Grand écran: "Un balcon à Limoges" met face à face deux femmes que tout oppose. Singulier et glaçant (07/05/2026)

Le réalisateur Jérôme Reybaud met face à face, dans Un balcon à Limoges, deux femmes d’une cinquantaine d’années aux antipodes l’une de l’autre. Gladys (Fabienne Babe) est une marginale sans logement, sans carte vitale, sans compte bancaire. Rebelle, elle se fiche de tout, ne respecte personne et rien ne semble compter dans sa vie, à part éventuellement l’alcool, le sexe, la musique pop et la danse.

De son côté Eugénie (Anne-Lise Heimburger) est une mère célibataire psychorigide, doublée d’une aide-soignante maniaque. Avide de normalité, d’ordre, de conformité, elle s'efforce de faire le bien, en s‘occupant notamment de réfugiés ukrainiens et afghans. Un matin elle rencontre par hasard, près de l’Hôtel de ville de Limoges, Gladys, une ancienne camarade de lycée endormie dans sa voiture. Guidée par son métier, Eugénie n’a dès lors de cesse de vouloir venir en aide à Gladys, qui ne lui a rien demandé. Ce qui ne l’empêche pas de profiter de sa générosité un rien glauque.

Se basant sur un fait divers survenu en Touraine en 1988, Jérôme Reybaud ancre son récit en 2020, car il s’intéressait aux comportements opposés pendant et après la crise du Covid. Il se livre ainsi à une sorte d’étude de personnages, en suivant ces deux femmes que tout sépare. Et dont l’étrange relation née d’une rencontre banale, nous emmène vers un dénouement glaçant, carrément horrifique. Pas tout à fait inattendu cependant, l’auteur faisant subrepticement mais implacablement monter la tension dans ce film singulier, parfaitement interprété. Proposé en août dernier dans la section Cinéastes du présent au Festival de Locarno, il a beaucoup fait parler.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 6 mai.

 

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