Grand écran: "Nightborn" brise le mythe de l'inconditionnel amour maternel. Sous haute tension (26/07/2026)
Inspiré du folklore nordique, Nightborn raconte la singulière histoire de Saga (Seidi Haarla) et Jon (Rupert Grint), un couple qui s'installe dans une maison isolée à côté d'une forêt, en Finlande. Entre suspense mental et film d'horreur fantastique, la réalisatrice finnoise Hanna Bergholm brise le mythe de l'immédiat et inconditionnel amour maternel, en évoquant la dépression post partum d’une mère qui la pousse au rejet viscéral de son nouveau-né.
La détresse de Saga vient certes de son accouchement épuisant mais surtout du fait qu'elle ne reconnaît pas l'être qu'elle a mis au monde. Une réalité biologique et psychique poussée à l’extrême par l'auteure, dans la mesure où elle en fait un bébé monstrueux,
Par son approche subtile et intelligente, Nightborn se démarque heureusement de la plupart des calamiteux films gore vus récemment. Il prouve que l'angoisse n'a pas besoin d’une surenchère visuelle, de mutilations abominables, de flots de sang et de fluides corporels répugnants pour être profondément dérangeante. Ici, l’horreur naît de la terreur de Saga face à son enfant perçu comme une créature menaçante. Une vérité. Par exemple, le bébé la blesse brutalement en la tétant jusqu'au sang, lui laissant endurer un véritable supplice.
Une vraie tension psychologique
Même s’il a parfois des baisses de régime, des rebondissements attendus et une fin trop explicite, le film provoque une vraie tension psychologique que les deux principaux protagonistes contribuent largement à maintenir. Intense, Seidi Haarla excelle à incarner la détresse, la fragilité, la folie et le délire d’une mère incapable d’aimer la chair de sa chair, subissant dès lors une pression sociale majeure.
De son côté Rupert Grint se révèle parfait dans le rôle du père complètement largué mais résolument optimiste, tentant de maintenir l'illusion d'une jolie famille normale, et feignant de ne pas trouver inhabituels les étranges comportements de son fils.
A l’affiche dans les salles romandes depuis mercredi 22 juillet.
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