Grand écran: "La guerre des prix", thriller bluffant sur le coût du yaourt. Ana Girardot et Olivier Gourmet font mouche (18/03/2026)

Passant derrière la caméra, le comédien Anthony Dechaux nous immerge dans la filière laitière bio de l'industrie agro-alimentaire, avec son premier long métrage, La guerre des prix. Conscient des cruciaux enjeux socio-économiques pour le monde agricole et les consommateurs inquiets pour leur pouvoir d'achat, il confronte deux univers. D'un côté, la grande distribution dictant ses règles pour faire baisser les prix. De l’autre les petits producteurs fragilisés, luttant sans relâche mais peinant à vivre de leur travail, en raison de la pression de plus en plus forte sur les marges.

Fille d’agriculteur, Audrey (Ana Girardot) connaît bien leurs difficultés. A l’image de celles que subit son frère, stressé, surmené, endetté, après avoir repris l’exploitation familiale. Cheffe du rayon yaourts dans un hypermarché régional, elle est convoquée par un directeur commercial qui lui présente une nouvelle stratégie de vente. Comprenant que ce plan va inévitablement léser les paysans du coin, elle s’y oppose farouchement.  

Comment faire bouger les choses de l’intérieur?

Au courant de leur altercation, Claire Roussel (Aurélia Petit), responsable de la centrale d'achat, propose à Audrey de rejoindre son équipe à Paris afin d'y défendre la filière yaourts bio et locale en baisse. Pour la coacher le dur, redoutable et impassible négociateur Fournier. Rompu aux menaces, intimidations et coups bas divers, il est incarné par le bougon et taiseux Olivier Gourmet, plus vrai que nature.

Soumise aux impératifs économiques en passant dans l’autre camp, Audrey se bat pied à pied pour ses convictions dans ce système impitoyable. Ana Girardot excelle elle aussi dans le rôle de cette jeune femme, dont la douceur cache une fermeté et une énergie à toute épreuve. Désireuse d’aider son frère en détresse, elle se démène à son niveau, pour faire bouger les choses de l’intérieur. Un espoir fou ?

Evitant de trop tirer sur le côté social, Anthony Dechaux propose, c’est assez bluffant, un thriller passionnant sur le prix du yaourt, dont la réussite tient à la fois à ses recherches très documentées sur les pratiques de la grande distribution, son brillant scénario, sa mise en scène sous tension, et bien sûr la remarquable prestation de ses comédiens.

A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 mars.

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