Grand écran: "La mia famiglia italiana", une comédie humaniste, chaleureuse, mais trop conventionnelle et plan-plan (12/09/2026)

Le film suit un professeur à la retraite. Septuagénaire solitaire et cultivé, il mène une vie tranquille, ordonnée sinon millimétrée, dans son bel appartement romain. Aimant la lecture, le vin blanc et les petits plats, il partage ses journées entre la bibliothèque, les déambulations dans son quartier et les discussions de comptoir, tout en entretenant une relation amicale avec la fougueuse Giovanna, une dame de son âge, amoureuse de lui, mais dont il repousse les avances au début. Mais sa routine est bouleversée et le chaos s’installe, lorsque sa fille Sofia, en pleine crise conjugale, débarque d’Allemagne à l’improviste avec ses deux enfants turbulents, dont il va devoir s’occuper.

Cette cohabitation intergénérationnelle le force à sortir de sa bulle ,à lâcher prise, à s'ouvrir à l'imprévu. Il va alors redécouvrir l’importance des liens familiaux et le besoin d'amour, en s’avouant ses sentiments pour Giovanna. Parallèlement Helmut, son gendre, entreprend une longue marche improbable d’Allemagne en Italie pour tenter de recoller les morceaux avec Sofia, qu’il a trompée avec une étudiante. Des scènes en forme de pièce rapportée sans grand intérêt. 

Un ton minimaliste et intimiste

Comme d’habitude on retrouve, derrière et devant la caméra, Gianni Di Gregorio, à qui on doit notamment Le déjeuner du 15 août son plus grand succès critique et public. Arrivé à la réalisation sur le tard, à l'âge de 59 ans il a développé son propre style, où il met en scène sa vie à travers son double cinématographique, un personnage souvent nommé « Gianni ». Ce n’est toutefois pas le cas dans son dernier opus,  La mia famiglia italiana (Ma famille italienne), où il est simplement désigné comme il professore

Ce maître de l’autofiction harmonieuse privilégie un ton minimaliste, intimiste, misant sur les habitudes, les petits riens du quotidien. Ce qui fait en général le charme de ses films. En l’occurrence pourtant, il propose une comédie plan-plan sur les liens intergénérationnels. Certes humaniste, chaleureuse, esthétique, mais également conventionnelle et paresseuse. A l’image de son rôle. Il finit par lasser à force d’incarner ce personnage fétiche de professeur ronchon un peu dépassé par les événements et farouchement attaché à son petit confort. Côté interprétation, on n’est pas non plus très fan de celle d’Iaia Forte en Giovanna exubérante et envahissante, diva de province tentant d’imiter Monica Bellucci

«La mia famiglia italiana», 97 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 9 septembre.

 

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