un petit trafic de cocaïne. Cette chronique d'émancipation urbaine, premier long métrage de Lila Pinell, est directement inspirée du vécu d’Êva Huault, son actrice principale
Le film la suit dans le rôle de Shana, qui accumule les galères financières et affectives à Paris. Elle a connu un parcours chaotique marqué par l'enfance en foyer, la prostitution et la drogue. Tout en tentant de surnager face aux turbulences quotidiennes grâce à sa bande de copines, Shana renoue avec sa famille en prévision de la Bat Mitzvah de sa demi-sœur. Mais les retrouvailles avec sa mère (Noémie Lvovsky). tournent systématiquement au conflit.
À la mort de sa grand-mère, la jeune femme hérite d'une bague censée la protéger du mauvais œil. Le talisman se révèle toutefois inopérant avec la sortie de prison de Moïse, dont le retour la replonge dans une spirale infernale. Mésaventures, dettes et brutalités se multiplient. Mais Shana finit par dire stop, refusant le statut de victime. Son énergie, sa combativité et la solidarité sans faille de ses amies la poussent à relever la tête et conquérir son indépendance.
Lila Pinell livre ainsi une comédie dramatique teintée de réalisme social et de mysticisme familial, avec clins d'œil aux plaies d'Égypte. Evitant le piège du misérabilisme, elle est portée de bout en bout par Eva Huault, héroïne amusante et attachante avec sa gouaille, son audace et son sens de la débrouille. Même si elle a tendance à nous saouler avec son impulsivité, sa fougue et son débit verbal à la mitraillette.
«Shana», 80 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 21 octobre.
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