Grand écran: "Broken English" explore la vie de Marianne Faithfull, icône du rock disparue le 30 janvier 2025. Original et passionnant (22/06/2026)
Jane Pollard et Iain Forsyth ont imaginé un dispositif singulier pour raconter Marianne Faithfull. Dans leur documentaire hybride, déroutant et un rien excentrique, l’icône de la culture britannique fait l’objet d’une investigation. Elle est dirigée par la présidente (Tilda Swinton) du Ministère fictif du Non oubli, flanquée d’un enquêteur, joué par George MacKay .
Leur mission, rétablir la vérité sur la vie de Lady Marianne au moyen d’archives rares, de témoignages, de remises en question des médias de l’époque, d’extraits de vidéos, de photographies, de lettres, de témoignages de proches. Courant et banal à première vue. Mais outre des allers et retours perturbants, il y a surtout la parole de l’intéressée. Elle a accepté de participer personnellement et physiquement au projet, malgré une santé fragile dues aux séquelles d’un covid contracté en 2020 et qui l’avait plongée dans le coma. Sa présence permet de donner sa propre version des faits sur un parcours aussi mouvementé que passionnant.
Figure emblématique du Swinging London et de la British Invasion
On retrouve ainsi l’artiste protéiforme, musicienne et actrice talentueuse, figure iconique des années 60 à aujourd’hui. Révélée à 16 ans avec le hit As Tears Go By écrit par Mick Jagger et Keith Richards, elle est propulsée sur le devant de la scène en 1964. Elle devient une figure emblématique du Swinging London et de la British Invasion. Après ses premiers succès, elle enchaîne avec d'autres tubes comme Come and Stay with me et Sister Morphine. Parallèlement, elle entame une carrière d'actrice en 1967, jouant pour Jean-Luc Godard, Patrice Chéreau et Sofia Coppola.
Mais cette fille de bonne famille, cultivée, égérie des Rolling Stones, cataloguée ex de Mick Jagger, s’est aussi abîmé les cordes vocales par des années de drogue, qui l’ont en outre poussée à vivre comme une SDF dans le quartier londonien de Soho. Elle en a toutefois fait un atout, traversant le folk, la new wave, le jazz et le blues de sa voix grave, rauque, éraillée et cassée. D’où Broken English, titre du documentaire repris du fameux album de sa renaissance en 1979, après une longue absence liée à sa descente aux enfers.
Si on est séduit par le côté original de l’opus, on l’est encore davantage par la légende de la musique et du rock britannique. On aime sa présence forte, son authenticité, son humour, son autodérision, sa manière de réagir aux différentes images. Marianne Faithfull offre par ailleurs une ultime performance au côté de Nick Cave et Warren Ellis, dans ce film qu’elle n’aura pas vu . Peu après sa participation au tournage, elle meurt d’un cancer et d’un emphysème le 30 janvier 2025.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 17 juin.
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