Festival de Locarno: avec "Blaze", Ethan Hawke fait revivre une légende méconnue de la Country (08/08/2018)

gettyimages-908919386.jpgLauréat d’un Excellence Award, Ethan Hawke (photo), acteur, réalisateur et écrivain présentait mercredi soir sur la Piazza son film Blaze, inspiré de la vie de Blaze Foley, légende méconnue du mouvement Outlaw Country texan des années 70-80.

Né Michael David Fuller en 1949 en Arkansas, il grandit au Texas, joue dans un groupe évangélique, The Fuller Family, avec sa mère et ses sœurs avant de se produire à Atlanta, Chicago, Houston et Austin Auteur de chansons douloureusement intimes, il est mort tragiquement, tué par balle 40 ans plus tard.

Le film mêle trois époques avec des versions réinventées du passé, du présent et du futur de Blaze. Tout en évoquant les hauts et les bas vertigineux de l’artiste, sorte d’étoile filante de la musique touchée par la grâce, ses addictions à la drogue et à l’alcool, les différents volets évoquent son histoire d’amour avec Sybil Rosen, sa dernière nuit sur terre, l’impact de ses chansons et de sa mort sur ses fans, ses proches, ses ennemis.

Dans le rôle de Blaze, on découvre le musicien Ben Dickey, acteur débutant, prix spécial d'interprétation à Sundance où l'opus a d'abord été présenté. Bien que prometteur en sortant du schéma traditionnel du biopic, il peine à séduire, son manque de rythme le rendant interminable.

"Nous avons tous une flamme à l'intérieur"

Ethan Hawke, qui a voulu tourner un film sur la musique alors qu’il travaillait son rôle de Chet Baker dans Born To Be Blue n’a pas moins attiré une foule de fans à sa conférence de presse. L’auteur a notamment évoqué sa co-scénariste Sybil Rosen. «C’est une partie de la magie. Je suis tombé sur le livre qu’elle a consacré à Blaze. Elle a décidé de me rejoindre. Comme elle tenait un journal, cela a facilité le scénario, en rendant tout réel, visible».

Il avoue se sentir très proche du film, profondément connecté. « J’ai par ailleurs été inspiré et influencé par beaucoup d’œuvres des années 70. On pourrait voir Ben Dickey chez Altman ». En revanche il n’est pas comme son héros qui ne voulait pas devenir une star mais une légende. «Ce qui m’intéresse c’est de vivre. Je n’avais pas l’intention de mythifier Blaze. Au contraire. Je pense que nous avons tous une flamme à l’intérieur ».

C’est à l’évidence le cas de Hawke, personnage aux multiples facettes du cinéma américain et international. rarement voire jamais là où on l’attend, quatre fois nominé aux Oscars, acteur engagé pour qui tout est politique. "Notre vie à tous l'est. Lorsque nous racontons notre vie dans un film, nous sommes automatiquement politiques'. C'est l'un des comédiens le  plus polyvalent de sa génération, comme l'écrit Carlo Chatrian, directeur artistique de Locarno. Il l'a prouvé avec son goût prononcé pour la diversité en trente ans d’une carrière passée devant et derrière la caméra.

"J'adore les collaborations"

Ethan Hawke débute à 14 ans dans le film Explorers (1985) et se fait connaître du grand public lors du triomphe de Dead Poets Society (Le Cercle des poètes disparus, 1989), de Peter Weir, en se glissant, au côté de Robin Williams, dans la peau de l’étudiant introverti Todd Anderson.

En 1995, il rencontre Richard Linklater, qui le choisit pour jouer Jesse dans Before Sunrise, premier chapitre d’une trilogie pour laquelle il sera aussi scénariste. Les deux hommes ont travaillé ensemble sur huit films. Parmi les réalisateurs avec lesquels Hawke a également souvent collaboré, figurent Andrew Niccol et Antoine Fuqua. "Plus je vieillis, plus j'aime les collaborations", remarque-t-il 

Avant Blaze, il était passé à la réalisation avec Chelsea Walls (2001). Ont suivi l’adaptation de son deuxième roman  The Hottest State (2006) et le documentaire Seymour: An Introduction (2014), programmé dans la section Histoire(s) du cinéma.

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