Grand écran: "La frappe" montre la douloureuse persistance des ravages de l'inceste. Et révèle deux jeunes interprètes (10/10/2026)
Premier long métrage de Julien Gaspar-Oliveri, La frappe raconte l’histoire d’Enzo, 19 ans et de sa soeur Carla, 20 ans. Vivant dans le sud de la France, ils sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony (Bastien Bouillon), un homme toxique dont ils ont, enfants, subi l'emprise et les abus sort de prison, Enzo rêve de reconstruire une famille unie. Mais Carla refuse catégoriquement cette idée. Elle veut protéger son frère d'un passé douloureux. Rattrapé par des non-dits, Enzo doit affronter une vérité qu'il a trop longtemps dissimulée.
Avec ce drame intense, intime, évoquant l'inceste et le poids du silence familial, le réalisateur propose une œuvre choc sur un sujet difficile. Tout en évitant l’écueil du voyeurisme, du manichéisme, de la psychologie, du mélodrame, il montre à travers des scènes bouleversantes, glaçantes, dérangeantes, à quel point les blessures persistent longtemps après les agressions.
Ce récit impressionnant, exigeant, est porté deux jeunes acteurs remarquables de justesse, qui se hissent naturellement à la hauteur de l’impeccable Bastien Bouillon. Dans le rôle de Carla, la Jurassienne Romane Fringeli est une véritable révélation. Habitée, authentique, elle nous laisse ressentir la colère, la douleur de son personnage abîmé. Quant à l’acteur belge Diego Murgia, déjà apparu sur grand et petit écran, il se glisse magistralement dans la peau d’Enzo, mutique, fort et fragile, poignant dans sa façon de faire remonter progressivement, viscéralement, les traumatismes liés à l’inceste.
Il a d’ailleurs logiquement décroché le Valois du meilleur acteur au dernier Festival d’Angoulème, tandis que Julien Gaspar-Oliveri recevait, lui, le Prix de la mise en scène.
«La frappe», 106 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 7 octobre.
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