Grand écran; "Marty Supreme", faux biopic sportif au rythme infernal. Timothée Chalamet impressionnant (17/02/2026)
Dans ce faux biopic, Josh Safdie suit Marty Mauser (Timothée Chalamet), 23 ans, personnage librement inspiré par le vrai pongiste Marty Reisman. Il vit dans le quartier juif new-yorkais du Lower East Side, travaille dans le magasin de chaussures de son oncle et veut participer au Championnat du monde de tennis de table à Tokyo, en 1952. Qu’il est persuadé de remporter. Mais cette discipline étant sous-représentée aux États-Unis, le financement des compétitions à l'étranger se révèle particulièrement difficile.
Et Marty est fauché. Du coup, même si on assiste à quelques excellentes (et trop rares) scènes de ping-pong, il ne s’entraîne pas des masses, une bonne part du récit étant consacrée à trouver de l’argent par n’importe quel moyen. Une quête frénétique aux dollars pleine de rebondissements plus improbables les uns que les autres. Sur son chemin, il rencontre notamment une ancienne vedette d’Hollywood (Gwyneth Paltrow) avec qui il a une brève liaison, dans l’espoir de se rapprocher du Japon grâce à son riche mari. Sans oublier une relation avec une amie d’enfance mariée, enceinte d’on ne sait trop qui, et une dangereuse traque du chien d’un gangster, incarné par Abel Ferrara…
Un film éminemment sadfien, fiévreux, exalté. excité, toujours en mouvement, où la musique tient une place centrale. Une fable épuisante sur la persistance du rêve américain. Avec son rythme infernal, sa narration éclatée et sa grouillante suite de péripéties chaotiques dans un New York trépidant qui ne dort jamais, (belle reconstitution), où son anti-héros convaincu d’être un génie, plus obsédé par l’idée de sa propre grandeur que par son sport, construit sa légende en rêvant de reconnaissance et de gloire.
Marty Supreme, calibré pour l’Oscar, est porté de bout en bout par Timothée Chalamet, qui livre l’une, sinon la meilleure de ses prestations dans ce rôle écrit pour lui et qui lui vaudra peut-être aussi une statuette. Impressionnant, il incarne avec fougue ce rôle de tête à claques boutonneux à lunettes, à la fois loser talentueux, mythomane charismatique arrogant charmeur et attachant, menteur invétéré, arnaqueur sans scrupules, animé d’une ambition dévorante, prêt à tout pour prouver au monde entier que rien ne peut l’abattre.
A noter que la jolie coqueluche hollywoodienne s’est enlaidie pour l’occasion. Ce qui n’est pas toujours réussi, voire sujet à de mauvais raccords. On lui plaque tellement de boutons sur la figure, qu’il a carrément parfois une face de pizza mozzarella tomate!
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 18 février.
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