Grand écran: "Pressure", duel psychologique haletant et compte à rebours crucial pour le salut de l'Europe (10/09/2026)
Thriller militaire historique et militaire Pressure d’Anthony Maras, délaisse le côté spectaculaire des champs de bataille pour se concentrer sur un enjeu invisible mais crucial, les prévisions météo du D-Day. Adapté de la pièce de théâtre de David Haig, ce huis clos transforme des courbes barométriques en un suspense haletant. Il se déroule donc durant les 72 heures précédant le débarquement de Normandie du 6 juin 1944., soulignant le rôle essentiel de la météorologie dans le succès de l'opération Overlord
Alors que le général Eisenhower (Brendan Fraser) s'apprête à lancer la plus grande invasion amphibie de l'histoire, une terrible tempête la menace. Deux visions différentes s'affrontent alors: celle du colonel écossais James Stagg (Andrew Scott), météorologue en chef des forces alliées, qui prédit un cataclysme climatique et pousse au report du Jour-J . S’y oppose son homologue américain Irving P. Krick (Chris Messina), beaucoup plus optimiste et utilisant une méthode basée sur l'historique des cartes et les statistiques. Face à un enjeu monumental, les deux hommes se livrent à un intense duel psychologique, idéologique et intellectuel autour de ce thème décisif.
Excellente interprétation
Le film est porté par d’excellents interprètes, à commencer par les deux principaux. Andrew Scott livre une prestation poignante. Il incarne un bon soldat écossais obéissant, rigoureux, obstiné, peu soucieux de sa popularité, déchiré entre son devoir militaire et l'accouchement imminent de sa femme. Charismatique et exubérant, Chris Messina se révèle lui aussi convaincant dans le rôle de l’Américain sûr de lui, arrogant, fier de ses succès passés. Ayant de plus l’oreille d’Eisenhower, il insiste pour que l’assaut soit maintenu à la date initialement prévue du 5 juin. .
Une héroïne sous-estimée
Un regret pourtant dans ce film aussi passionnant qu’instructif glorifiant ces experts méconnus du grand public, ces héros de l’ombre acteurs décisifs de la victoire alliée. Le réalisateur sous-estime Maureen Flavin Sweeney, dont le rôle s’est pourtant révélé capital, en alertant James Stagg du danger. Elle est en effet la première personne à avoir détecté, dans la nuit du 2 au 3 juin 1944, depuis son phare irlandais isolé, la tempête qui menaçait d'anéantir le d
Le bulletin météo précis de cette postière de 21 ans convainc le scientifique écossais de contredire ses homologues américains et de pousser Eisenhower à reporter l’opération du 5 au 6 juin. Sans elle, la flotte alliée aurait été surprise en pleine mer par une violente la tempête . Face à la machine de guerre nazie et à la puissance technologique américaine, le grain de sable qui a fait dérailler les plans d'Hitler est une simple aiguille de baromètre observée par la jeune Maureen. Le destin de la Seconde Guerre mondiale a ainsi littéralement reposé sur ses relevés météorologiques.
Certes l’apport de la station irlandaise est mentionné dans Pressure, mais le personnage et le nom de Maureen sont relégués loin derrière les joutes verbales à l'état-major. Décédée en 2023 à l'âge de 100 ans, Maureen a ignoré l'impact mondial de ses lectures jusqu'en 1956. En 2021 elle a finalement reçu une reconnaissance officielle du Congrès américain pour son rôle héroïque.
«Pressure», 100 minutes, à l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 9 septembre.
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