Grand écran: "Croyez-vous aux anges, Monsieur Drowak?", une tragi-comédie surréaliste et poétique autour de la créativité (12/09/2026)
Réalisé par Nicolas Steiner. Croyez-vous aux anges, Monsieur Drowak? (Sie glauben an Engel, Herr Drowak?), est adapté d'un scénario de Bettina Gundermann. Tragi-comédie surréaliste, poétique et sombre, elle explore de manière à la fois onirique, grinçante et touchante, une singulière rencontre. Celle de Drowak, poète misanthrope, aigri, alcoolique et reclus dans son appartement insalubre, avec Lena Jakobi, une étudiante idéaliste qui anime un atelier d'écriture dans le cadre d'un programme de réhabilitation sociale. Elle est envoyée chez Drowak par les agents du Bureau de la Paix et de l'Ordre, pour le coacher.
Dans ce premier long métrage du cinéaste suisse autour de la rédemption et de la créativité, tourné en Allemagne dans un décor urbain déshumanisé d'inspiration brutaliste, les comédiens se révèlent remarquables. Barricadé au milieu de centaines de bouteilles vides, Karl Markovics incarne parfaitement l’acariâtre Drowak, limite fou furieux qui accueille les agents administratifs à coups de préservatifs remplis d'urine. Luna Wedler lui tient la dragée haute dans celui de Lena, dotée d'un enthousiasme à tout crin et d'une foi inébranlable en la bonté humaine.
Quelques bémols
Malgré les insultes et le rejet initial du vieux nihiliste, le bouillant tempérament de Lena Jakobi le pousse à exhumer son talent enfoui. Alors que l’œuvre est filmée dans un superbe noir et blanc qui nous plonge dans l’univers mental complexe des protagonistes, des scènes en couleur surgissent pour illustrer les souvenirs heureux de Drowak, offrant un contrepoint lumineux à la grisaille de son quotidien
Quelques bémols toutefois dans ce plaidoyer audacieux pour la réintégration des marginaux et le pouvoir salvateur de l'art. Avec sa forte tendance à l’accumulation d’éléments fantastiques et baroques, d’excentricités kafkaïennes, de visions délirantes, Nicolas Steiner s’égare et finit par tourner en rond dans un huis clos psychologique trop long, à la narration inutilement éclatée.
«Croyez-vous aux anges, Monsieur Drowak?», durée 127 minutes. À l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 9 septembre.
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