Grand écran: "Silent Friend" sublime notre relation avec les végétaux. Un ovni fascinant, poétique, sensoriel (14/04/2026)
Décalés dans le temps, trois épisodes qui s’entremêlent constituent la trame de Silent Friend, signé de la Hongroise Ildikó Enyedi. L'oeuvre surfe sur de nombreux thèmes, la relation de l’homme avec les végétaux, l'importance de la science qui ne nous éloigne pas forcément de la nature si elle est bien exploitée, ainsi que la lutte pour l’égalité des femmes.
En 1908, la jeune et intelligente Grete (la Suissesse Luna Wedler), est la première femme admise à l'Université de Marburg. Tout en tentant de trouver sa place dans un milieu patriarcal qui accepte mal sa présence, elle se passionne pour la photographie. Elle s’intéresse plus particulièrement aux plantes et fait des découvertes surprenantes.
En 1972, l’étudiant Hannes (Enzo Brumm) tombe amoureux d’une camarade qui l’initie au monde des plantes, et mène une expérience palpitante sur un géranium en pot, pour déceler ses émotions. Lorsqu'elle part en voyage, Hannes s'en occupe, le surveille de près et le trouve si captivant qu’il amorce un dialogue avec lui.
En 2020 enfin, le prestigieux neuroscientifique chinois Tony Wong (Tony Leung Chiu-wai), qui a quitté Hong Kong pour Marburg afin d'y donner une conférence, se retrouve coincé à l’université à cause du Covid, avec un gardien taciturne et grognon. Sur internet, il découvre un projet de recherche de la biologiste Alice Sauvage (Léa Séydoux) qu’il joint par zoom et, avec son aide, va développer un lien avec le majestueux ginkgo centenaire (lSilent Friend ) du jardin botanique de l’établissement. En se demandant s'il éprouve des sentiments.
Le ginkgo apparaît dans les différents épisodes. Magistralement réalisés, montés et interprété, ils sont visuellement adaptés à leur époque. Celui de 1908, irrésistible, se déroule par exemple en noir et blanc. Il voit notamment l’excellente Luna Wedler tenir farouchement tête à une brochette de vieux pervers, qui la testent sadiquement sur ses connaissances.
De son côté, l’impressionnant Tony Leung, héros du cinéma hongkongais, séduit par sa performance contemplative, méditative. Il montre une douceur et une exquise finesse dans ce film d’une extraordinaire singularité et d’une rare beauté, Un ovni fascinant, poétique, sensoriel, qui donne envie d’enlacer les arbres et de faire un brin de causette matinale avec son ficus.
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 15 avril.
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