Grand écran: "Juste une illusion", plongée émouvante, tendre et joyeuse dans les années 80 (15/04/2026)

Avec Intouchables, (l’un des plus gros cartons du cinéma français avec près de 20 millions d’entrées, Le sens de la fête, Hors normes, Samba, Nos jours heureux, autres jolis succès au box office, le tandem Olivier Nakache et Éric Toledano passent pour les Midas de la pellicule hexagonale. De retour, ils risquent bien de poursuivre leur quête de bonne fortune avec Juste une illusion, leur oeuvre la plus personnelle et la plus intime, qui nous plonge dans leur enfance.

Cette comédie dramatique nous ramène en effet au milieu des années 80, pour raconter le quotidien de la famille Dayan en banlieue parisienne. Explorant la vie de la classe moyenne, les auteurs abordent la sociologie d’alors, le chômage, l'adolescence.

Portrait de famille où on a tendance à dissimuler des choses, le film est vu à travers les yeux du fils cadet Vincent (Simon Boublil), 13 ans. En quête d’identité, plein de questions et de doutes sur l’amitié, la religion, le désir et l’amour, il tente de trouver sa place. Tandis que son grand frère Arnaud (Alexis Rosenstiehl), un rebelle fan de rock,  planque l’argent de ses petits trafics, Vincent se fabrique un personnage pour séduire une camarade de classe. Ou camoufle, dans un jeu d'échecs, une cassette porno volée avec ses potes dans un vidéo-club. 

Il doit aussi composer avec ses parents Yves et Sandrine constamment en conflit. Très fier de son poste de cadre mais un peu mou, Yves part tous les matins avec son imper et son attaché-case, cachant qu’il s’est fait virer. Au contraire, Sandrine parvient à viser plus haut que son boulot de secrétaire, avec l’arrivée progressive de l’informatique. Ce qui n'arrange pas la situation.

Bien écrit, le film est également très justement interprété. Autour du jeune et convaincant Vincent Boublil, Camille Cottin et Louis Garrel, qui forment un très séduisant couple de cinéma, jouent les parents. Tandis que Camille Cottin se coule parfaitement dans le rôle, Louis Garrel, presque méconnaissable, révèle un étonnant potentiel comique. Et on n’oubliera pas Pierre Lottin comme toujours remarquable, en homme à tout faire dont la virilité contraste avec l'indolence d’Yves.

Film d'époque et récit initiatique

Pour réaliser leur nouveau long métrage, Éric Toledano et Olivier Nakache ne se sont pas contentés de puiser dans leurs souvenirs d’enfance, mais se sont énormément documentés en visionnant des journaux, télévisés, des émissions de variétés, de jeux, Comme en témoigne avec précision la présence de ces années-là dans les décors, les costumes, les looks, la BO.

Apôtres du vivre ensemble, créateurs de lien social, fins observateurs des rapports humains, le duo culte dans son genre livre ainsi à la fois un film d’époque et un récit initiatique. Une feel-good comédie émouvante, tendre, imprévisible, empreinte de nostalgie drôle et joyeuse.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande depuis mercredi 15 avril.

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