Grand écran: "Nous l'orchestre", immersion captivante, sensorielle et poétique dans la musique symphonique moi ni ki (28/06/2026)

Pas de véritable histoire avec un scénario qui se déroule de façon classique en se terminant par un grand concert, mais une immersion technique, sensorielle et poétique en forme de déclaration d’amour à la musique. Au lieu de se borner à un reportage sur et dans les coulisses de l’Orchestre de Paris, le réalisateur Philippe Béziat opte en effet pour une démarche centrée sur l’humain, le politique, l’individualisme et le collectif.

Révélant les secrets de la création symphonique, Nous l’orchestre, documentaire virtuose captivant, réussissant l’exploit d’être accessible à tous les publics, nous plonge ainsi au cœur de l’ensemble. Grâce à une caméra qui capte et nous fait ressentir le son des instruments, le souffle, la tension nerveuse des 120 musiciens, à la fois concentrés, crispés et complices.

L’auteur nous laisse par ailleurs partager leurs confidences, qu’il recueille grâce à un dispositif narratif original. Pour ne pas couper la musique (qui garde constamment le premier rôle) par des interviews habituels face caméra, Philippe Béziat a choisi d’afficher les mots à l’écran sous forme de cartons, comme dans les films muets.

Un même corps musical avec quelques... dissonances

Montrant la manière dont des individus d’âges, de milieux, de nationalités de sexe différents  parviennent à ne former qu'un même corps musical, il ne néglige pas la complexité de les faire cohabiter, évoquant leurs doutes, leurs frustrations, voire leurs griefs  A l’image de cet homme  qui confie, à l’occasion d’une séquence humoristiquement dissonante, qu’il a parfois l’impression d’être à côté d’un mur, en parlant d’une consoeur…

Bien que focalisée sur les musiciens, l'œuvre se révèle également passionnante lors des répétitions avec les chefs aux styles contrastés, de l’énergique directeur de la formation parisienne Klaus Mäkelä, prodige trentenaire finlandais, à l’émouvant vétéran suédois Herbert Blomstedt (97 ans), en passant par la jeune hongkongaise Elim Chan.

La bande originale du film est construite à partir du grand répertoire symphonique des XIXe et XXe siècles, comme L'Oiseau de feu d’Igor Stravinsky, qui sert de pilier narratif. Les connaisseurs (et les amateurs) apprécieront en outre Shéhérazade de Rimski-Korsakov, Le Barbier de Séville de Rossini. Sans oublier des œuvres de Béla Bartók, Anton Bruckner, Dmitri Chostakovitch. Et bien sûr Maurice Ravel  identité sonore de l’Orchestre de Paris.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 24 juin.

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