Grand écran: "Les échos du passé", une fresque singulière, exigeante, riche, mais souffrant d'une certaine lourdeur (06/01/2026)
Une ferme isolée d’Europe de l’Est, pas très loin de la future frontière avec la RFA. Alma, une fillette, Erika, une pré-adolescente, Angelika, une adolescente et Lenka, une jeune femme, y vivent à quatre époques différentes. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs existences semblent se répondre.
Avec ce drame intergénérationnel, Mascha Schilinski, 41 ans, offre le regard de ses héroïnes sur les différentes facettes de la condition féminine, du début du 20e à nos jours. Leurs récits en voix off dévoilent leurs rêves ef leurs pensées. La réalisatrice allemande montre surtout, entre abus, inceste ou stérilisation forcée, la violence faite aux femmes sous immuable domination patriarcale et les traumatismes qui en résultent, transmis de mère en fille. De l'éclairage à la bougie pour Alma, au téléphone portable de Lenka les décors et les vêtements changent, mais les comportements machistes n’évoluent guère.
Cette ambitieuse fresque historique, à la fois puissante, singulière, exigeante, déroutante, un rien spectrale et horrifique, souffre toutefois d’une certaine lourdeur, proche de l’ennui. On regrettera également, en dépit d’une esthétique riche, une mise en scène labyrinthique, passant trop souvent du flashback au flashforward.. Elle n’en a pas moins permis à Mascha Schilinski de décrocher, avec Sirat d’Olivier Laxe, le Prix du jury, au dernier Festival de Cannes. Les échos du passé a par ailleurs été choisi pour représenter l’Allemagne aux Oscars. Haut du formulaire
A l’affiche dans les salles de Suisse romande dès mercredi 7 janvier.
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